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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 12:26

Le 22 septembre 2011 sortira en France "Aristocrates Sauvages" édité par Wildproject Editions.

Le poète américain Gary Snyder, emblème de la transition historique entre le mouvement beatnik et la pensée écologiste, échange avec son ami le romancier Jim Harrison sur ses dix années d'apprentissage du Zen au Japon. Cette série d’entretiens autobiographiques se déroule au milieu des montagnes de Santa Lucia, sur la côte Pacifique de la Californie. Ces deux géants de la littérature partagent et confrontent leurs conceptions du sauvage, du zen, de l’animalité et de la poésie.     

 

EXTRAIT

(www.wildproject.fr)

 Zen et poésie
Conversation avec Gary Snyder et Jim Harrison

  

« C’est dans la forme du monde entier que le Soi se déploie. Qui a bien pu dire aux gens que le mot “esprit” signifie pensées, opinions, idées ou concepts ? L’esprit, ce sont les arbres, les piquets des clôtures, les tuiles et les herbes. »Dōgen Zenji

 

GARY SNYDER : Il y a une vieille anecdote zen, « Mieux vaut ne pas savoir ». Daowu demande à Shitou : « Qu’y a-t-il de plus important ? » Shitou répond : « Mieux vaut ne pas savoir. » Daowu ajoute : « N’y a-t-il rien de plus que cela ? » Shitou répond : « Le ciel vide n’entrave pas le passage des nuages. »
Voici le Taiheiyō oriental, autrement dit, le Pacifique Est. Nous sommes à la lisière de l’Orient. Où allons-nous à présent ? Tout naturellement, nous regardons vers l’ouest, c’est-à-dire vers l’orient. Voilà où nous allons. C’est ma façon de voir les choses.
Nous nous trouvons aujourd’hui sur le rivage océanique et cette forêt est probablement en grande partie allogène – notamment pour ce qui est des eucalyptus.

...

 Pour dépasser la dichotomie entre le sauvage et le civilisé,
il faut d’abord se résoudre à être entiers. »
G. Snyder, La Pratique sauvage, « L’étiquette de la liberté »

GS : Au cours de notre escapade sur les flancs du Matterhorn, on a dû passer une nuit à la belle étoile. Comme il faisait très froid, on a allumé un feu. Il y avait un énorme rocher derrière nous qui nous renvoyait la chaleur. Et quand la température a chuté en dessous de zéro, j’ai entendu des animaux, peut-être des cerfs, bouger au seuil de l’obscurité qui nous enveloppait. J’ai avancé pas à pas, tout doucement, m’éloignant de la chaleur et de la lueur et pénétrant dans le froid et l’obscurité. Je sentais leur présence. Et je me suis dit : « Ah, c’est comme l’art ! »

JH : C’est génial quand une métaphore te vient à l’esprit comme ça.
...



Pour lire la suite de cet extrait, cliquez sur l'image ci-dessous :

 

 

...et découvrez Wildproject Editions

Fondée en 2008 par Baptiste Lanaspeze, Wildproject est une maison d'édition indépendante qui se consacre aux idées émergentes, et en particulier à l'écologie dans sa dimension culturelle.
En proposant de réformer notre conception de la nature et d'interroger notre projet de civilisation, l'éthique environnementale constitue, depuis trente ans, un petit laboratoire intellectuel pour le moins ambitieux. Au moment où en France, les mondes de la science, de l'art et de la recherche s'ouvrent à ces idées nouvelles, Wildproject veut contribuer à leur découverte et à leur développement.

A partir de la collection fondatrice '"Domaine sauvage" (essais), Wildproject développe en 2011 et en 2012 4 nouvelles collections: "Tête nue" (littérature), "Sur le vif" (documents), "Petit panthéon" (portraits), "Nature contemporaine" (art contemporain).

En ligne, la revue Wildproject (www.wildproject.fr) croise les scènes françaises de l'écologie culturelle.

 

Cliquez sur l'image ci-dessous afin de découvrir la maison d'édition et la revue en ligne :

 

Cette série d'entretien est accompagné d'un documentaire : La Pratique Sauvage 

  La Pratique Sauvage est un documentaire sur le poète lauréat du prix Pulitzer Gary Snyder. Celui-ci est l’un des importants protagonistes de la beat generation aux côtés de Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Il a participé au mouvement pacifiste et à l’importation du bouddhisme Zen aux Etats-Unis. Cet intellectuel engagé est aussi le leader d’un mouvement pour le respect de l’environnement qui perçoit la nécessité d’une législation mais préconise le maintien d’un rapport direct au ″sauvage″, les populations indigènes, les animaux, les plantes, les ressources locales. Le documentaire qui emprunte son titre à un essai de Gary Snyder, La Pratique sauvage, est construit autour d’une longue conversation avec son ami, l’écrivain Jim Harrison. Les deux hommes discutent au cours d’une randonnée dans la nature préservée de la côte californienne. Ils débattent de tout, de Google à la philosophie Zen. Des images d’archives et des interviews d’amis de la beat generation ponctuent cette randonnée philosophique. On découvre que Gary Snyder est toujours aussi éloquent et que sa pensée est en phase avec des préoccupations actuelles notamment lorsqu’il défend l’écologie et le biorégionalisme, mouvement qui propose une approche politique, économique et culturelle basée sur les spécificités écologiques d'une région. La conversation passionnante et passionnée de deux intellectuels américains dans un documentaire qui mêle histoire sociale, philosophie et réflexion sur des sujets d’une grande actualité. 

 

The Practice of the Wild
Etats-Unis, 2009, 53 min., couleur

Réalisation : John J. Healey
Photo : Alison Kelly
Montage : Robin Lee
Interprètes : Gary Snyder, Jim Harrison

 

  

    Gary Snyder junto a Jim Harrison

ENTRETIEN: La poésie du monde sauvage : GARY SNYDER et JIM HARRISON Ecrivains. Propos recueillis par ELSA FERNÁNDEZ-SANTOS et IKER SEISDEDOS, journalistes au quotidien espagnol El Pais (09/05/2011). Traduction d'Olaf Vinklaf.

Rencontre avec deux fujitifs 'beatniks'

 Le premier est une légende "beat" qui a inspiré un roman de Kerouac. Le second est l'une des voix les plus originales des lettres américaines. On les retrouve dans le documentaire "La Pratique Sauvage". De passage à Madrid, ils nous parlent de littérature, d'amitié et de cet appel éternel qu'est celui de la nature.

  Si Jim Harrison est une force de la nature, Gary Snyder est la nature même. A eux deux, ils sont à l'image d'un vieux buffle qui se repose près d'une rivière éternelle. Deux torrents prédestinés à se compléter et à se comprendre. Les apôtres de la grande contre-culture, Snyder (San Francisco, 1930) et Harrison (Michigan, 1937) traversent ensemble le paysage de "La pratique de sauvage", un documentaire de John J. Healey.  Gary Snyder (poète emblématique de la Beat Generation qui a inspiré Les Clochards Célestes de Kerouac) et Jim Harrison, auteur des récits qui ont inspiré le film "Légendes d'automne".

Le bouddhisme a attiré Snyder au Japon et les nouvelles à succès de Jim Harrison lui ont ouvert les portes d'Hollywood. Les roches, les loups et les étoiles ont trouvé un écho dans ses voix. Snyder, poète de la terre à la gestuelle souple (il a étudié la philosophie zen pendant neuf ans en Asie) contraste avec la gravité de sa voix : "j'ai passé toute ma vie proche de la nature sauvage mais les êtres humains sont ma préoccupation principale. Je suis un naturaliste de ma propre espèce".

      Tous deux sont aussi proches des Beats que de "Walden" de Thoreau et cela fait un demi-siècle que ces deux hommes se connaissent. A l'époque, ils étaient alors deux jeunes poètes qui croyaient dur comme fer à la puissance du mot, à son pouvoir. A la première phrase prononcée nous nous rendons compte de l'incroyable moment que nous allons passer ensemble dans ce restaurant de Madrid... "Ma chienne est morte", se rappelle Harrison. "Un serpent l'a mordu à un oeil, le poison a attaqué le cerveau ... c'est alors que j'ai engagé un homme serpent, on les appelle de cette façon car ils chassent ces bêtes du diable, il en a tué environ mille tout autour de ma maison".

    Fotogram de La práctica de los salvaje

 

 P. Vous êtes tous deux la preuve vivante que la pratique sauvage est possible aux Etats-Unis...
Jim Harrison.
Évidemment. Il y a des jours, y compris des années brumeuses où les serpents ne descendent pas des montagnes. Mais lors des mois secs, il faut tuer ceux qui descendent, ce sont des mâles alfa. Dissuasion pure. Les morts ne reviennent pas ; et le reste n'ose pas.
Gary Snyder.
Il reste encore des terres relativement sauvages aux Etats-Unis. 80% des terres à l'ouest des Montagnes Rocheuses sont d'autorité publique. Tout le monde peut s'y rendre mais personne ne peut y rester.

P. Quelle est votre opinion sur l'éthique du film de Sean Penn, Into the wild ? Il présentait avec héroïsme l'histoire (vraie) d'un garçon qui se laissait mourir en Alaska, après avoir mené jusqu'au bout sa quête, à la recherche de son identité sauvage.
G. S.
Je connais l'histoire. Christopher McCandless était un pauvre gamin.
J. H.
J'ai autant de peine pour ce gamin que pour le type de "Grizzly man" de Werner Herzog, celui qui se laisse bouffer par un ours. Pourquoi mourrir quand on peut se laisser guider vers l'aval de la rivière. Choper un tronc d'arbre et se laisser dériver par le courant. Moi même l'ai fait. (Rires)

P. Et vous en avez réchappé?
J. H.
Je voulais juste rentrer chez moi pour l'heure du dîner.

P. C'est possible que ce gamin fusse une victime involontaire des idéaux véhiculés par des gens comme vous.
G. S. J'ai passé toute ma vie à tenir en respect la nature, enseignant aux autres à randonner par les sentiers balisés. Ce gamin était inconscient.

P. On ne peut nier que Jack Kerouac, Neal Cassidy et la plupart des Beatnicks furent responsables dans les années 60 du nombre de jeunes aventuriers assoiffés de liberté qui connurent une fin tragique...au bord des routes.
G. S.
C'est possible. Il était plus facile de faire de l'autostop qu'aujourd'hui. Les autoroutes ont mis un terme à cette manière de voyager. J'ai commencé à 18 ans. J'ai été de Portland à Manhattan. J'ai travaillé sur les quais et j'ai embarqué pour l'Amérique du Sud. De retour, je suis allé à Los Angeles, de là je suis remonté par la côte jusqu'en Oregón. Ça a été le premier d'une longue série de voyages, et ce n'était ni difficile ni dangereux. Dans les années 60, de nombreuses femmes voyageaient ainsi. Mais pour revenir à votre question, notre retour à la nature ne préconise pas de retourner aux racines jusqu'à en mourir. C'est un message aliénant. Il est clair que ce jeune souffrait de troubles psychologiques.


P. Que reste t-il de vos années beatniks? Vous, Gary Snyder et Lawrence Ferlinghetti, êtes les survivants de cette génération...
G. S.
L'autre jour, Lawrence a fêté ses 92 ans. Nous nous envoyons régulièrement des mails. Je le considère comme mon maître.
J. H.
Ce qui le maintient encore en vie, c'est sa fiancée âgée de 27 ans. Ce qui pourrait lui arriver de mal, c'est de prendre trop de drogues et de prendre la route, sac sur le dos. (Rires)

P. Il existe un cliché qui dit que le mouvement beatnik est un mouvement entièrement masculin.
G. S.
Ce sont eux qui le disent mais je crois qu'il était très féminin au contraire.

P. Ce n'est pas ce que laisse penser les films comme celui qui vient de sortir : Howl.
G. S.
Avez vous lu le livre "Beat women"? Il est étonnant. Le poète Joan Vallmer préserve toute une génération de ce cliché qui est celui d'une génération entièrement masculine. C'est un auteur exceptionnel. Il est de mon époque, de celle de Phillip Whalen et d'Allen Ginsberg. Il est évident que les gens qui ont fait ce mélange confus ne furent pas présent. Mais il ne faut pas s'en étonner. Par exemple, presque personne à New York ne connaît Whalen, enseignant zen et poète sensationnel, une des voix les plus intéressantes de toute cette génération.

P. Comment vous êtes vous rencontré tous les deux?
J. H.
C'était dans le Michigan, mon Dieu, il y a 40 ou 45 ans. Nous devions tous deux effectuer des lectures dans une école. Nous avons ensuite fini à la maison et avons bu pendant trois jours. J'avais 28 ans. Et toi, tu en avais sept de plus, non ? Ma fille était enchantée parce que tu la portais, tu disais que tes hauts le coeur dû à l'alcool passaient mieux avec elle dans les bras. Elle a désormais 50 ans, Gary!

P. Jim Harrison, vous étiez au tout début poète.
J. H.
Je me suis décidé à écrire des romans quand un jour, en chassant, je me suis blessé. Un ami m'a suggéré de profiter de cette convalescence pour en écrire. J'en ai écrit donc un en trois mois et l'éditeur me l'a acheté et j'ai pensé que je me devais de continuer à écrire autre que de la poésie. Depuis, je n'ai cessé d'écrire des fictions. Peut-être un peu trop...
G. S.
Trop de proses Jim, si tu veux mon avis. Personnellement, jamais je n'en fus capable, peut-être parce que je n'eus jamais d'accident.
J. H.
Parfois, je me dis que je devrais arrêter d'en écrire mais les français adorent mes romans. J'ai étudié la littérature comparative et jamais je n'ai réussi à comprendre pourquoi les russes, eux, adulent Jack London.

P. Vous êtes le Jerry Lewis de la littérature américaine?
J. H.
En plus de 37 fois que je suis venu en France, je n'ai jamais entendu personne me parler de Jerry Lewis. Quelle est l'origine de ces points communs? Ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus mais c'est le genre de merde qui vous colle au pied et qu'on ramène partout avec soit.

    Celui qui sait que par réaction à ces clichés , Harrison déteste être aussi comparé à Hemingway.

Il remue sur son siège et ressent d'un coup la nécessité impérieuse de fumer une de ces cigarettes naturelles de la marque American Spirit. Ce qui suit est une scène comique car la ministre de la Santé et ses gardes du corps sont entrain de déjeuner dans la salle à côté et Harrison, dégingandé muni de sa canne dont le visage rappelle celui d'un boucanier borgne reprend :

Je ne vois pas la moitié du monde; j'ai perdu mon oeil au Viet-putain-Nam ! » En réalité non, c'est suite à une bouteille lancée par un gamin.

G. S. Une chance que j'ai cessé de fumer. Ce fut grâce au LSD. Nous essayions d'examiner le fonds du problème d'alcoolisme d'un ami et nous avons pris un acide. J'ai perçu tant de parfums nouveaux que j'ai pensé que je devais arrêter le tabac pour pouvoir jouir de mes sens. Et depuis, je n'ai pas refumé.

P. Consommez-vous toujours des drogues?
G. S.
Si je vous réponds que oui, je vous mentirai et si je vous réponds par la négative, cela ne serait pas  la vérité non plus.

P. Avez-vous entendu parler du phénomène "Indignez-vous" de Stéphane Hessel? C'est assez insolite ce genre d'écrit de la part d'un vénérable nonangénaire. Trouvez vous des raisons à cette indignation?
J. H
.
Oui!
G. S.
… C'est beaucoup trop grave pour que l'on se mette en colère. On est déjà emmerdé avec des affaires de moindre importance. On manque beaucoup d'humour pour faire face à ce qui se passe. Parce que les choses vont mal. La fureur t'empêche te penser au milieu de tous ces problèmes. Comme disent les italiens : « un homme fâché ne pêche pas de poissons ».

P. Avez vous vécu des jours plus sombres?
G. S. Je n'ai pas autant vécu que ça pour vous le dire mais je peux fort bien imaginer que les choses fussent pires. D'après moi, il y a quelque chose chez Hessel qui ne me convainct pas. Cet homme a survécu à la seconde guerre mondiale, aux camps de concentration...Quel genre de survivant est-il? C'est bien de s'indigner mais cela ne résoud rien.

P. En tant qu'auteurs, vous vous êtes positionnés contre la tragédie que subirent les indiens d'Amérique, que pensez-vous du nom de code Géronimo donné par la CIA pour "l'opération Ben Laden"?
J. H.
Une honte
G.S
Une insulte. Pour le moment, la communauté n'a pas encore réagi mais elle le fera. Ils ont pour habitude de ne rien dire jusqu'au moment opportun où ils le feront.

P. Un conseil pour les nouvelles générations?
G. S.
Ils essayent de rompre avec la distinction mentale entre ce qui est séculaire et ce qui est sacré. Nous commençons à repenser l'histoire, à prendre conscience de nos origines. J'ai développé une théorie, le post humanisme, que je vais exprimer verbalement aujourd'hui pour la première fois : les êtres humains ne doivent pas se considérer supérieurs aux animaux. Cette théorie est ouverte à la certitude que nous ignorons ce que savent précisement les animaux.
J. H.
C'est quelque chose que je disais l'autre jour en France. Je ne suis pas un enfant de l'illustration, de sorte que, si je veux parler aux chiens et aux chats, je le ferai.

 

Propos recueillis par ELSA FERNÁNDEZ-SANTOS / IKER SEISDEDOS, journalistes au quotien espagnol El Pais (article paru le 09/05/2011)

Retrouvez cet entretien en cliquant sur ce lien :

http://www.elpais.com/articulo/cultura/camino/forajidos/beatnik/elpepicul/20110513elpepicul_1/Tes

 

 

  Illustration de Vince Larue

 

 

Retrouvez sur ce blog un article sur Jim Harrison, héritier de la Beat Generation 

en cliquant sur l'image ci-dessous : 

 

...ainsi qu'une biographie de Gary Snyder par Allen Ginsberg

en cliquant sur l'image ci-dessous:

 

 

  

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