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THE GRATEFUL DEAD (1967) :

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ANTHEM OF THE SUN (1968):
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AOXOMOXOA (1969) :
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LIVE/DEAD (1969)
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AMERICAN BEAUTY (1970):

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WORKINGMAN'S DEAD (1970):
undefinedSKULLS AND ROSES (1971):undefined
WAKE OF THE FLOOD (1973):

FROM THE MARS HOTEL (1974) :


BLUES FOR ALLAH (1975):


TERRAPIN STATION (1977) :

GO TO HEAVEN (1980):


IN THE DARK (1987):


GRATEFUL DEAD, LE FORUM
(en FR)

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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 19:43

Groupe de rock, folk et jazz américain, 1983 : Trey Anastasio (chanteur et guitariste); Page McConnell (claviériste et chanteur); Mike Gordon (bassiste et chanteur); John Fishman (batteur et chanteur).

     

Institution des campus universitaires américains, ce groupe de la Nouvelle-Angleterre est considéré comme le Grateful Dead d'une génération plus jeune, étirant vers l'improvisation et la communion, plus loufoque que mystique, des morceaux de tous les styles, du jazz au folk.

Parmi les nombreux exploits accomplis par Phish, le plus connu est sa propension à étirer ses concerts sur plus de sept heures : les musiciens sont ainsi capables de jouer intégralement le Double Blanc des Beatles, comme de laisser leur batteur "jouer" de l'aspirateur. Phish naït en 1983 lorsque Trey Anastasio, à la recherche de musiciens, appose des annonces dans son université de Burlington, dans le nord du Vermont. Jon Fishman et le guitariste Jeff Holdsworth sont les premiers à répondre, suivi de Mike Gordon. Phish donne ses premiers concerts fin 1984, parfois rejoint sur scène par un chanteur baptisé "The Dude Of Life". Le groupe se produit à la "Springfest" du Goddard College de Plainfield (Vermont), où un fan, Page McConnell, finira par se greffer au collectif. Après le départ de Holdsworth, la formation sera stabilisée.

    De même que le Grateful Dead, Phish considère ses concerts comme des expériences auxquelles le public participe plus que comme des spectacles auxquels il assiste. Sur scène, les musiciens mélangent blues, rock, jazz, folk, hard rock, et leur réputation finit par se transmettre par le bouche-à-oreille. Leurs premiers enregistrements - Junta (1988), d'abord diffusé sous forme de cassette, et Lawn Boy (1990) - sont des autoproductions. A Picture Of Nectar (1992) est diffusé par Elektra. Phish compte alors plus de quatre-vingt mille membres dans son fan club et remplit régulièrement les stades américains. Rift (1993) est son premier album réalisé avec un producteur. Après Hoist (1994), Phish publie en 1996 un double CD live, A Live One. La compilation Stash est diffusée pour accompagner sa première tournée européenne. Le disque le plus soigné et resserré de Phish, Billy Breathes (1996), a été réalisé par Steve Lillywhite. La popularité de Phish auprès d'un public étudiants est telle que la marque de crèmes glacées Haagen-Dazs a diffusé un parfum patronné par le groupe.

 

 

 

   

 

 

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 21:22

   The String Cheese Incident est un jam band bluegrass composé du mandoliniste / violoniste Michael Kang, du guitariste Bill Nershi, du bassiste Keith Moseley, du pianiste Kyle Hollingsworth, et ​​du percussionniste Michael Travis. Formé à Boulder en 1993, le style de ce groupe se décrit comme un mélange de bluegrass, de calypso, salsa, afro-pop, funk, rock et jazz. Il s'est très rapidement bâti une réputation sur le circuit local et en l'espace de six mois, la formation s'est vu invitée à ouvrir le légendaire Telluride Bluegrass Festival.

 

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A leur début, ils se produisirent par ci, par là en échange de billets de remontée mécaniques dans les stations de ski à travers l'Ouest américain, mais le groupe devint de plus en plus populaire lorsqu'ils commencèrent à prendre leur musique plus au sérieux, et désormais The String Cheese Incident compte 170 dates de concert chaque année. Leur premier album "Born on the wrong planet" paru en 1997 est suivi rapidement cette année-là par un live "A String Cheese Incident". Le groupe refait surface en 1998 avec "Round The Wheel", suivi par le "Live Carnaval '99". "It's About Time" and "Outside Inside"arrivent en 2001, suivi par un déluge d'enregistrements Live de la tournée de 2003. Ils ont sorti un autre album studio appelé "Untying The Note" suivi d'une autre série d'albums live. One Step Closer est sorti en 2005.

 

Découvrez The String Cheese Incident en Live :

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 11:32
Le Mot et le reste

        Le mot et le reste est une maison d'édition dont l'engagement éditorial est de fournir des éléments de réflexion sur le monde qui nous entoure et de faire circuler des textes littéraires ou poétiques libres de ton et de forme, mais aussi d’introduire des questionnements esthétiques, le tout sans enfermements.

    Résistance au gouvernement civilLe Mot et Le Reste est un éditeur militant qui ne fait pas que de la politique. Le simple fait de publier avec l’exigence de la qualité et le refus du chiffre est une démarche politique intransigeante.

- Propose des éléments de réflexion sur des choix de société. Les documents et témoignages mettent en perspective notre histoire récente ou plus lointaine, les essais portent un regard critique sur notre environnement et réalité sociale.

 - Publie des textes contemporains novateurs et inclassables, libres de tons, de formes diverses : poésie, nouvelles, fictions de langue française ou étrangère dont le dénominateur commun est l'exigence de l'écriture.

- Propose des livres d'artistes éclectiques, parfois drôles, de petits formats.

- C'est le lieu où un auteur décrit les émotions suscitées par l'écoute d'un 45 tours, d'un album, ou ressenties lors d'un concert, mais aussi le saisissement qui l'a pris à la vue d'une couverture de disque : le moment singulier d'une rencontre fondatrice avec la musique qui peut bouleverser toute une vie.

- C'est l'espace privilégié des esthétiques. Pluridisciplinaires - peinture, littérature, espace du livre, musique - les ouvrages, proposent une réflexion ouverte à toutes les formes d'art tout en créant des passerelles entres elles. L'analyse des musiques trouve ici le meilleur accueil. À l'exigence de la pensée, les auteurs - spécialistes du sujet, journalistes, universitaires - associent un propos accessible à tous. Les curieux comme les connaisseurs prendront plaisir à découvrir ces regards singuliers sur la création.

- Prolonge et valorise les partenariats avec des auteurs culturels extérieurs.

 

"L'hexagone est fermé, il faut le percer du dehors. Les Editions Le mot et le reste s'en occupe."

 

Au catalogue de l'éditeur :

 

 
BILL GRAHAM PRESENTE : UNE VIE ROCK'N'ROLL - GREENFIELD, ROBERT; GRAHAM, BILL - Culture et loisirs/Les arts et spectacles/Faune/CBill Graham - Robert Greenfield
Bill Graham présente : une vie rock’n’roll
Préface de Pete Townshend.
Traduit de l’anglais par Aymeric Leroy.
 
Enfant, Bill Graham a fui l’Europe pour échapper aux armées d’Hitler. Après avoir passé sa jeunesse dans les rues du Bronx puis dans les salles de restaurant des grands hôtels des Catskills, et tenté sa chance comme acteur, c’est à San Francisco qu’il ouvrira, à la veille du Summer of Love, le mythique Fillmore, où il fera connaître les grandes icônes rock de toute une génération – Jefferson Airplane, le Grateful Dead, Janis Joplin, Cream et bien d’autres encore.
Personnage complexe, adoré ou détesté, il est raconté ici par lui-même et par ceux qui l’ont connu ou cotoyé – Jerry Garcia, Keith Richards, Eric Clapton, Carlos Santana… – avec en toile de fond trois décennies de rock vécues au plus près de l’événement (les festivals de Monterey, Woodstock et Altamont, les tournées des Rolling Stones, le Live Aid…), jusqu’à sa tragique disparition en 1991.
Voici le portrait attachant et haut en couleurs de l’homme qui a inventé le rock business.
Né en 1946, Robert Greenfield vit en Californie. Ancien collaborateur du magazine Rolling Stone, spécialiste de la pop culture, il est l’auteur de biographies célèbres (Timothy Leary, Bill Graham, Jerry Garcia).
 
EXTRAIT:
BILL : Au cours des mois suivants, j’ai programmé toutes sortes de concerts au Filmore. J’ai fait venir Allen Ginsberg, Sopwith Camel, et la Mime Troupe pour un nouveau concert de soutien. On a passé La Barbe de Michael McClure, une pièce excellente que certains ont voulu interdire car ils la trouvaient obscène. A New-York, j’étais allé voir deux pièces en un acte de LeRoi Jone, The Toilet et The Dutchman. Seules au programme, elles auraient sans doute fait venir une douzaine de personnes maximum, alors je les ai programmés à la même affiche que les Byrds et ont a fait le plein.

 

 

San FranciscoSteven Jezo-Vannier
San Francisco
L’utopie libertaire des sixties
 
Cahier photos d’Alain Dister et de Bernard Plossu

San Francisco, été 1967. Le Summer of Love bat son plein et des milliers de jeunes arrivent par vagues de tous les États-Unis pour atteindre le quartier de Haight-Ashbury, le laboratoire de l’utopie libertaire des sixties. Fruit de la rencontre de l’activisme et de l’idéalisme d’une jeunesse révoltée, elle a pris forme en quelques années sous l’action des Beatniks, des Diggers, des Merry Pranksters, des Hippies, des Hell’s Angels, des artistes et de toutes les tribus du San Francisco psychédélique. Ces utopistes aspirent à bien plus que le traditionnel Peace and Love caricaturé par les clichés formatés des médias. Ils défendent la liberté, la gratuité, la spiritualité, l’autonomie, la solidarité et nombre de valeurs libertaires, dans la perspective d’un monde plus juste et plus harmonieux.

Ce livre revient sur la société alternative qui a vu le jour à San Francisco, fruit de l’émulsion de toutes ces tribus pourtant si dissemblables. De leurs imaginations et de leur capacité à vivre ensemble dans une utopie libertaire est né un monde qui continue de propager aujourd’hui ses initiatives contre le système dominant, proposant d’autres alternatives, notamment l’écologie, face à l’individualisme forcené.

Né en 1984, Steven Jezo-­Vannier est diplômé d’un Master de recherche spécialisé sur les identités culturelles et les processus d’altérité, il s’est consacré à l’univers rock et contre-culturel américain des années soixante.

 

 

Simon Reynolds - Rétromania

Comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur
Traduit de l’anglais par Jean-François Caro.
 
Revivals et remakes, culture pop revisitée, mode et musique vintages, retro ou hipster, samples à l’infini, recyclages à gogo et nostalgie écrasante… Il semble que la ” rétromania ” soit une des caractéristiques principales, si ce n’est le phénomène central, de la pop culture d’aujourd’hui, de la musique en particulier. Si la culture de la citation a toujours existé, à l’heure de You Tube, de l’I Pad et de l’Internet 2.0, elle a pris une importance jusqu’ici inégalée. Telle est la thèse présentée ici par Simon Reynolds. Et de s’interroger : ces formes de la nostalgie bloquent-elles le chemin à toute créativité ou bien nous retrouvons-nous nostalgiques précisément parce que notre époque viendrait à manquer d’élan créatif ?
Rétromania est un ouvrage de référence pour repenser un rock qui s’épuise à force de se parodier.
Né à Londres en 1963, Simon Reynolds est un des plus grands critiques de rock actuels. Après son immense Rip It Up and Start Again (" Déchire tout et recommence ") consacré à la décennie post-punk, il donne ici un ouvrage majeur dans lequel il passe au crible la musique de ces trente dernières années qui elle, plutôt que de faire table rase du passé, s’en inspire jusqu’à se vider de toute substance. Magistral.
  
EXTRAIT
Comme l’avançait l’essayiste Fred Davis en 1979 dans Yearning for Yesterday: A Sociology of Nostalgia, la culture de masse du passé a graduellement supplanté les événements politiques, tels que les guerres et les élections, comme chaîne et trame de la mémoire générationnellle. Ainsi, les souvenirs mélancoliques de la génération née dans les années trente ressurgissent avec les comédies diffusées à la radio et les retransmissions en direct, tandis que celle des années soixante et soixante-dix s’émouvra devant les programmes pop télévisés tels qu’American Bandstand et Soul Train, Ready Steady Go et Top of the Pops. Chez la génération suivante (dont un grand nombre fait désormais de la musique et des vagues), les éléments déclencheurs seront la modernité criarde et omniprésente des années quatre-vingt : les premières tentatives maladroites de vidéos artistiques diffusées sur MTV, les micro-ordinateurs et les bornes d’arcade dernier cri dont le primitivisme fait sourire aujourd’hui, accompagnés des mélodies allègrement robotiques, fluorescentes et synthétiques des musiques de jeux vidéos.

 

 

Beat HotelBarry Miles - Beat Hotel
Ginsberg, Burroughs et Corso à Paris, 1957-1963
  
Traduit de l’anglais par Alice Volatron.
 
Au coeur du quartier latin, rue Gît-le-cœur à Paris, un hôtel miteux a joué un rôle clé dans l’histoire de la littérature beat. C’est dans cet établissement, tenu d’une main de fer par Mme Rachou, que les écrivains américains beat, exilés volontaires d’un pays trop puritain pour recevoir leurs idées, ont trouvé refuge.
Allen Ginsberg, William Burroughs, Gregory Corso... tous y ont séjourné. Et ce petit hôtel de devenir l’épicentre du phénomène beat qui, entre New York, San Francisco, Mexico, Tanger, Amsterdam, Londres et Budapest, n’a pas simplement concerné les écrivains et artistes américains, mais toute la bohème internationale.
Cet ouvrage remarquablement bien documenté retrace avec brio les années parisiennes des grandes figures du beat. Il saisit l’aspect international de ce mouvement, les stratégies qui lui ont permis d’essaimer, et nous plonge dans le Paris populaire et interlope de cette époque, son souffle, ses voix aujourd’hui disparus.
Acteur incontournable du mouvement hippie, spécialiste de la contre-culture, Barry Miles, co-fondateur d’International Times et de la librairie galerie londonienne Indica, fait la connaissance d’Allen Ginsberg dans les années 1960. Il nouera une relation de travail et d’amitié au long cours avec lui.
Il est l’auteur de biographies d’importance (Charles Bukowski, Allen Ginsberg, Paul McCartney...).
  
EXTRAIT
Au printemps 1960, le début de la décennie la plus explosive en expérimentations culturelles depuis le tournant du siècle, les Beats vivant au Beat Hotel, avaient déjà ouvert la voie avec les routines, les cut-up, le stroboscope et la divination; ils avaient eu des visions et des hallucinations, avaient essayé le haschich, la marijuana, le Diosan, la codéine, la morphine et l’héroïne, et ils avaient participé à des orgies et à d’autres pratiques sexuelles qui étaient illégales et mal vues dans leurs pays d’origine. Depuis leur abri, le Beat Hotel, ils avaient tracé beaucoup des chemins que la “génération sixties” allait emprunter : l’usage récréatif de drogues et les expériences psychédéliques; les recherches sur la magie et le mysticisme sous toutes ses formes; les droits des gays et la liberté homosexuelle pour les jeunes, ainsi que la légalisation de la “pornographie” et la contestation des lois sur l’obscénité. Ce n’était pas tout à fait sexe, drogues et rock’n’roll (le rock’n’roll en était à ses balbutiements) mais leurs expériences furent certainement à l’origine de ce qui a suivi.

 

 

WaldenHenry D.Thoreau
Walden
Nouvelle traduction de Brice Matthieussent
Préface de Jim Harrison
Notes et postface de Michel Granger
 
Tant apprécié par Proust et par Gide qui tous deux envisagèrent de le traduire, le chef-d’œuvre littéraire de Henry D. Thoreau n’a jamais obtenu la traduction en français qui rendrait justice à sa richesse et à sa complexité. Rédigé à partir d’une conférence donnée pour expliquer le sens de son séjour dans les bois de Concord (Massachusetts), l’essai a été longuement retravaillé entre 1847 et 1854. Il a été réécrit 8 fois, chaque nouvelle version bénéficiant d’ajouts empruntés au Journal et de formulations plus proches de ce que Thoreau cherchait à dire au sujet de son immersion dans la nature, de son refus de la tradition tout autant que du monde moderne.
Le ton employé par cette figure excentrique de la littérature américaine est volontiers provocateur lorsqu’il exprime son refus d’une société trop préoccupée de commerce et d’argent. Thoreau ne veut pas une communication simple, univoque, mais joue sur les mots, retrouve des sens oubliés, voire imagine une étymologie, afin de faire entendre bien plus que le sens commun, au risque d’une obscurité qu’il accepte, si c’est le prix à payer pour s’approcher au plus près de sa vérité intime. C’est dire que cette œuvre longuement mûrie s’est forgé une langue noueuse, surchargée d’intertextualité et d’allusions culturelles à la vie du XIXe siècle américain et qu’elle est parfois difficile à interpréter.
La pensée étonnament moderne de Thoreau, concernant la résistance vitale de l’individu aux empiètements de la société et la nécessité de garder le contact avec la nature, mérite d’être portée à la connaissance du public francophone : cela ne peut se faire qu’avec une traduction qui rende justice à la qualité et à la densité du texte de Walden.
Michel Granger (spécialiste de Henry D. Thoreau)

 

 

En route vers WoodstockJean-Marc Bel
En route vers Woodstock
De Kerouac à Dylan, la longue marche des babyboomers
Les 15, 16 et 17 août 1969 se tenait le festival de Woodstock, The Woodstock Music & Art Fair, également dénommé par ses promoteurs « Aquarian Exposition ». Cinq cent mille spectateurs allaient pendant trois jours être les acteurs d’un rassemblement unique, et qu’ils savaient déjà à nul autre semblable. Pourtant rien ne supposait ce succès d’un festival qui ne devait avoir lieu. […] Les habitants de Woodstock, pourtant lieu de résidence de Bob Dylan, du Band et de Janis Joplin, ne voulaient pas d’un festival rock et surtout, ne souhaitaient pas recevoir ces jeunes hippies chez eux. […]
Que se passait-il donc en Amérique pour qu’une région s’effrayât ainsi et qu’il ne se trouvât -personne, à moins de cent kilomètres à la ronde, pour accueillir un festival qui promettait trois jours de musique et de paix_? La paix plus que la musique semblait justement le problème_; pendant que cinq cent mille jeunes convergeait vers Woodstock, créant le plus grand embouteillage que l’Amérique ait alors jamais connu, cinq cent mille autres, aux antipodes, étaient embourbés dans les rizières et la jungle vietnamiennes.
Né en 1947, Jean-Marc Bel a fait carrière dans le monde du spectacle et de l’édition musicale en tant qu’éditeur et réalisateur de DVD. Il est décédé accidentellement en 2005.

 

 

 

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 20:17
Entre rêves de Nature et de littérature, Baptiste Lanaspèze, auteur, philosophe et fondateur des Éditions Wildproject s’emploie à démocratiser l’éthique environnementale et la pensée écologique en France de manière à faire tomber dans les esprits les murs dressés entre l’Homme, la Culture et la Nature.
La Nature est dotée d’un pouvoir. A travers les mots, cette force considérable peut parfois se révéler une authentique révolution pour l’esprit jusqu’à vous emporter et bouleverser votre vie. Tandis que notre vision moderne du monde s’assèche un peu plus chaque jour, un nouveau modèle de civilisation émerge petit à petit, puisant sa source dans la pensée d’auteurs anglo-saxons tels que Rachel Carson ou John Baird Callicott qui, leurs vies durant, se sont mis en quête de changement, d’une nouvelle philosophie connectée à la Nature. Fan d’Henry David Thoreau et amoureux de la Nature, Baptiste Lanaspèze, 34 ans, a choisi de se faire l’écho de ces voix alternatives en créant en 2008 sa propre maison d’éditions indépendante baptisée Wildproject, après avoir étudié à La Sorbonne et co-enseigné au Bard College de New York. A l’heure où l’écologie revêt des enjeux culturels et politiques grandissants, et si la solution à nos problèmes était tout simplement de nous reconnecter à notre environnement naturel ? Entretien grandeur nature avec une âme sauvagement authentique. Guillaume Delannoy
photo © Pierre-Antoine Dhonte
 
Baptiste Lanaspèze, présentez-nous la genèse de Wildproject. Comment l’idée est-elle née ?
Baptiste Lanaspèze : En 2002, alors que j’étudiais à New York, j’ai découvert l’existence de toute une bande d’écrivains au sens large : philosophes environnementalistes, essayistes, romanciers… J’étais déjà lecteur de Jim Harrison, de Rick Bass, je connaissais déjà l’existence de tous ces nature writers américains. Mais là j’ai découvert toute la partie non-fiction de ce qu’on appelle « l’école » du Montana, qui m’a semblé monumentale et très bonne à la fois en quantité et en qualité. J’ai commencé à me jeter à corps perdu là-dedans mais j’ai très vite réalisé que ces ouvrages n’étaient pas traduits en Français et par conséquent, méconnus dans l’Hexagone. À mon retour des États-Unis, une fois embauché chez Autrement où j’étais directeur de collection et ayant lu tous ces auteurs américains qui renouvelaient le genre du nature writing traditionnel en y intégrant des réflexions aussi bien politiques que scientifiques, l’envie est née de créer une collection. S’en est suivi un long parcours du combattant, les éditeurs n’étant pas convaincus de la possibilité de transformer cette passion en succès littéraire. L’idée, c’était de mettre en lumière ce mouvement culturel et social de fond, indépendant, qui était en train de recomposer complètement la relation Homme-Nature et n’était ni lié à l’écologie scientifique ni à des activistes de Greenpeace ni à des gens qui font du droit environnemental ou à des architectes « verts » mais se présentait comme un mouvement culturel global rare dans l’histoire des idées, porteur d’un vrai socle scientifique. Ce qui a scellé mon enthousiasme fut de découvrir qu’il existait aux États-Unis un courant philosophique basé sur l’éthique environnementale et que des penseurs travaillaient sur ce sujet depuis trente ans sans que personne n’en parle ou presque.
  
Qu’est-ce que l’éthique environnementale ?
 L’éthique environnementale est née dans les années 60-70 aux États-Unis. Elle représente des dizaines de professeurs en poste, des centaines de listes publiées, un mouvement intellectuel de grande ampleur. Ces gens-là considéraient qu’une crise environnementale serait l’aboutissement de notre quête de modernité, de ce projet de civilisation muri depuis des siècles, qui repose sur l’idée que la valeur humaine se conquiert dans la liberté par un arrachement à la Nature. Notre vision du monde est profondément marquée par cette idée. Tous nos modes production, de consommation, notre éducation en découlent et il est très difficile de s’en défaire. Ce que ces philosophes disent, c’est que nous avons là une occasion de faire de la philosophie qui n’est plus du tout une philosophie scholastique, où l’on plie les cheveux en quatre, mais une philosophie pratique plus que jamais nécessaire. C’est la philosophie requise pour requestionner, réinterroger notre projet actuel de civilisation et y substituer un projet différent qui se forme sur une autre vision de la Nature.
Pourquoi cette éthique environnementale, selon vous, demeure t-elle une discipline « pariah » pour reprendre les mots du philosophe américain John Baird Callicott ?
 A une époque, je pensais que c’était spécifique à la France, que c’était lié à « l’antinaturalisme français » et à l’idée du droit du sol contre le droit du sang. Nous sommes une République et la République, c’est une idée, une valeur. On est très constructiviste. Mais cette idée-là est très objectable. Il y a d’abord le fait qu’à l’époque des Lumières, la France était naturaliste. Diderot, Rousseau ou Buffon s’intéressaient à la botanique, à la science. Et la deuxième objection, c’est que même outre-Atlantique, où le naturalisme est assez répandu, l’éthique environnementale reste confinée à l’intérieur des cercles académiques. Callicott l’explique assez justement par le fait que l’université est là pour entretenir l’institution, la sert, et que l’éthique environnementale remet tellement en cause la culture occidentale contemporaine qu’elle ne peut pas être assimilable. Elle est révolutionnaire ! Elle va à l’encontre même du système et de l’organisation du savoir. Mais elle n’est pas du tout violente, elle est au contraire très pacifique. Elle pose juste des questions essentielles. Pour être un peu caricatural, Socrate n’était pas assimilable par la Vieille Athènes car il posait trop de questions dérangeantes pour l’époque. De même que Descartes par la Sorbonne du 17ème siècle. Naturellement, on distingue sciences humaines et sciences naturelles alors que dans l’éthique environnementale, on ne peut distinguer l’homme de la Nature car l’être humain et la Nature ne font qu’un.
  
 
Chez vous, comment est né cet amour de l’écologie ?
La découverte de ces auteurs lors de mon séjour américain a véritablement relancé ma vie intellectuelle. Concrètement, j’ai plus lu, écrit au cours des dix dernières années que lors de mes dix années de formation initiales. Ce déclic intellectuel a mis le feu aux poudres, a provoqué une vraie passion. Autour de moi, j’ai également observé d’autres personnes ayant eu ce déclic. Catherine Larrère, l’une des rares philosophes environnementalistes du pays, a découvert tout ça vers 1992-1993 et dans les 2-3 années qui ont suivi, a organisé un colloque, publié, écrit un livre avec son mari et fait un Que Sais-je sur l’éthique de l’environnement. C’est une pensée qui provoque ce genre d’enthousiasme. Dans mon cas, ça a particulièrement marché parce que j’avais deux passions dans la vie, d’un coté la philosophie, la vie de l’esprit et de l’autre, j’adorais me balader, j’avais une forte sensibilité pour le monde naturel, sans toutefois parvenir à rejoindre les deux. En philosophie, il n’y a pas tellement de place pour l’idée de Nature. Mais le sujet m’intéressait de longue date puisque j’avais consacré mon mémoire de philo il y a 15 ans à l’idée de Nature chez Kant, nourri par l’envie de dépasser cet éternel dualisme qui structurait la philosophie. J’avoue m’être senti un peu seul au début mais lorsqu’on est attaché à ses convictions, il est naturel de vouloir se dépasser pour elles. Ce qui m’a réconforté et fut une vraie révélation pour moi, c’est de voir qu’aux États-Unis il existait des tas de philosophes, de penseurs, avec qui je me sentais totalement en affinité, avec qui je partageais une certaine sensibilité intellectuelle. Cela fait toujours plaisir quand on parcourt le monde de se découvrir plein de copains (sourire). Et je plaisante à moitié en disant cela car c’est aussi de là que j’ai tiré mon énergie et mon envie de me lancer dans l’aventure entrepreneuriale et de devenir ce que je suis aujourd’hui, à savoir un philosophe-commerçant. Et ainsi promouvoir des gens que j’aime. Un type comme Callicott, je suis ravi de pouvoir le rendre plus célèbre en France. Il y a un vrai engagement affectif là-dedans.
 
J. Baird Callicott 2.jpg
 
Comment ne pas y voir également un clin d’œil à la Beat Generation, à Ferlinghetti, poète et fondateur de la librairie City Lights à San Francisco et éditeur des premiers auteurs beat tels Kerouac ou Ginsberg…
Ferlinghetti, City Lights, les beatniks… tous ces avatars de la contre-culture américaine me fascinaient littéralement, adolescent. Et tout d’un coup, on voit sous ses yeux émerger un mouvement de pensée d’une ambition inouïe et inconnu en France, on a soi-même 30 ans, on en a assez de se faire un peu exploiter… On se dit qu’il faut y aller, que c’est une belle cause à soutenir. C’est une belle aventure à vivre et quand on a la chance de trouver des idées qui donnent un peu des ailes, il est normal de vouloir les partager avec d’autres gens ! La réalité commerciale, c’est autre chose. On vend entre 1000 et 2000 exemplaires de chaque livre, ce qui est fantastique quand on voit le niveau d’exigence du travail que je propose. Ce n’est pas forcément évident. Certains sont plus faciles à lire que d’autres. Il s’agit tout de même d’essais, de philosophie… C’est pas mal du tout mais pas encore suffisant pour être à l’aise économiquement. Ce n’est pas évident de transformer l’essai, de transformer la passion universitaire en rentabilité économique car le rythme des idées est très lent. Lorsqu’une idée arrive, il faut 5 ou 10 ans avant qu’elle ne soit au programme des universités et que les étudiants se précipitent pour acheter les bouquins. Il y a plein de processus de validation plus ou moins opaques. Pour l’anecdote, le livre de Newton dans lequel est posée la théorie de la gravitation universelle a mis 55 ans à traverser la Manche !
 
 
Mais pourquoi, à l’heure d’Internet, ces idées ne nous parviennent-elles pas plus rapidement, justement ? Est-ce une chose à laquelle vous aspirez que de créer une plateforme online de démocratisation de cette pensée ? Un peu comme vous le faites sous forme de magazine sur votre site web…
Le net a ses avantages et ses inconvénients. Il permet de publier instantanément partout dans le monde à moindre frais. Quand on est éditeur et confronté en permanence à la lourdeur des rythmes de l’imprimeur, du papier, des stocks, des libraires… c’est un antidote extraordinaire de pouvoir publier une revue en ligne. Cela procure un plaisir fou ! Quarante-huit heures suffisent pour rassembler les textes, les mettre en images et les envoyer à la mailing list. Les gens découvrent alors le résultat en temps réel partout dans le monde. Des amis à San Francisco vous appellent en vous disant « this is great » etc… Ça, c’est génial. L’énorme inconvénient, c’est qu’il demeure pour l’instant assez compliqué de trouver une économie pour ce genre de projet. Dans l’idéal, j’aimerais trouver un sponsor… Mais quelle compagnie prendrait le risque de promouvoir des idées aussi révolutionnaires ?
 
Revenons à la pensée écologique américaine. Pensez-vous qu’elle apporte une analyse plus pertinente dans le sens où ses auteurs, justement, font l’expérience quotidienne du « nouvel empire romain », de ce qui constitue la figure de proue, le côté extrême de cette civilisation consumériste occidentale ?
Vous avez raison de dire que l’Amérique est saccagée par le non-écologisme, par la bêtise du mainstream productiviste mais il existe quand même un sacré socle militant aux États-Unis. Le meilleur exemple étant le retour au « farming », à l’agriculture traditionnelle, dans de nombreux endroits. L’Amérique est pleine de surprises et de paradoxes. Les meilleurs maitres zen du monde vivent sur la côte ouest des États-Unis ! Étonnant, non ? Et si l’éthique environnementale est née là-bas plutôt qu’en France, c’est sans doute parce que la vie intellectuelle y est plus riche, plus audacieuse, plus innovante qu’en Europe à l’heure actuelle. Même si c’est un peu cruel de dire ça… Je pense que c’est notamment le cas en littérature. Il y a une espèce de vitalité dans ce pays qui fait qu’on ose penser, qu’on ose franchir la ligne rouge, qu’on ose transgresser, construire, espérer, qu’on ose croire et fonder une nouvelle philosophie. En France, en Europe, qui affiche une telle ambition ?
 
Vous publierez cette année une biographie d’Henry David Thoreau, écrivain, poète, naturaliste et philosophe américain du XIXème siècle, père de la Désobéissance Civile et source d’inspiration majeure pour de grands écrivains, penseurs et figures majeures de l’Histoire tel que Gandhi ou Martin Luther King. Incroyablement visionnaire, l’auteur de Walden ou la vie dans les bois a écrit : « Les générations futures n’attendront peut-être pas la dissolution du globe, mais, profitant de futures inventions en matière de transport aérien et de navigation dans l’espace, la race humaine dans sa totalité pourra peut-être quitter la Terre […] ». Selon vous, comment des idées aussi anciennes peuvent-elles avoir un tel écho, une telle pertinence aujourd’hui, jusqu’à revêtir une dimension quasi-prophétique ?
D’abord, Platon, Socrate, furent pertinents dans plein de domaines… Thoreau n’est pas si ancien. Il est contemporain de l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Humanité depuis l’invention de l’agriculture, c’est à dire, la révolution industrielle. L’écologie est la conséquence directe de la transformation industrielle du monde. C’est très lié. En tant qu’habitant de Concord (Massachusetts) et amoureux de la Nature, Thoreau a assisté au tournant clé de l’industrialisation de l’Amérique. Et comme c’est une espèce de chamane, qu’il a une forte sensibilité, une telle culture et qu’il est hyper perméable à l’air du temps et aux évolutions sociales, il a parfaitement compris toutes les conséquences que cette industrialisation allait avoir dans le rapport à la Terre. Comme vous, je suis un fan inconditionnel de Thoreau, je le trouve extraordinaire et incontournable. C’est avec des personnages comme lui ou Whitman et Emerson, que nait la littérature américaine. Thoreau est essentiel dans l’histoire et la culture américaines. Il est de ces écrivains américains qui ne s’appuient sur aucune tradition littéraire américaine. Il n’y avait quasiment pas d’écrivains américains avant eux. Ils ne lisent que des européens. Ils lisent Goethe, principalement des auteurs romantiques. Et à partir de là, avec une inébranlable foi en eux-mêmes, en leur destin et dans la vie, ils pensent librement et veulent fonder une nouvelle littérature pour l’Amérique. Il y a une espèce d’ambition et d’ampleur de propos prodigieuses. Et ce qui est fascinant chez Thoreau, et ce thème-là n’est pas présent chez Emerson par exemple, c’est que la littérature est directement liée à l’art de la marche. Chez lui s’opérait une fusion entre l’acte d’écrire et la marche qui a marqué toute son œuvre. Habituellement, la littérature est liée à l’âme humaine, aux sentiments, à l’amour… Avec lui, elle est fortement liée à la géographie, aux lieux, à la Nature, au monde. Ce qui parait hyper-troublant aujourd’hui parce qu’en ce début de ce 21ème siècle, ce sujet-là est très « à la mode ». Mais je suis d’accord avec vous, c’était un véritable visionnaire. Comment se fait-il que 160 ans plut tôt, Thoreau ait pu raisonner de façon aussi proche de nous aujourd’hui ? C’est très étonnant. Thoreau a écrit : « In the wilderness is the preservation of the world ». C’est l’une des raisons pour laquelle nous avons choisi un nom anglais, Wildproject, pour notre maison d’éditions.
 
 
 
Thoreau, l’art de la marche… cela nous amène à parler du GR 2013. Vous êtes passionné par la marche. Pouvez-vous nous présenter ce projet dont vous êtes l’instigateur ?
Depuis le début, je voulais être un éditeur qui ne fasse pas uniquement des livres. J’adore les livres mais j’adore la vie aussi ! Je suis installé à Marseille, une ville dont je suis amoureux. C’est un peu mon laboratoire de rêverie, de balade, d’errance, de réflexion… J’adore ce lieu car on n’y voit jamais la limite entre la ville et la Nature. C’est une ville pleine de nature et qui, tout de suite, casse la frontière homme-nature. Tout est confus. Et comme Marseille sera capitale culturelle européenne en 2013 et que le thème de l’écologie n’était quasiment pas présent dans la candidature de départ, j’ai proposé aux organisateurs de créer avec une série d’artistes le premier sentier de Grande Randonnée alliant culture et nature. Au lieu de prendre l’avion, d’aller au Chili et marcher pendant 15 jours dans la Cordillère des Andes en s’extasiant sur les mêmes endroits où vont tous les touristes, l’idée m’est venue de proposer une randonnée de 13 jours à travers un milieu entre ville et Nature où l’on ne sait plus finalement si on est en ville ou pas. Nous prétendons ainsi donner naissance à un GR du 21ème siècle. Les GR actuels datent du 19ème, sont influencés par l’impressionnisme, par l’idée faussement répandue que la Nature se trouve là où il n’y a pas d’hommes, mais cette vision est erronée. Ce GR2013 se veut l’application sur le territoire des idées de la maison d’éditions Wildproject et une belle opportunité de mener une réflexion sur la ville durable.
 
 
TV5 Emission du
Jeudi 10 Mars 2011 :
 
 
  http://marseille-provence2013.fr
 
 
 J’ai remarqué que vous aviez un goût pour l’Orient. Vous avez entrepris plusieurs séjours de longue durée dans le monde arabe, en Égypte, au Yémen, au Maghreb. Vous avez également vécu et enseigné aux Etats-Unis. Quel regard portez-vous sur ces deux mondes bien différents ? Quelle est votre place et quelle est la place donnée à l’écologie dans le monde arabe ?
En tant que méditerranéen, cette question est un peu au cœur de mon identité. Quand j’ai quitté Marseille pour Paris, j’ai voulu garder quelque chose de la Méditerranée. Je me suis donc mis en tête d’apprendre l’Arabe. L’apprentissage de cette langue a été une autre révélation car cela m’a permis de découvrir le monde non-occidental. Une expérience bouleversante pour moi. Mais depuis des années je cherche à trouver dans le monde arabe des gens qui travaillent sur l’écologie car ce serait pour moi l’occasion de réunir deux de mes passions, là encore. Mais je n’ai pas encore trouvé ce que je cherchais.
 
Comment l’expliquez-vous ?
Je ne saurais pas l’expliquer sans avoir peur de m’exprimer de façon maladroite mais pour simplifier, la présence de Dieu est tellement palpable dans la vie sociale que l’on a vraiment le sentiment que la vie, c’est ce qui se passe en attendant le paradis et que ce monde-là n’a qu’une valeur relative par rapport à Dieu. Et donc, on se fiche un peu de laisser trainer des sacs plastiques, d’avoir des trucs pourris, des voitures qui tombent en ruines… Il y a une espèce de désordre ambiant qui semble être lié à la faible valeur de ce monde par rapport au monde transcendant. C’est assez surprenant. Mais en même temps, la forte présence de la spiritualité là-bas donne des relations sociales extrêmement riches et des relations affectives avec les gens très fortes aussi. Mais la Nature n’existe pas ou peu. Il n’y a pas de concept de nature dans le monde arabe. Du moins, pas à mon sens. Mais je ne désespère pas de trouver !
 
Pour vous, la Nature peut-elle revêtir un caractère « sacré » ?
C’est le sujet du colloque que l’on organise à la Sorbonne en avril prochain. Oui, peut-être… Mais ce n’est pas ma formulation préférée car le terme embrasse une sorte de religiosité inadéquate. Je lui préfère la définition de l’éthique environnementale qui considère que la Nature a une valeur intrinsèque. Elle n’a pas de valeur en fonction de ce que l’homme va lui accorder ou en fonction de l’usage dont on peut en faire ou en tant que référence culturelle, elle a une valeur en elle-même. C’est à dire que l’arbre, le cochon ont le droit à la dignité. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas manger le cochon. Moi j’adore manger le cochon. Mais je considère qu’il existe une dignité propre des être vivants et j’aime cette idée encore plus. La philosophie occidentale a beaucoup remis en cause l’idée même de la dignité de la Nature. Dans la philosophie moderne, n’a de dignité que l’être humain. Tout le reste n’est que du décor, des objets, de la matière, de la ressource. Et je ne suis pas d’accord avec cette idée. Puis j’aime bien ce mot… Dignité. Je trouve que c’est un beau mot.
 
    Nous nous trouvons au seuil de bouleversements à la fois économiques et écologiques majeurs. Êtes-vous optimiste ? Croyez-vous qu’une vraie prise de conscience mondiale puisse se produire et nous amener à nous reconnecter avec la Nature, à prendre des mesures radicales à l’échelle mondiale pour lui redonner une place plus importante, la protéger tout en nous protégeant ?
J’ai la conviction que la restructuration de la relation Homme-Nature va être LE sujet structurant dans les décennies ou le siècle à venir. Il y a deux cents ans, la société fut réinventée à partir de l’idée d’égalité entre les Hommes. En Occident, mais aussi en Inde, de nombreux activistes et penseurs sont déjà mobilisés et concernés par le sujet. Je crois que l’écologie, de la même façon que les problèmes de crimes contre l’Humanité, vont nous obliger, à moyen-long terme, à mettre en place une forme de gouvernance mondiale. On ne peut pas, à mon sens, résoudre les grands problèmes écologiques dans le cadre d’état-nations ni même à l’échelle continentale. Ce sont des problèmes mondiaux qui nous concernent tous. Je pense que la dimension biosphérique de l’enjeu écologique va nous amener, d’ici 2050 à l’émergence d’un gouvernement mondial, collégial j’imagine, qui puisera son essence dans l’éthique environnementale. C’est pour moi dans ce sens là que va aller l’Histoire, forcément.
 
Selon vous, qu’est-ce qu’être “authentique” en 2012 ?
C’est compliqué. Le terme a tellement été utilisé, galvaudé… Mais pour répondre à votre question, je me sens particulièrement proche de l’énergie, de la vision, de la radicalité et de l’ambition de Nicolas Hulot. Son discours me semble puissant et lucide. Il y a une espèce d’authenticité, de sincérité chez lui. Son inquiétude est réelle, il est authentiquement angoissé. Et en même temps, ça ne l’empêche pas d’agir. Parfois, l’inquiétude pétrifie, paralyse. Il fait partie des rares personnes à être allé suffisamment loin dans la réflexion et l’analyse sur le monde qui nous entoure pour en revenir avec des convictions très puissantes et très claires, notamment sur le changement climatique et les solutions qu’il faut apporter. Beaucoup de gens sont conscients du problème mais pensent que celui-ci est trop important pour pouvoir le résoudre individuellement. C’est en partie faux. Chacun peut agir à son niveau. Donc, être authentique pour moi aujourd’hui, c’est réussir à construire ses convictions, les respecter et ensuite les servir de manière constante avec sincérité et intégrité.
 
Entretien : Guillaume Delannoy  
pour sublime magazine http://france.sublimemagazine.com/
 
 
Fondée en 2008 par Baptiste Lanaspeze, Wildproject est une maison d'édition indépendante qui se consacre aux idées émergentes, et en particulier à l'écologie dans sa dimension culturelle.

En proposant de réformer notre conception de la nature et d'interroger notre projet de civilisation, l'éthique environnementale constitue, depuis trente ans, un petit laboratoire intellectuel pour le moins ambitieux. Au moment où en France, les mondes de la science, de l'art et de la recherche s'ouvrent à ces idées nouvelles, Wildproject veut contribuer à leur découverte et à leur développement.

A partir de la collection fondatrice '"Domaine sauvage" (essais), Wildproject développe désormais 5 nouvelles collections: "Tête nue" (littérature), "Sur le vif" (documents), "Petit panthéon" (portraits), "Nature contemporaine" (art contemporain), et "A partir de Marseille".

En ligne, la revue Wildproject (www.wildproject.fr) croise les scènes françaises de l'écologie culturelle.

Par Tonton
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 22:50

 

I hear a very gentle sound
With your ear down to the ground
We want the world and we want it...
We want the world and we want it...
Now
Now?
Now!

"When the music is over." The Doors


Ces paroles servent de socle à ce livre de Claude Chastagner. Des paroles qui symbolisent l'émergence d'une nouvelle culture (qui a vu le jour avec les premiers "rebelles" : Elvis, J.Dean, M.Brando puis s'est développée de manière plus expressive et revendicative lors de la guerre du Vietnam, des grands rassemblements comme le festival de Woodstock avec guitares et basses euphoriques branchées sur amplis).

Entre l'enfance et l'âge adulte, les baby boomers découvrent l'adolescence, ce besoin de s'exprimer, de renverser, d'inverser l'ordre établi...la guitare devient l'ennemi des adultes, des parents, de ceux qui ont le monopole de l'ordre moral...

Guitare : instrument rebelle par excellence qui rassemble toutes les classes sociales. Le rock est une musique rebelle donc qui amène la révolte (The Who - Won't Get Fooled Again, MC5 - Out The Jams, The Rolling Stones - Street Fighting Man) et la guitare en devenant électrique, ce sont les émotions, les attentes, ce besoin de s'exprimer tel un cri, qui surgissent..."Pas de compromis, fini le conformisme".

Tel est le message exprimé par cette génération. C'est le temps de l'émancipation, des contestations à base de slogans.

Jim Morrison l'exprime dans ces paroles mais cette rebellion soulève des interrogations :

Comment allons nous changer la donne, comment allons nous changer le monde? Nous assistons à un réel  besoin de tout posséder, de profiter de tout, de consommer...Le rêve d'une nouvelle société voit le jour. Oui mais...

 

 

 



...cette rebellion représente aussi l'ambiguïté de cette culture, que l'on appelle désormais contre culture où le rock'n'roll devient le Rock. Demander le monde tout de suite va de pair avec ce besoin de consommation, une certaine forme de jouissance matérielle...et pourquoi tout le monde n'en profiterait pas, hein? Car si aujourd'hui, nous évoluons dans une société capitaliste, C.Chastagner nous le rappelle :

le rock et le capitalisme se rejoignent sur ce besoin de modernité car au final ils sont indissociables. La modernité, c'est transgresser, c'est se rebeller, c'est bouger!!! Et un slogan, un!!! La publicité a trouvé son nouveau créneau.

 Le rock s'exprime, fait vendre et les baby boomers qui représentent des consommateurs potentiels en masse sur un marché porteur, sont donc la cible principale des entrepreneurs, publicitaires, multinationales...et c'est parti!!! On parle alors de récupération, le rock n'a plus le monopole de ses slogans, de ces concepts et chacun est gagnant : publicité, promotion...La révolte devient alors une activité lucrative. Et oui, la rebellion rapporte "à condition qu'elle reste une image, un spectacle" nous rappelle C.Chastagner. On parle alors au sein de la culture rock d'une relation décomplexée à l'argent, à la consommation et au capitalisme. Le Star System est né. 

    
Claude Chastagner nous expose d'ailleurs dans cet essai deux courants qui s'opposent. D'un côté, les radicaux mettant le doigt sur cette nécessité de changer le monde, persuadés que de ce partage de culture rock peut émerger le progrès social. D'un autre coté, les post modernistes dénonçant cette récupération où tout désir de changement est vain. Les multinationales du disque ont récupéré les slogans rock. "Le rocker a succombé à cet appât, celui de l'argent, de la gloire."

Mais ces deux courants ainsi exprimés, l'auteur veut croire à une autre lecture du rock car il doit bien exister des interstices.


Des interstices? Selon Chastagner, "être dans l'interstice, c'est se glisser par effraction dans les modes établis de représentation pour les subvertir (renverser) et proposer des possibilités de vie nouvelles, des rapports au monde inédit." Et d'après lui, il existe des artistes dans l'interstice...car le véritable artiste rebelle, celui qui lutte vraiment contre l'ordre établi, celui qui est autant dans le plaisir immédiat que dans la critique, celui qui symbolise vraiment la résistance...est celui qui s'invente une relation personnelle au monde.

L'auteur prend l'exemple de Frank Zappa et un de ces morceaux "Do you like my new car", mélange d'absurde, d'humour décapant, parfois graveleux mais c'est surtout cette hilarante satire sociale chez Zappa qui le différencie, souligne Chastagner.

Cette nouvelle lecture du rock que nous propose l'auteur est intéressante car il nous explique, en autre la différence entre cri et slogan. Au début du livre, le cri est analysé comme un slogan, ensuite que ce cri fait vendre et dans le dernier chapitre, il nous explique qu'il existe une profonde différence entre cri et slogan quand on y réfléchit bien, quand on le médite...tenterions nous de dire. Ce dernier chapitre vaut à lui seul le détour car après avoir exposé, défini la culture rock, son développement, son ambiguïté, sa récupération commerciale, sa participation à l'avénement du capitalisme, à l'échange marchand...l'auteur nous expose enfin sa vision. "Ce qui est en jeu est de l'ordre du personnel et de l'individuel".  Il faut inventer une relation personnelle au monde nous dit Chastagner...et peut-être pas forcément le vouloir, le posséder.

 

 

  Ce livre bouscule pas mal d'idées reçues sur le rock.

 L'auteur s'intéresse au phénomène qui se propage, celui des musées où de nombreuses expositions sur la musique voient le jour, on parle d'institutionnalisation de la musique "qui est une façon de faire taire" d'après l'auteur. Le vrai problème nous dit Chastagner est que

les premiers à vouloir défendre cette institutionnalisation de la musique et à la faire parler, à s'exprimer sont aussi les premiers à l'embaumer et "embaumer, c'est tuer".

L'auteur consacre un chapitre tout aussi intéressant sur le rapprochement entre rock et pop art car ce dernier va permettre au premier de se construire une image, donner forme à son esprit rebelle mais on y retrouve les mêmes mécanismes, ambiguïtés et interrogations, analyse Chastagner. Le Pop art veut dénoncer mais sa production artistique est dédiée au matérialisme, à la consommation. Le message ne semble plus très clair, il en va de même pour le rock, une logique commerciale s'empare de l'artiste quelqu'il soit.

Ce livre est donc un essai sociologique où la culture rock est analysée en long, en large et en travers. L'auteur a parfois tendance à partir dans de grands discours avec un vocabulaire bien recherché. En lisant "De la culture rock", mes longues heures de cours de Sciences Economiques et Sociales au lycée me sont revenues en mémoire. Et oui, Claude Chastagner est professeur et ça se remarque. Mais on a le plaisir à le lire, surtout lorsqu'il analyse la pochette d'album de "Sergent's Pepper Lonely Hearts Club Band" des Beatles, lorsqu'il chronique l'abum 666 d'Aphrodite's Child. Et comme dit précedemment, le dernier chapitre "Interstices" est terriblement attendu tout au long du livre. Claude Chastagner redéfinit le terme Rebellion, pose un regard lucide sur la culture rock en finissant par cette citation de Frank Zappa qui résume bien son point de vue : 

  "Sans transgression de la norme, il n'y a pas de progrès possible. Mais avant de chercher à transgresser efficacement, on doit au moins s'être familiarisé avec la règle, avec la norme dont on veut s'écarter." Frank Zappa

 

 

Le mot de l'Editeur : La lecture classique de la « culture rock » est soit qu’elle constitue une des ultimes formes de résistance aux forces du marché, soit que son image rebelle a été récupérée par la publicité et le commerce. Cet ouvrage avance une troisième interprétation : la dimension rebelle de la culture rock a favorisé l’émergence de nouvelles formes de capitalisme. La démonstration s’appuie sur l’ambiguïté des stratégies rock (slogans, sons, images) et celle d’artistes spécifiques (Zappa, Aphrodite’s Child, etc.) et sur le rôle des musées du rock ou du téléchargement illégal. L’auteur analyse les points communs entre les idéaux et modalités de fonctionnement de la culture rock (provocation, transgression, indifférenciation) et ceux de l’organisation économique capitaliste, avant de tracer un parallèle entre la culture rock, mai 68 et le pop art. Sont également convoquées les théories de René Girard, Luc Boltanski et Ève Chiapello, et Jean-Claude Michéa.

 

TABLE DES MATIERES

Le nouveau monde

Rebelles

Slogans

Le bruit et la fureur

Guitares

Pop

Musées

L'argent

L'artiste et le marchand

L'indifférence

Interstices

Claude Chastagner est professeur de civilisation américaine. Il enseigne en filières LEA comme LLCER Il est spécialiste de culture populaire, de musique en particulier. Sa thèse de doctorat analysait le fonctionnement rituel, sacrificiel de la musique rock. Il a depuis publié de nombreux articles sur les différents styles musicaux anglo-américains et dirigé plusieurs numéros spéciaux de revues (RFEA, Cahiers Edouardiens et Victoriens).

Il est l’auteur de La Loi du rock : ambivalence et sacrifice dans la musique populaire anglo-américaine et de The American Dream, American Popular Music et de nombreuses traductions (Tennessee Williams, Avishai Margalit, Ian Buruma, Gil Bailie...)

 
 
Vous désirez connaître la face cachée du festival de Woodstock de 1969? Un quiz vous attend, cliquez sur l'image ci-dessous :
Par Tonton - Publié dans : La Littérature des Sixties - Communauté : On the road...
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