Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : On the road with Jerry...
  • On the road with Jerry...
  • : Remontons dans le temps, en pleine période des Sixties où un seul groupe semble avoir atteint le statut de légende : Grateful Dead. Jerry Garcia (disparu en 1995) personnage emblématique du groupe, guitariste hors pair vous emmène sur les traces d'une époque hors du commun...
  • Contact

WELCOME!!!

 

 

     

   
   

DE NOMBREUX CONCERTS LIVE 

 A VOTRE DISPOSITION

(vidéos) en cliquant sur :      

 

Les enregistrements LIVE

du Grateful Dead (audio)

en cliquant sur : 
      

   

LES ALBUMS

Cliquez sur les pochettes et découvrez les!!!

  

THE GRATEFUL DEAD (1967) :

undefined
ANTHEM OF THE SUN (1968):
album200-6060-copie-1.jpg
AOXOMOXOA (1969) :
undefined
LIVE/DEAD (1969)
undefined

AMERICAN BEAUTY (1970):

undefined

WORKINGMAN'S DEAD (1970):
undefinedSKULLS AND ROSES (1971):undefined
WAKE OF THE FLOOD (1973):

FROM THE MARS HOTEL (1974) :


BLUES FOR ALLAH (1975):


TERRAPIN STATION (1977) :

GO TO HEAVEN (1980):


IN THE DARK (1987):


GRATEFUL DEAD, LE FORUM
(en FR)

Image


GRATEFUL DEAD, le site
Cliquez sur :

 

 

Grateful Dead Listening Guide

Grateful Dead Listening Guide

  

QUIZZ WOODSTOCK
20 Questions...Testez-vous!!!

  ...en cliquant sur :

 

VOTRE MENU, Cliquez sur :

 

       Nombre de visiteurs :


POUR ACCEDER AUX ARTICLES, C'EST ICI:
Cliquez sur les photos de votre choix (ci-dessous) et accéder directement aux articles (par thème) du blog:

GRATEFUL DEAD & CO:

 

L'APRES GRATEFUL DEAD:



THE BEAT GENERATION:


LES FILMS 60's ET ACTUELS:



LA LITTERATURE 60's:



L'ART 60's:


SOUVENEZ-VOUS...:


GROUPES, ARTISTES 60's:


LA RELEVE ET CEUX QUI DURENT:


BOB DYLAN, ses textes traduits :


avec l'aide du site ci-dessous :
http://www.bobdylan-fr.com/


Discussion sur la notion
de "contre-culture" :

   

DISCROCK.COM

 

COURS D'HARMONICA avec Paul Lassey

 

"ON THE ROAD" - The Movie FR

On The Road - The Movie

 

THE BEAT MUSEUM

 

TOUS LES LIENS AUTOUR DE LA BEAT GENERATION,

cliquez sur :

 

LA REVOLUTION LENTE...

 

Archives

Cliquez sur ces liens :

   

...ET DECOUVREZ:

The site for Jam Band Music on the right side of the pond
  

STASH RADIO (GERMANY)

  

THE MORNING MUSIC
Toute l'actualité musicale sur :

 

"Frissons solaires d'un ange

de la désolation"

de Vince Larue

 

   

Illusory Flowers in an Empty Sky

Illusory Flowers in an Empty Sky 

Ferial

 


LE TREPONEME BLEU PALE
Treponeme bleu pale HS
 

 SEATTLE SOUND


EN MARGE 

 

Emotions électriques, le Rock Blog Libéré

kurt-cobain-1993-photo

  

10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 14:59

  (...)

 

Peu d’individus le ressentent ainsi, beaucoup sont caricaturaux, beaucoup

ont déjà signé et les derniers ne sont que des estomacs sur pattes.

23 janvier 2010

 

La semaine s’annonce critique. Je reste dans la voiture une fois garé, à

attendre que la pluie cesse. Nous sommes dimanche soir. Semaine critique.

Pour la première fois, je vais me présenter à une session d’examens, sans les

avoirs préparés. Je n’ai pas pris la peine d’en relire la moitié. Situation

courante pour des tas d’étudiants. Sauf qu’il s’agit de mes "derniers"

examens, sensés conclure un honnête parcours. Bac +5. Une filière

scientifique. Après, c’est le "marché du… travail".

Stage et sérieux promettent de l’emploi. Quoi? Environnement?

Aménagement et Développement Durable?

Cessons, il ne s’agit là que d’un mauvais business. Valeurs fantomatiques.

Grand saut en aveugle, ou plutôt, avec oeillères. Ce que l’on vous promet,

c’est à 40 ans d’en paraître 50. On vous promet l’embourgeoisement sidéral

pour vos bons et loyaux services. à votre servitude.

Il ne pleut plus. Je sors.

24 janvier 2010, soir

 

 

 

Bientôt un an après sa lecture, et je jouxte mon cas à celui de Siddhartha.

  Jeunesse paisible.  

Mon incursion chez les samanas croît tel un haricot magique. Une addiction

massive et d’une certaine manière, ma façon de dérouler la route. L’ultra

endurance, sur l’eau comme sur terre. à pieds comme à bicyclette. Le

‘surhomme’ Nietzschéen se riant de toutes les tragédies. Composer avec les

forces et formes de la nature, flirter avec Éole et ne jamais être ouvertement

rassasié. Une incursion dont on ne peut revenir au cours d’une vie, et

surtout en pleine jeunesse. La "troisième décennie" ne doit nullement être

amputée d’une thèse ou tout autre forme de corridor de la pensée mais

s’ouvrir et se prononcer pour la spiritualité universelle.

Kamala  n’a pas voulu de moi mais d’autres se sont chargées du boulot…

bien entendu je reste surprenable et aimant, donc sait-on jamais. Il y a tant

de bonnes âmes.

Quant au sansara, je lui dit non pour ce que j’y ai touché, ce que j’en vois,

principe briseur, hologrammes de bonheur, voici mon doigt d’honneur !

samana-Kamala½ Amour-humilité. La nature fera le reste.

Rien d’autre. J’ai fait court. Prenez le temps de lire

 Siddhartha, c’est un"petit" livre libérateur.

 

 

24 janvier 2010, soir

 

 

 

maman, papa, quelque soit la voie de mon choix et l’endroit de mes activités,

je vous garantie un contact régulier avec réjouissantes visites.

Vous êtes dans mon coeur.

 

Fils du soleil.

Des fois, je me demande comment la Terre fait-elle pour rester si calme avec

une telle acné humaine sur le visage ?

Et surtout, Combien pour une petite parcelle de terre cultivable au soleil ?

Et même qu’on me répond par voix intérieure, va voir par toi-même.

Fils du soleil.

 

24 janvier 2010, nuit

 

Tout se passe comme prévu. Mal.

J’ai comme un gros problème.

Satori littéraire à bac+4,5 mention ‘’supercherie scientifique’’.

Ma consommation de yerba mate s’accroît furieusement. Il n’y a que des

‘’bonnes’’ choses là-dedans. Il faut dire que je ne me suis pas méfié, juste

intrigué de voir ce baroudeur de géologue en abuser en sortie terrain il y a

un peu plus d’un an. Sa parole politico-scientifique faisait mouche sur ma

caboche et nous faisait bien sourire. Sans avoir tord, et même plutôt raison,

avec son oeil aguerri pour les structures géologiques et sa rigueur acquise

pour les besoins du métier, il n’en restait pas moins fou. De cette folie

paranoïaque et sarcastique des esprits libres enfermés dans des corps un

peu moins libres, eux-même se mouvant avec heurts entre les affres du

système. Ne pouvant dissocier l’un de l’autre, un contenant, un contenu, il

s’acharne au nom de la transmission du savoir à souffrir. Ses voyages le

maintiennent en vie, sa femme le quitte.

Merci pour le breuvage.

Mes feuilles de calculs sont étalées devant moi, je les vois ‘’floues’’, ne révise

pas, et puis, il y a ce besoin d’écrire. de justifier. Putain de bon breuvage !

ballade de the Band :

 

Whispering pines.

Je remballe.

25 janvier 2010, midi

23460_1251724486416_1028637394_30601025_

Tribute to the Band : « these guys changed my life »

 

 

23460_1251724366413_1028637394_30601022_

les combinaisons gagnantes « aux mains propres » et aux esprits libres

 

Les revendications politico-sociales sont TOUJOURS l’aspect le plus faible.

Monsieur Jerry Garcia.

La quête spirituelle reste pour moi, la vraie question.

Vous aviez raison.

Et c’est ce qu’ont totalement délaissé ou plutôt ignoré les sociétés modernes

dominantes.

On aboutit alors à des situations complexes et litigieuses, un vrai sac de

noeuds qu’aucun homme, même celui possédant l’aisance orale, ainsi que les

compétences foncières, ne peut démêler. Il y a tellement de moutons avides

de consommation ayant une vision du bonheur allant à l’encontre de la

mienne ; de la valeureuse vision Nietzschéenne, de la douce vision d’un

Brautigan, et de bien d’autres. Je le dis avec regret. On ne leur demande pas

d’être des visionnaires en Art, ni des pontes du classicisme, la grâce ne nous

touche que rarement. Ils n’ont pas le talent ni le courage pour créer ou

essayer de créer. Mais au moins, qu’ils aiment le beau, le vrai… au lieu de la

merde bas-étage en exergue et proliférant à la base de cette civilisation

déchue, que l’on tente de supporter par d’atroces moyens. Travail excessif

pour subsister sur la vague scélérate de la production massive consumériste

et si pauvre ; si pauvre.

Le président est la meilleure des marionnettes pour cette situation. Il a les

qualités de son statut. Mais la politique n’est pas la solution, dommage.

De mon point de vue, il se serait pointé torse nu et blue jean, aurait partagé

un calumet de la paix avec les soucieux interlocuteurs présents ce soir,

avant d’ajouter :

 

- « Mes braves, vos angoisses prennent fin ce soir. Prenez le temps de

vivre heureux. Cultivez votre terre et battissez- vous de saines

cabanes. Prenez le temps, jetez vos montres. Chaque cabane doit être

un point relais lors de vos déplacements sur notre désormais, vaste

territoire. Allez-en paix – Amusez-vous – Je vous aime – mes braves. »

  La fin est facultative, point trop n’en faut ; d’ailleurs :

- « Mettez de la musique dans vos âmes et vivez éveillés »

aurait été plus judicieux.

25 janvier 2010, nuit

 

Le manifeste de Kaczynski et Howl de Ginsberg enfin dans mon sac !

Un petit coucou au passage, aux R.G. ; un coucou du genre

Salut d’Amour de Lawrence Ferlinghetti.

Souvent on me demande ce que je fais. Je le leur dis.

Ils me répondent : « Oh, c’est bien », « Ah, ce doit être intéressant. »

Je rajoute « Oui, c’est intéressant. »

Je voudrais leur parler, moi, de l’échec d’une réussite.

26 janvier 2010, matin

 

 

Je m’apprête à me coucher. Vaisselle faite. Toilette faite. Chaque chose est à

une place à peu près convenable. Le gros ménage attendra.

La lampe, un livre, du Buko encore, Pulp, le dessert du repas quotidien. Mais

non, il manque… un besoin nouveau, récent. Il faut que je gratte quelques

lignes. Quelques lignes pour ponctuer ces deux derniers jours de grand

n’importe quoi !

Je suis l’artefact, le sorti d’orbite, mes traversées sont éclaires, sans

emprises et peu d’appuis.

Les individus de ma promotion sont robotiquement imprégnés et tendus par

ces ultimes examens, et foutument bien préparés ! Mes amis suivent le cours

de leur existence, de leur mieux.

Je tente un courrier électronique désespéré à une boutique toulousaine de

prêt à porter biologique, affichée commerce équitable, vêtements, bijoux et

surtout, yerba mate ! Le site, je regarde à peine, deux ou trois prix glissent

devant mes yeux, me semblent bien élevés. Je vois "contact’’ ; nous sommes

lundi. Je clique puis tape :

 

« Bonjour,

Gros consommateur de yerba mate, ultra sportif, défenseurs des

cultures traditionnelles, et artiste à mes heures (majoritaires en ce

moment), je suis actuellement encore étudiant en sciences (damnation)

(bac+5 qui n’est pas sûr d’aboutir).

Néanmoins, je souhaiterez savoir si, via vos contacts ou au sein même

de votre boutique, il n’y aurait pas un poste pour mes incompétents

(quoique) mais empressés services ! (en métropole ou même, Amérique

du sud) Cordialement, »

J’oublie.

 

Aujourd’hui je reçois :

« Bonjour,

Merci d’avoir pensé à nous. Malheureusement, l’année 2009 ( et ses

turbulences) nous a été fatale. Le manque de trésorerie ne nous a pas

permis de lancer de nouvelles collections. La mort dans l’âme, nous

avons fermé boutique et sommes en train de liquider la société.

Dommage… Bonne chance pour vos recherches

Cordialement, Isabelle. »

 

Tentative idiote, inappropriée , utopique

Réponse désolante, sincère, édifiante, prévisible ?

Rire sarcastico-sardonique, de moi, de cette boutique, de la situation,

particulière, générale, nationale, mondiale.

Burlesque ! je cherchais le mot.

et une de plus.

26 janvier 2010, nuit

 

 

Servitude des pensées.

Voyez m’en navré de ne point être plein d’enthousiasme face à la toujours

plus jaillissante avidité dont font preuve les occidentaux qui m’entourent. Un

jour, un regretté marginal entraîneur de Javelot m’a dit un truc du style : «

Tu n’aurais pas de sang africain par hasard ? » faisant allusion à mon flegme

naturel, cette manière d’écouter avec calme et distance, ce léger air béat,

surpris et émerveillé.

J’ai des préjugés sur les chinois modernes, leur obéissance mécanique me

gène, leur nombre me choque, leurs migrations m’interpellent. Et lorsque je

vois leur armée défiler je plisse les yeux de dédain.

J’apprécie les coréens. D’ailleurs, je m’approvisionnais en yerba mate dans

une épicerie fine coréenne, « un magasin de thés » comme me le précisa cette

après-midi, ma sympathique, affable et très humble vendeuse. Je suis un

client particulier, sûrement attachant quoique étrange. L’étudiant, seul

buveur exclusif de maté vert du brésil, capable de toutes les fantaisies

comme celle de lui proposer spontanément ses services dans cette petite

boutique d’à peine 8m². Je voyais pourtant bien que les journées lui

semblaient déjà longue, à elle…

Alors j’ouvrirai une épicerie fine de produits normands, camemberts,

calva…en Corée, je lui lance. Elle rit. Brave personne, vraiment gentille. Mais

elle ne s’imagine pas à quel point je l’envie. Cette idée de magasin de thés, de

petit magasin de thés. « un an et quatre mois » qu’elle et son mari (qui

poursuit encore des études parallèles parisiennes) se sont installés. « difficile

au début mais là ça va ». Il doit falloir se lancer et jouer avec la chance

comme à la roulette russe. Et de la volonté.

Le rouleau compresseur concurrentiel ne laisse pas de traces sur les

bitumineux terrains du business.

27 janvier 2010, nuit

 

Aversion complète et irréversible pour les infinies lignées rutilantes qui les

conduisent au purgatoire chaque matin et les ramènent aux murs casaniers

sous contrôle câblé, le soir.

Accablante parade à l’automatisme psychotique.

Ma journée rayonne malgré ces six heures d’examens sur table, pour la

forme, le heurt est pour plus tard. Rayonne, car se profile en mars le Blues

puissance exponentielle. Un mythe woodstockien et la relève explosive,

Johnny Winter, Popa Chubby et Eric Sardinas se produisant la même

semaine dans un périmètre restreint de Beauvais à Rouen où je serais selon

toute vraisemblance à cette période, enfin, cette fois c’est certain. Deux dates

que je ne manquerai pas.

23460_1251724526417_1028637394_30601026_

 

Tribute to Johnny Winter – Thru the years

 

 

Le virtuose albinos texan toujours vivant, le rageur Eric Sardinas et sa

dobro, un son unique ! et l’excellent bonhomme, Massif Popa Chubby.

23460_1251724566418_1028637394_30601027_

 

 

Blues Rock Power

Alors pensez-bien, six heures de partiels, catégorie : merde et bricolage ; je

ne connais pas les choses assez dans le détail, laissez moi écrire ! à ce sujet,

la phrase d’en tête du jour, après qu’elle ait allumé pour la journée le feu de

la révolte, il m’a fallu la noter, la feuille bleue de brouillon de cet examen fera

l’affaire, de toute façon je suis en avance, je sors toujours en avance. La

dernière est pour demain, grand chelem en vue. Les derniers seront les

premiers. Ou l’inverse ?

28 janvier 2010, nuit

 

Toute chose est superflue. Ou pour reprendre le concept… rien ne s’est

passé. Nous ne vivons qu’à cet instant et encore, nous ne le vivons déjà plus

au moment où nous le prononçons. Ça, du zen approximatif ? je l’accorde,

mais c’est pourtant ce qu’il m’est venu à l’esprit après 5h30 de vélo. Pour

avoir croisé 2 cyclistes et avoir été doublé par 3000 automobiles.

Effrontément doublé. Pour moi, une négligence qui mériterait châtiment.

A toute heure et en tout lieu je m’imagine récupérer le flambeau de Theodore

Kaczynski, pour la chute de la société industrielle !

Cela peut paraître désolant, il y a néanmoins là-dedans un certain

humanisme ou du moins, un amour pour l’état d’une vie originelle, pleine

d’humbles vertus et d’…

Je ne pourrai plus renier l’état de conscience de mes 22 ans. Je n’en fais pas

le serment, mais m’en défends et me donnerai vulgairement corps et âme…

et comme j’aime à le dire, sans concession.

30 janvier 2010, soir

 

Au grands jeux des Utopiades je tiens la pôle.

La ‘Beat generation’, bien que tout autre, avait pour appui la ‘Génération

perdue’. Et qu’avons nous ?

Quelques décades molasses, (un) rebattu de flou artistique.

La thema de ce soir m’a donné soif. "L’ivresse des poètes’’.

Tout ce que je peux dire, c’est de n’être ni du second bord, ni d’avoir encore

usé du premier pour écrire… sous l’emprise éthylique d’une joyeuse

beuverie. Mais que dans le fond, souffrir doublement est une idée

intéressante. Un peu trop désespérée mais intéressante. Cependant victime

de l’effet ‘’ruée vers l’ouest, l’or, l’éden’’ propre aux choses intéressantes ou

semblant l’être. Seuls les meilleurs tisserands boiront jusqu’à tirer leur

épingle du jeu de bouteilles. Les autres alimenteront la sous-classe

végétative : poivrots "bas de gamme’’.

« dépasser l’acide », dépasser l’alcool, il est très difficile de dépasser une

addiction. En recréer les effets par une voie autre. Cela revient à choisir

entre la grisante illumination (parfois illusoire) de caresser , au mieux, le

corps complexe ingénieux et tourmenté de la création ; au pire, de se

contenter d’une décharge hagarde, auto-traitement sans ordonnance qu’il

vaut mieux s’administrer chaque jour tant le ciel à l’horizon n’annonce rien

d’optimiste ; et, l’autre choix, le monde dépourvu de stimulations, celui du

conformisme, où s’oublier soi-même est un savoir vivre.

Et tout le Golgotha populaire oeuvre dans ce sens.

Donc, si vous n’avez pas entrevu la brèche dans la lisière, alors la clairière

vous comblera sans trop de difficultés d’un confort apparenté au bonheur.

N’est-ce pas là le but de chacun ? et tant pis qu’il faille manquer la

palpitante éblouissante grandeur du monde sauvage libre.

Il me faut corriger, car en réalité, je ne l’y ai pas trouvé, le bonheur dans

cette clairière, ou bien factice car enfantin, je ne l’y ai pas vu non plus chez

les autres, c’est, hélas, cela le plus affligeant. Ce confort rend mou et

peureux. Seule l’angoisse travailliste subsistancielle permet de ne pas y faire

face ! hors, voici donc, un joli cercle vicieux, n’est-il pas ?

Johnny Cash n’a jamais chanté ‘’Wanted man in Normandy’’, et ne chantera

plus, que je sache.

31 janvier 2010, nuit

 

25239_1298988187979_1028637394_30691309_

Fichues cloches scélérates,

Comme le rappel d’une sonate suprême,

Qui vous aurez couvé,

Depuis l’albumen, jusqu’au dernier chant,

De la dernière aube.

 

Etreintes fragiles sur planches chancelantes.

Dehors, le monde s’agite, s’affole. Elle le sait, je le sais. Je n’ai pas faim, je

n’ai pas froid, il me semble que je pourrai survivre ainsi une éternité.

Il m’arrive de ressentir cela aussi lorsque je cours, la mobilité en plus, une

telle compagnie en moins.

L’espoir est un saule pleureur de vallée glaciaire, figé dans l’hiver infini.

J’aimerais en ce moment, cueillir moi-même mes figues, les partager, les

faire sécher, à l’aube d’une journée radieuse, d’une région nouvelle,

verdoyante, aux roches saillantes et à l’éclat vierge de toute pollution.

01 février 2010, midi

 

Le soulagement ne peut venir que d’une décision franche, sans contrepartie,

sans balbutiements… d’un autre côté, il n’y a pas non plus de grand

discours à faire.

Je me surprends encore à suivre la suite des enseignements prévus à la

l’université, au lieu de monter le "Projet", du jeune, étudiant, perdu dans son

temps et voulant à tout prix ressentir les contraintes telles des frappes

sèches d’un fouet sur un cadavre. La réussite m’a souri jusque là, pourquoi

pas continuer de "faire semblant" d’avoir sa place. D’autant que je viens de

recevoir un nouveau courrier électronique :

 

« Merci pour votre message mais je ne vois pas au sein de notre

entreprise aucune possibilité pour le moment. Pour ce qui est des

contacts, difficile aussi car les entreprises que ce soit en Europe ou en

Amérique du Sud sont plutôt en réductions d’effectifs compte tenu des

incertitudes qui planent pour tous. Je vous souhaite bon courage et si

jamais vous aller en Argentine, je vous donnerai une liste d’entreprises

pour contacter sur place et demander un entretien. Qui sait, étant sur

place et avec un contact direct, si vous aurez une possibilité au moins

expérimentale.

Cordialement, Gonzalo Cruz »

 

Chaque réponse est intéressante, même si ce n’est que la seconde que je

reçois. Cette fois-ci, il possède une liste, qu’il me fournirait volontiers si

demain, j’ouvrais les yeux à Buenos Aires.

Alléchant pieds de mur.

02 février 2010, nuit

 

L’américanisation de l’Amérique a tué la plus lucide et vivante génération.

Je souhaiterais que l’américanisation de l’Europe en ravive le souffle

désenchanté.

Je me demande si ces râles d’estomacs viennent de mon alimentation trop

variée, incluant quelque mal-bouffe inéluctable, compressée par des heures

de pénitence bien longues sur les bancs universitaires ; ou viennent-elles de

l’imposture inconfortable de ma situation. Il faudra veiller à ne pas s’en

accommoder, réfléchir juste, de manière tranchante.

Je suis en classe, nous attendons l’enseignant…

« Pourquoi le gazouillis d’être humain qui bavardent paraît-il aussi creux ? »

Charles Bukowski, je t’adore.

04 février 2010, matin

La politique se penche sur les problèmes mais oublie de se relever.

Il n’y a rien de plus indéfectible que ce dont "tout le monde parle".

Les catastrophes, ou phénomènes naturels causant de nombreux dégâts sur

les populations et leurs installations sont regrettables. Et dans une certaine

mesure ‘’tempérée’’, un prix clément à payer pour la vanité humaine.

Les catastrophes, ou phénomènes du genre 11 septembre 2001, sont à

méditer. Tous les grands spécialistes en divers domaines se sont exprimés,

historiens, politiciens, économistes…

La symbolique d’un tel acte, et ils sont formels, est démentielle ; dans tous

les sens du terme, j’ajouterais.

L’Amérique est un symbole bâti sur des symboles. En en détruisant la tête…

Je tempère cette insinuation condamnable, car si ma démarche de m’inscrire

dans une certaine "contre-culture" effrite surtout le monde occidental ; je

possède un mépris plus grand (disons équivalent) à l’égard de ces sociétés

armées (ou ayant accepté de s’armer) au service d’idées de prophètes

assassins. Aux croyances déshumanisantes, ce n’est que mon intime impie

ressenti. Je suis bien trop limité pour en dire davantage, ce n’est pas mon

monde. Peut-être simplement qu’ils n’auraient pas engendré de tels furieux

si le ‘gentleman’ Occident s’était gardé d’une telle fierté, et lui aussi, d’une

telle soumission déifiée.

Je me demande si des anarchistes moraux, follets à tendance hippies,

existent dans ‘cet’ Orient-ci.

‘’It Makes No Difference’’ fredonne Rick Danko et le riff délicat de Robertson

m’enveloppe d’une humanité exagérée. J’aspire les dernières gouttes dans

ma calebasse.

 

Joindre l’image aux mots.

Je me rends compte qu’en écrivant, mon projet d’art séquentiel, ma bande

dessinée, avance toujours moins vite. Dans l’idée, la visée est la même que

mes écrits. Je pense depuis ce matin à concilier les deux, ainsi, seuls les

passages au vif désir d’illustration accompagneront ces brefs "frissons

marginaux", "frissons solaires" que je ressens, en véritable "ange de la

désolation’" ; Kerouac a ici, selon moi, posé le titre parfait.

Quelque chose prend forme, au dessein non conformiste.

04 février 2010, soir

 

Piscine fermée, stade désert, un vendredi soir.

D’accord, ce n’est qu’une bourgade de campagne, toutefois je suppose que

les bibliothèques et salles de concerts accueillent des comités restreints… en

revanche, les rues ne désengorgent pas et à coup sûr, les audiences

télévisuelles vont crescendo à cette heure.

Je bouillonne d’un mépris magmatique qui me rendrait sûrement

antipathique voire détestable, au regard mono-focal téléguidé du troupeau si

j’en venais à en déverser de manière virulente, éruptive. Contentons-nous

d’une coulée visqueuse moins tape à l’oeil. Cheminement lent.

Contournement d’obstacles.

05 février 2010, soir

 

23460_1251724406414_1028637394_30601023_

"Soul conversation"

 

Mon cher cousin, j’aimerais t’initier,

Au blues, un bluesman français, multi-genres, blues, soul, rythm’&blues,

Chicago blues, Mississippi blues.

Jean-Jacques Milteau.

Tes réponses hésitantes et timorées ne te ressemblent pas, et tu voudrais me

crier : « Non, ta réalité m’effraie, je veux encore voguer parmi les flots

éphémères »

Je te répondrai que tu devrais profiter de la présence de ton cousin, en ce

jour…

Et puis, cette musique, elle, pourra te surprendre.

« Cette musique a besoin d’oreilles, contrairement à d’autres »

 (J.J. Milteau, 12 février 2010)

06 février 2010, nuit

 

Quand vous ne croyez plus à ce que vous faites, il vaut mieux prendre une

grande et profonde inspiration et ne plus vous retourner. Au petit jeu des

mails spontanés délirants, je réponds à monsieur Gonzalo Cruz :

« Je vous remercie de la réponse. Et vous avoue que l'envie formidable

de rejoindre ce pays m'accapare le corps et l'esprit.

Il ne manque que l'argent pour foutre le camp. ça suffit.

Tenez-moi au courant s'il y a du changement chez vous, il en va de

même pour moi; auquel cas votre liste me sera utile. Je m'en vais

poursuivre un stage de fin d'études quelques temps, dont la maigre

rémunération (pour le monde occidental d'aujourd'hui) sera hélas,

avidement attendue. Bien cordialement, »

Je reprends Céline, il semble faire mouche, les services "incompétents mais

empressés" c’était lui. Le "(…) ça suffit" c’est encore lui.

07 février 2010, midi

 

Ce matin, vers dix heures, pour ceux qui aiment ce genre de précision, le

téléphone sonne, je ne décroche pas. Sûrement la grand-mère maternelle. Je

suis seul au domicile familial, en calbute, en train de me brosser les dents.

J’ai ma tête de ‘terroriste’, ma tête de fin de semaine, hirsute et rasé de loin.

On sonne à la porte, en jetant un oeil par la fenêtre j’aperçois en contrebas le

break bleu ‘’Gendarmerie Nationale’’. Le mini lévrier à sa maman assourdit

les secondes qui suivent. Je sais très bien que ce n’est pas pour moi, mais

l’inévitable et justifiée paranoïa s’empare de moi. Ça y est, on a intercepté

certains e-mails et mon activité sur un réseau social en ligne a dépassé

certaines limites. On me déclare ennemi de l’Etat, « veuillez nous suivre au

poste ». J’enfile vite fait un minimum, puis descends ouvrir.

 « on vous réveille peut-être ? »

- « mmm…NON ! »

Le duo désormais classique du type à l’expérience et de la jeune novice dont

l’uniforme me laisse toujours un sentiment d’interrogation et de fantasme

stupide.

Finalement rien. Une voiture remise au concessionnaire par mon paternel, il

y a plus d’un mois, vient d’être signalée à l’abandon depuis quinze jours,

accidentée en bord de route. Véhicule qui serait toujours à son nom… allez

savoir.

Ma fine barbiche à la maître zen leur fait un signe obscène renversé, ils ne

peuvent pas saisir. Chacun s’en retourne.

07 février 2010, soir

 

Retour nocturne, mains sur le volant, yeux sur le compteur, le ‘Still Alive

and Well’ de Johnny Winter pleine balle lui par contre, et le cortex frappé de

décharges cosmiques, recherchant ses petites mains dans l’entrelacs

cérébral pour tenter d’y graver n’importe comment, de vibrantes tirades.

De tous les avis, seul prévaut celui du décisionnaire de publier.

07 février 2010, nuit

 

La révolte du XXIe est à ce jour en couveuse, silencieuse. Les propos

anarchistes, les nouveaux maux du siècle, fourmillent dans une toile

invisible qui semble leur suffire. Les réseaux informatiques, où les blogs font

office de crachoirs. 8h, heure du taf, on déconnecte. Affligeante faiblesse. 8h,

pas de taf, mais une gueule de bois du tonnerre et pas capable de distinguer

si elle est plus ou moins corsée que la dernière ; en espérant que la

prochaine arrive vite et les efface toutes les deux du tableau d’affichage.

07 février 2010, nuit

 

Mes journées pourraient être des scènes d’un film de Jarmusch, je déambule

bien trop seul ou mal accompagné sur l’autoroute tracée par l’accumulation

d’honorables résultats à l’école.

Je butte sur la limite du supportable, une brise inédite m’apparaîtrait tel un

soupçon salutaire suffisant pour franchir cette limite, vers le meilleur peutêtre

pas, vers une liberté accrue vitale, il y a des chances. Je continue

d’entrouvrir des portes en attendant. Je continue de faire semblant en ne

dissimulant point mon dégoût, sans qu’il ne m’envoie pour l’instant à l’asile.

Je continue. Je continue. Je continue à creuser ce sillage ultime, ce méandre

forcené, à la fois terrier étouffant et terrain vague ensoleillé, gracieuse

fertilité pour toutes mes espérances.

08 février 2010, après-midi

 

Celui qui a inventé le sommeil n’est-il pas le seul génie qui ai vraiment

existé ?

Il n’y a uniquement que lorsque je suis éveillé, que je ne baisse pas la garde.

Ces paroles ne me ressemblent pas et pourtant… après une délicieuse et

trop courte nuit des plus confortables. Ah le confort ! j’en préférerais un tout

autre, me lever avec l’éclatante beauté de la nature à mes côtés, déjà ivre à

l’idée de n’avoir qu’à la chevaucher et la caresser, un jour entier.

Les sociétés occidentales sont à l’image d’un karaoké entre rivaux, beaucoup

de bruit pour rien.

09 février 2010, matin

 

12 février. Jean-Jacques Milteau en périphérie caennaise. Ça ne tente

personne, je m’y rend seul et en avance. Je crains le verglas accompagnant

la tombée nocturne, et qui m’a déjà mis en difficulté deux jours plus tôt.

Un peu de marche, jusqu’au grand centre commercial cosmopolite de ce

genre de ‘banlieue’. Vendredi, fin de journée. Les cadis sont pleins et les

traits tirés. Je passe en caisse pour 0,90 centimes de biscuits à la figue. En

galerie, je cède pour un menu "latino’’ d’une sandwicherie. Le deuxième est

offert, il peut bien, pour le prix que je lui laisse.

Je m’enfile alors un "argentino" (voilà l’infantile raison !), le "mexicano"

offert, les deux, légèrement réchauffés. Corsés mais c’est un régal. Je

remonte la pente à l’air frais urbain, puis termine biscuits, brioche, au jus

de pomme, en siégeant ma sacro-sainte et maudite auto. A côté de la salle de

concert, face à la salle de boxe où ça n’envoie pas du lourd. Je suis vraiment

en avance… encore une bonne demi-heure à zoner, méditer, appréhender et

savourer.

Des connaissances ont décliné, prétextant un public trop âgé, une soirée

occupée, ou un désintérêt non dissimulé.

Finalement, la petite salle est comble, ici, ça envoie du lourd, et de l’émotion.

Le siège à ma droite, reste étonnamment vide.

12 février 2010, soir, nuit

 

Rencontres fantomatiques et summum du dépit.

Face aux responsabilités, je choisis l’utopie.

On appelle cela, crise d’adolescence chez une tranche d’âge assez juvénile,

un état passager, transitoire, crise d’adolescence, j’appellerais ça, crise sous

influences. Par opposition à procréée, nourrie en et par soi, existentielle si

l’on veut. Une crise de négativisme mimétique, un vilain mélange.

Chez l’adulte, jeune ou non, on appelle ça folie et Bukowski de renchérir :

« ceux qui ne deviennent jamais fou, quelle horrible véritable vie ils doivent

avoir. »

L’Argentine "freeride", m’accapare le corps et l’esprit.

13 février 2010, nuit

 

Consternantes épopées de mes jours les plus ternes.

Je ne veux pas qu'on m'enferme, m'assourdisse, d'affligeantes mélopées.

Fuyons, fuyez, je fuis. Seul! Trop fou pour vous, tant bien même que nous

partagions passions, idées, bons moments, trop courts. Trop fou.

D'abord, je ne fuis pas, je me libère, de ça, que je ne tolère.

Pâles oraisons d'une funeste, tueuse machination, j'ai mal,

au fond, de l'incestueuse dégradation.

De notre temps, de votre temps, de mon temps.

Tout ceci est trop mou. Je veux grimper, danser, jouir et dormir.

Ce n'est pas si différent de vos désirs et pourtant,

ma paix et mes rythmes échappent à la voûte d'ogives monocorde aux

dorures assassines,

du consensus magnanime.

Regret ou nostalgie d'un temps immémorial où un dollar valait encore un

dollar.

Mon esprit erratique quittant ce Cirque grotesque glacé.

Je serai conquistador fuyant l'ElDorado.

15 février 2010, nuit

 

Fantômes de mes nuits, d'instants bels et bien tus.

Je marche vers l'infini jusqu'à n'en pouvoir plus.

Terres arrachées par des hordes sans gène. Qu'ils se méprennent,

je ferai face à tant d'inconsciente haine.

En lui tournant le dos j’oeuvrerai, dans l'extase, au boomerang sans retour,

destructeur et sans leurre.

Et même si les mots, le papier, les idées, des plus grands esprits réticents et

rebelles, n'ont pu envenimer suffisamment à la source de la décadence,

structure de calculs malhonnêtes.

J'ajoute ma contribution, j'abandonne ce jeu trop sérieux.

Le fou éternuant.

À tes souhaits renversant, le plateau de société, et ses pions, et ses rois.

18 février 2010, midi

 

Je ne me souviens pas avoir entendu parler du commandement: tu étudieras

pour t'engraisser les poches plus tard, contre un peu de saine angoisse.

De toute façon, je ne me souviens plus non plus des autres, hormis peut-être:

« Tu ne tueras point. »

Point.

19 février 2010, soir

 

Haikus ?

L'homme avance à grands pas

la faucheuse galope vers lui.

Les poèmes trahissent les faiblesses du coeur

je ne suis pas écrivain.

La tour d'ivoire s'érige sans encombres

Unabomber observe sous les verrous.

Le soleil reflète la terreur

peu d'endroits où il ne brille pas.

Ce cinéma est nivelé par la pente

tous ses sièges sont semblables.

Je n'aime pas être assis

et préfère le grand air.

Une farandole de gadgets tourbillonne sur la planète

seules quelques feuilles imprimées évoquent le cosmos.

L'homme avance à grand pas

l'autoroute est funèbre.

20 février 2010, matin

 

Mjk*M2VlNmUwY2Ix.gif

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires