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  • : Remontons dans le temps, en pleine période des Sixties où un seul groupe semble avoir atteint le statut de légende : Grateful Dead. Jerry Garcia (disparu en 1995) personnage emblématique du groupe, guitariste hors pair vous emmène sur les traces d'une époque hors du commun...
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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:32
Le Mot et le reste

        Le mot et le reste est une maison d'édition dont l'engagement éditorial est de fournir des éléments de réflexion sur le monde qui nous entoure et de faire circuler des textes littéraires ou poétiques libres de ton et de forme, mais aussi d’introduire des questionnements esthétiques, le tout sans enfermements.

    Résistance au gouvernement civilLe Mot et Le Reste est un éditeur militant qui ne fait pas que de la politique. Le simple fait de publier avec l’exigence de la qualité et le refus du chiffre est une démarche politique intransigeante.

- Propose des éléments de réflexion sur des choix de société. Les documents et témoignages mettent en perspective notre histoire récente ou plus lointaine, les essais portent un regard critique sur notre environnement et réalité sociale.

 - Publie des textes contemporains novateurs et inclassables, libres de tons, de formes diverses : poésie, nouvelles, fictions de langue française ou étrangère dont le dénominateur commun est l'exigence de l'écriture.

- Propose des livres d'artistes éclectiques, parfois drôles, de petits formats.

- C'est le lieu où un auteur décrit les émotions suscitées par l'écoute d'un 45 tours, d'un album, ou ressenties lors d'un concert, mais aussi le saisissement qui l'a pris à la vue d'une couverture de disque : le moment singulier d'une rencontre fondatrice avec la musique qui peut bouleverser toute une vie.

- C'est l'espace privilégié des esthétiques. Pluridisciplinaires - peinture, littérature, espace du livre, musique - les ouvrages, proposent une réflexion ouverte à toutes les formes d'art tout en créant des passerelles entres elles. L'analyse des musiques trouve ici le meilleur accueil. À l'exigence de la pensée, les auteurs - spécialistes du sujet, journalistes, universitaires - associent un propos accessible à tous. Les curieux comme les connaisseurs prendront plaisir à découvrir ces regards singuliers sur la création.

- Prolonge et valorise les partenariats avec des auteurs culturels extérieurs.

 

"L'hexagone est fermé, il faut le percer du dehors. Les Editions Le mot et le reste s'en occupe."

 

Au catalogue de l'éditeur :

 

 
BILL GRAHAM PRESENTE : UNE VIE ROCK'N'ROLL - GREENFIELD, ROBERT; GRAHAM, BILL - Culture et loisirs/Les arts et spectacles/Faune/CBill Graham - Robert Greenfield
Bill Graham présente : une vie rock’n’roll
Préface de Pete Townshend.
Traduit de l’anglais par Aymeric Leroy.
 
Enfant, Bill Graham a fui l’Europe pour échapper aux armées d’Hitler. Après avoir passé sa jeunesse dans les rues du Bronx puis dans les salles de restaurant des grands hôtels des Catskills, et tenté sa chance comme acteur, c’est à San Francisco qu’il ouvrira, à la veille du Summer of Love, le mythique Fillmore, où il fera connaître les grandes icônes rock de toute une génération – Jefferson Airplane, le Grateful Dead, Janis Joplin, Cream et bien d’autres encore.
Personnage complexe, adoré ou détesté, il est raconté ici par lui-même et par ceux qui l’ont connu ou cotoyé – Jerry Garcia, Keith Richards, Eric Clapton, Carlos Santana… – avec en toile de fond trois décennies de rock vécues au plus près de l’événement (les festivals de Monterey, Woodstock et Altamont, les tournées des Rolling Stones, le Live Aid…), jusqu’à sa tragique disparition en 1991.
Voici le portrait attachant et haut en couleurs de l’homme qui a inventé le rock business.
Né en 1946, Robert Greenfield vit en Californie. Ancien collaborateur du magazine Rolling Stone, spécialiste de la pop culture, il est l’auteur de biographies célèbres (Timothy Leary, Bill Graham, Jerry Garcia).
 
EXTRAIT:
BILL : Au cours des mois suivants, j’ai programmé toutes sortes de concerts au Filmore. J’ai fait venir Allen Ginsberg, Sopwith Camel, et la Mime Troupe pour un nouveau concert de soutien. On a passé La Barbe de Michael McClure, une pièce excellente que certains ont voulu interdire car ils la trouvaient obscène. A New-York, j’étais allé voir deux pièces en un acte de LeRoi Jone, The Toilet et The Dutchman. Seules au programme, elles auraient sans doute fait venir une douzaine de personnes maximum, alors je les ai programmés à la même affiche que les Byrds et ont a fait le plein.

 

 

San FranciscoSteven Jezo-Vannier
San Francisco
L’utopie libertaire des sixties
 
Cahier photos d’Alain Dister et de Bernard Plossu

San Francisco, été 1967. Le Summer of Love bat son plein et des milliers de jeunes arrivent par vagues de tous les États-Unis pour atteindre le quartier de Haight-Ashbury, le laboratoire de l’utopie libertaire des sixties. Fruit de la rencontre de l’activisme et de l’idéalisme d’une jeunesse révoltée, elle a pris forme en quelques années sous l’action des Beatniks, des Diggers, des Merry Pranksters, des Hippies, des Hell’s Angels, des artistes et de toutes les tribus du San Francisco psychédélique. Ces utopistes aspirent à bien plus que le traditionnel Peace and Love caricaturé par les clichés formatés des médias. Ils défendent la liberté, la gratuité, la spiritualité, l’autonomie, la solidarité et nombre de valeurs libertaires, dans la perspective d’un monde plus juste et plus harmonieux.

Ce livre revient sur la société alternative qui a vu le jour à San Francisco, fruit de l’émulsion de toutes ces tribus pourtant si dissemblables. De leurs imaginations et de leur capacité à vivre ensemble dans une utopie libertaire est né un monde qui continue de propager aujourd’hui ses initiatives contre le système dominant, proposant d’autres alternatives, notamment l’écologie, face à l’individualisme forcené.

Né en 1984, Steven Jezo-­Vannier est diplômé d’un Master de recherche spécialisé sur les identités culturelles et les processus d’altérité, il s’est consacré à l’univers rock et contre-culturel américain des années soixante.

 

 

Simon Reynolds - Rétromania

Comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur
Traduit de l’anglais par Jean-François Caro.
 
Revivals et remakes, culture pop revisitée, mode et musique vintages, retro ou hipster, samples à l’infini, recyclages à gogo et nostalgie écrasante… Il semble que la ” rétromania ” soit une des caractéristiques principales, si ce n’est le phénomène central, de la pop culture d’aujourd’hui, de la musique en particulier. Si la culture de la citation a toujours existé, à l’heure de You Tube, de l’I Pad et de l’Internet 2.0, elle a pris une importance jusqu’ici inégalée. Telle est la thèse présentée ici par Simon Reynolds. Et de s’interroger : ces formes de la nostalgie bloquent-elles le chemin à toute créativité ou bien nous retrouvons-nous nostalgiques précisément parce que notre époque viendrait à manquer d’élan créatif ?
Rétromania est un ouvrage de référence pour repenser un rock qui s’épuise à force de se parodier.
Né à Londres en 1963, Simon Reynolds est un des plus grands critiques de rock actuels. Après son immense Rip It Up and Start Again (" Déchire tout et recommence ") consacré à la décennie post-punk, il donne ici un ouvrage majeur dans lequel il passe au crible la musique de ces trente dernières années qui elle, plutôt que de faire table rase du passé, s’en inspire jusqu’à se vider de toute substance. Magistral.
  
EXTRAIT
Comme l’avançait l’essayiste Fred Davis en 1979 dans Yearning for Yesterday: A Sociology of Nostalgia, la culture de masse du passé a graduellement supplanté les événements politiques, tels que les guerres et les élections, comme chaîne et trame de la mémoire générationnellle. Ainsi, les souvenirs mélancoliques de la génération née dans les années trente ressurgissent avec les comédies diffusées à la radio et les retransmissions en direct, tandis que celle des années soixante et soixante-dix s’émouvra devant les programmes pop télévisés tels qu’American Bandstand et Soul Train, Ready Steady Go et Top of the Pops. Chez la génération suivante (dont un grand nombre fait désormais de la musique et des vagues), les éléments déclencheurs seront la modernité criarde et omniprésente des années quatre-vingt : les premières tentatives maladroites de vidéos artistiques diffusées sur MTV, les micro-ordinateurs et les bornes d’arcade dernier cri dont le primitivisme fait sourire aujourd’hui, accompagnés des mélodies allègrement robotiques, fluorescentes et synthétiques des musiques de jeux vidéos.

 

 

Beat HotelBarry Miles - Beat Hotel
Ginsberg, Burroughs et Corso à Paris, 1957-1963
  
Traduit de l’anglais par Alice Volatron.
 
Au coeur du quartier latin, rue Gît-le-cœur à Paris, un hôtel miteux a joué un rôle clé dans l’histoire de la littérature beat. C’est dans cet établissement, tenu d’une main de fer par Mme Rachou, que les écrivains américains beat, exilés volontaires d’un pays trop puritain pour recevoir leurs idées, ont trouvé refuge.
Allen Ginsberg, William Burroughs, Gregory Corso... tous y ont séjourné. Et ce petit hôtel de devenir l’épicentre du phénomène beat qui, entre New York, San Francisco, Mexico, Tanger, Amsterdam, Londres et Budapest, n’a pas simplement concerné les écrivains et artistes américains, mais toute la bohème internationale.
Cet ouvrage remarquablement bien documenté retrace avec brio les années parisiennes des grandes figures du beat. Il saisit l’aspect international de ce mouvement, les stratégies qui lui ont permis d’essaimer, et nous plonge dans le Paris populaire et interlope de cette époque, son souffle, ses voix aujourd’hui disparus.
Acteur incontournable du mouvement hippie, spécialiste de la contre-culture, Barry Miles, co-fondateur d’International Times et de la librairie galerie londonienne Indica, fait la connaissance d’Allen Ginsberg dans les années 1960. Il nouera une relation de travail et d’amitié au long cours avec lui.
Il est l’auteur de biographies d’importance (Charles Bukowski, Allen Ginsberg, Paul McCartney...).
  
EXTRAIT
Au printemps 1960, le début de la décennie la plus explosive en expérimentations culturelles depuis le tournant du siècle, les Beats vivant au Beat Hotel, avaient déjà ouvert la voie avec les routines, les cut-up, le stroboscope et la divination; ils avaient eu des visions et des hallucinations, avaient essayé le haschich, la marijuana, le Diosan, la codéine, la morphine et l’héroïne, et ils avaient participé à des orgies et à d’autres pratiques sexuelles qui étaient illégales et mal vues dans leurs pays d’origine. Depuis leur abri, le Beat Hotel, ils avaient tracé beaucoup des chemins que la “génération sixties” allait emprunter : l’usage récréatif de drogues et les expériences psychédéliques; les recherches sur la magie et le mysticisme sous toutes ses formes; les droits des gays et la liberté homosexuelle pour les jeunes, ainsi que la légalisation de la “pornographie” et la contestation des lois sur l’obscénité. Ce n’était pas tout à fait sexe, drogues et rock’n’roll (le rock’n’roll en était à ses balbutiements) mais leurs expériences furent certainement à l’origine de ce qui a suivi.

 

 

WaldenHenry D.Thoreau
Walden
Nouvelle traduction de Brice Matthieussent
Préface de Jim Harrison
Notes et postface de Michel Granger
 
Tant apprécié par Proust et par Gide qui tous deux envisagèrent de le traduire, le chef-d’œuvre littéraire de Henry D. Thoreau n’a jamais obtenu la traduction en français qui rendrait justice à sa richesse et à sa complexité. Rédigé à partir d’une conférence donnée pour expliquer le sens de son séjour dans les bois de Concord (Massachusetts), l’essai a été longuement retravaillé entre 1847 et 1854. Il a été réécrit 8 fois, chaque nouvelle version bénéficiant d’ajouts empruntés au Journal et de formulations plus proches de ce que Thoreau cherchait à dire au sujet de son immersion dans la nature, de son refus de la tradition tout autant que du monde moderne.
Le ton employé par cette figure excentrique de la littérature américaine est volontiers provocateur lorsqu’il exprime son refus d’une société trop préoccupée de commerce et d’argent. Thoreau ne veut pas une communication simple, univoque, mais joue sur les mots, retrouve des sens oubliés, voire imagine une étymologie, afin de faire entendre bien plus que le sens commun, au risque d’une obscurité qu’il accepte, si c’est le prix à payer pour s’approcher au plus près de sa vérité intime. C’est dire que cette œuvre longuement mûrie s’est forgé une langue noueuse, surchargée d’intertextualité et d’allusions culturelles à la vie du XIXe siècle américain et qu’elle est parfois difficile à interpréter.
La pensée étonnament moderne de Thoreau, concernant la résistance vitale de l’individu aux empiètements de la société et la nécessité de garder le contact avec la nature, mérite d’être portée à la connaissance du public francophone : cela ne peut se faire qu’avec une traduction qui rende justice à la qualité et à la densité du texte de Walden.
Michel Granger (spécialiste de Henry D. Thoreau)

 

 

En route vers WoodstockJean-Marc Bel
En route vers Woodstock
De Kerouac à Dylan, la longue marche des babyboomers
Les 15, 16 et 17 août 1969 se tenait le festival de Woodstock, The Woodstock Music & Art Fair, également dénommé par ses promoteurs « Aquarian Exposition ». Cinq cent mille spectateurs allaient pendant trois jours être les acteurs d’un rassemblement unique, et qu’ils savaient déjà à nul autre semblable. Pourtant rien ne supposait ce succès d’un festival qui ne devait avoir lieu. […] Les habitants de Woodstock, pourtant lieu de résidence de Bob Dylan, du Band et de Janis Joplin, ne voulaient pas d’un festival rock et surtout, ne souhaitaient pas recevoir ces jeunes hippies chez eux. […]
Que se passait-il donc en Amérique pour qu’une région s’effrayât ainsi et qu’il ne se trouvât -personne, à moins de cent kilomètres à la ronde, pour accueillir un festival qui promettait trois jours de musique et de paix_? La paix plus que la musique semblait justement le problème_; pendant que cinq cent mille jeunes convergeait vers Woodstock, créant le plus grand embouteillage que l’Amérique ait alors jamais connu, cinq cent mille autres, aux antipodes, étaient embourbés dans les rizières et la jungle vietnamiennes.
Né en 1947, Jean-Marc Bel a fait carrière dans le monde du spectacle et de l’édition musicale en tant qu’éditeur et réalisateur de DVD. Il est décédé accidentellement en 2005.

 

 

 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 22:50

 

I hear a very gentle sound
With your ear down to the ground
We want the world and we want it...
We want the world and we want it...
Now
Now?
Now!

"When the music is over." The Doors


Ces paroles servent de socle à ce livre de Claude Chastagner. Des paroles qui symbolisent l'émergence d'une nouvelle culture (qui a vu le jour avec les premiers "rebelles" : Elvis, J.Dean, M.Brando puis s'est développée de manière plus expressive et revendicative lors de la guerre du Vietnam, des grands rassemblements comme le festival de Woodstock avec guitares et basses euphoriques branchées sur amplis).

Entre l'enfance et l'âge adulte, les baby boomers découvrent l'adolescence, ce besoin de s'exprimer, de renverser, d'inverser l'ordre établi...la guitare devient l'ennemi des adultes, des parents, de ceux qui ont le monopole de l'ordre moral...

Guitare : instrument rebelle par excellence qui rassemble toutes les classes sociales. Le rock est une musique rebelle donc qui amène la révolte (The Who - Won't Get Fooled Again, MC5 - Out The Jams, The Rolling Stones - Street Fighting Man) et la guitare en devenant électrique, ce sont les émotions, les attentes, ce besoin de s'exprimer tel un cri, qui surgissent..."Pas de compromis, fini le conformisme".

Tel est le message exprimé par cette génération. C'est le temps de l'émancipation, des contestations à base de slogans.

Jim Morrison l'exprime dans ces paroles mais cette rebellion soulève des interrogations :

Comment allons nous changer la donne, comment allons nous changer le monde? Nous assistons à un réel  besoin de tout posséder, de profiter de tout, de consommer...Le rêve d'une nouvelle société voit le jour. Oui mais...

 

 

 



...cette rebellion représente aussi l'ambiguïté de cette culture, que l'on appelle désormais contre culture où le rock'n'roll devient le Rock. Demander le monde tout de suite va de pair avec ce besoin de consommation, une certaine forme de jouissance matérielle...et pourquoi tout le monde n'en profiterait pas, hein? Car si aujourd'hui, nous évoluons dans une société capitaliste, C.Chastagner nous le rappelle :

le rock et le capitalisme se rejoignent sur ce besoin de modernité car au final ils sont indissociables. La modernité, c'est transgresser, c'est se rebeller, c'est bouger!!! Et un slogan, un!!! La publicité a trouvé son nouveau créneau.

 Le rock s'exprime, fait vendre et les baby boomers qui représentent des consommateurs potentiels en masse sur un marché porteur, sont donc la cible principale des entrepreneurs, publicitaires, multinationales...et c'est parti!!! On parle alors de récupération, le rock n'a plus le monopole de ses slogans, de ces concepts et chacun est gagnant : publicité, promotion...La révolte devient alors une activité lucrative. Et oui, la rebellion rapporte "à condition qu'elle reste une image, un spectacle" nous rappelle C.Chastagner. On parle alors au sein de la culture rock d'une relation décomplexée à l'argent, à la consommation et au capitalisme. Le Star System est né. 

    
Claude Chastagner nous expose d'ailleurs dans cet essai deux courants qui s'opposent. D'un côté, les radicaux mettant le doigt sur cette nécessité de changer le monde, persuadés que de ce partage de culture rock peut émerger le progrès social. D'un autre coté, les post modernistes dénonçant cette récupération où tout désir de changement est vain. Les multinationales du disque ont récupéré les slogans rock. "Le rocker a succombé à cet appât, celui de l'argent, de la gloire."

Mais ces deux courants ainsi exprimés, l'auteur veut croire à une autre lecture du rock car il doit bien exister des interstices.


Des interstices? Selon Chastagner, "être dans l'interstice, c'est se glisser par effraction dans les modes établis de représentation pour les subvertir (renverser) et proposer des possibilités de vie nouvelles, des rapports au monde inédit." Et d'après lui, il existe des artistes dans l'interstice...car le véritable artiste rebelle, celui qui lutte vraiment contre l'ordre établi, celui qui est autant dans le plaisir immédiat que dans la critique, celui qui symbolise vraiment la résistance...est celui qui s'invente une relation personnelle au monde.

L'auteur prend l'exemple de Frank Zappa et un de ces morceaux "Do you like my new car", mélange d'absurde, d'humour décapant, parfois graveleux mais c'est surtout cette hilarante satire sociale chez Zappa qui le différencie, souligne Chastagner.

Cette nouvelle lecture du rock que nous propose l'auteur est intéressante car il nous explique, en autre la différence entre cri et slogan. Au début du livre, le cri est analysé comme un slogan, ensuite que ce cri fait vendre et dans le dernier chapitre, il nous explique qu'il existe une profonde différence entre cri et slogan quand on y réfléchit bien, quand on le médite...tenterions nous de dire. Ce dernier chapitre vaut à lui seul le détour car après avoir exposé, défini la culture rock, son développement, son ambiguïté, sa récupération commerciale, sa participation à l'avénement du capitalisme, à l'échange marchand...l'auteur nous expose enfin sa vision. "Ce qui est en jeu est de l'ordre du personnel et de l'individuel".  Il faut inventer une relation personnelle au monde nous dit Chastagner...et peut-être pas forcément le vouloir, le posséder.

 

 

  Ce livre bouscule pas mal d'idées reçues sur le rock.

 L'auteur s'intéresse au phénomène qui se propage, celui des musées où de nombreuses expositions sur la musique voient le jour, on parle d'institutionnalisation de la musique "qui est une façon de faire taire" d'après l'auteur. Le vrai problème nous dit Chastagner est que

les premiers à vouloir défendre cette institutionnalisation de la musique et à la faire parler, à s'exprimer sont aussi les premiers à l'embaumer et "embaumer, c'est tuer".

L'auteur consacre un chapitre tout aussi intéressant sur le rapprochement entre rock et pop art car ce dernier va permettre au premier de se construire une image, donner forme à son esprit rebelle mais on y retrouve les mêmes mécanismes, ambiguïtés et interrogations, analyse Chastagner. Le Pop art veut dénoncer mais sa production artistique est dédiée au matérialisme, à la consommation. Le message ne semble plus très clair, il en va de même pour le rock, une logique commerciale s'empare de l'artiste quelqu'il soit.

Ce livre est donc un essai sociologique où la culture rock est analysée en long, en large et en travers. L'auteur a parfois tendance à partir dans de grands discours avec un vocabulaire bien recherché. En lisant "De la culture rock", mes longues heures de cours de Sciences Economiques et Sociales au lycée me sont revenues en mémoire. Et oui, Claude Chastagner est professeur et ça se remarque. Mais on a le plaisir à le lire, surtout lorsqu'il analyse la pochette d'album de "Sergent's Pepper Lonely Hearts Club Band" des Beatles, lorsqu'il chronique l'abum 666 d'Aphrodite's Child. Et comme dit précedemment, le dernier chapitre "Interstices" est terriblement attendu tout au long du livre. Claude Chastagner redéfinit le terme Rebellion, pose un regard lucide sur la culture rock en finissant par cette citation de Frank Zappa qui résume bien son point de vue : 

  "Sans transgression de la norme, il n'y a pas de progrès possible. Mais avant de chercher à transgresser efficacement, on doit au moins s'être familiarisé avec la règle, avec la norme dont on veut s'écarter." Frank Zappa

 

 

Le mot de l'Editeur : La lecture classique de la « culture rock » est soit qu’elle constitue une des ultimes formes de résistance aux forces du marché, soit que son image rebelle a été récupérée par la publicité et le commerce. Cet ouvrage avance une troisième interprétation : la dimension rebelle de la culture rock a favorisé l’émergence de nouvelles formes de capitalisme. La démonstration s’appuie sur l’ambiguïté des stratégies rock (slogans, sons, images) et celle d’artistes spécifiques (Zappa, Aphrodite’s Child, etc.) et sur le rôle des musées du rock ou du téléchargement illégal. L’auteur analyse les points communs entre les idéaux et modalités de fonctionnement de la culture rock (provocation, transgression, indifférenciation) et ceux de l’organisation économique capitaliste, avant de tracer un parallèle entre la culture rock, mai 68 et le pop art. Sont également convoquées les théories de René Girard, Luc Boltanski et Ève Chiapello, et Jean-Claude Michéa.

 

TABLE DES MATIERES

Le nouveau monde

Rebelles

Slogans

Le bruit et la fureur

Guitares

Pop

Musées

L'argent

L'artiste et le marchand

L'indifférence

Interstices

Claude Chastagner est professeur de civilisation américaine. Il enseigne en filières LEA comme LLCER Il est spécialiste de culture populaire, de musique en particulier. Sa thèse de doctorat analysait le fonctionnement rituel, sacrificiel de la musique rock. Il a depuis publié de nombreux articles sur les différents styles musicaux anglo-américains et dirigé plusieurs numéros spéciaux de revues (RFEA, Cahiers Edouardiens et Victoriens).

Il est l’auteur de La Loi du rock : ambivalence et sacrifice dans la musique populaire anglo-américaine et de The American Dream, American Popular Music et de nombreuses traductions (Tennessee Williams, Avishai Margalit, Ian Buruma, Gil Bailie...)

 
 
Vous désirez connaître la face cachée du festival de Woodstock de 1969? Un quiz vous attend, cliquez sur l'image ci-dessous :
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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 12:26

Le 22 septembre 2011 sortira en France "Aristocrates Sauvages" édité par Wildproject Editions.

Le poète américain Gary Snyder, emblème de la transition historique entre le mouvement beatnik et la pensée écologiste, échange avec son ami le romancier Jim Harrison sur ses dix années d'apprentissage du Zen au Japon. Cette série d’entretiens autobiographiques se déroule au milieu des montagnes de Santa Lucia, sur la côte Pacifique de la Californie. Ces deux géants de la littérature partagent et confrontent leurs conceptions du sauvage, du zen, de l’animalité et de la poésie.     

 

EXTRAIT

(www.wildproject.fr)

 Zen et poésie
Conversation avec Gary Snyder et Jim Harrison

  

« C’est dans la forme du monde entier que le Soi se déploie. Qui a bien pu dire aux gens que le mot “esprit” signifie pensées, opinions, idées ou concepts ? L’esprit, ce sont les arbres, les piquets des clôtures, les tuiles et les herbes. »Dōgen Zenji

 

GARY SNYDER : Il y a une vieille anecdote zen, « Mieux vaut ne pas savoir ». Daowu demande à Shitou : « Qu’y a-t-il de plus important ? » Shitou répond : « Mieux vaut ne pas savoir. » Daowu ajoute : « N’y a-t-il rien de plus que cela ? » Shitou répond : « Le ciel vide n’entrave pas le passage des nuages. »
Voici le Taiheiyō oriental, autrement dit, le Pacifique Est. Nous sommes à la lisière de l’Orient. Où allons-nous à présent ? Tout naturellement, nous regardons vers l’ouest, c’est-à-dire vers l’orient. Voilà où nous allons. C’est ma façon de voir les choses.
Nous nous trouvons aujourd’hui sur le rivage océanique et cette forêt est probablement en grande partie allogène – notamment pour ce qui est des eucalyptus.

...

 Pour dépasser la dichotomie entre le sauvage et le civilisé,
il faut d’abord se résoudre à être entiers. »
G. Snyder, La Pratique sauvage, « L’étiquette de la liberté »

GS : Au cours de notre escapade sur les flancs du Matterhorn, on a dû passer une nuit à la belle étoile. Comme il faisait très froid, on a allumé un feu. Il y avait un énorme rocher derrière nous qui nous renvoyait la chaleur. Et quand la température a chuté en dessous de zéro, j’ai entendu des animaux, peut-être des cerfs, bouger au seuil de l’obscurité qui nous enveloppait. J’ai avancé pas à pas, tout doucement, m’éloignant de la chaleur et de la lueur et pénétrant dans le froid et l’obscurité. Je sentais leur présence. Et je me suis dit : « Ah, c’est comme l’art ! »

JH : C’est génial quand une métaphore te vient à l’esprit comme ça.
...



Pour lire la suite de cet extrait, cliquez sur l'image ci-dessous :

 

 

...et découvrez Wildproject Editions

Fondée en 2008 par Baptiste Lanaspeze, Wildproject est une maison d'édition indépendante qui se consacre aux idées émergentes, et en particulier à l'écologie dans sa dimension culturelle.
En proposant de réformer notre conception de la nature et d'interroger notre projet de civilisation, l'éthique environnementale constitue, depuis trente ans, un petit laboratoire intellectuel pour le moins ambitieux. Au moment où en France, les mondes de la science, de l'art et de la recherche s'ouvrent à ces idées nouvelles, Wildproject veut contribuer à leur découverte et à leur développement.

A partir de la collection fondatrice '"Domaine sauvage" (essais), Wildproject développe en 2011 et en 2012 4 nouvelles collections: "Tête nue" (littérature), "Sur le vif" (documents), "Petit panthéon" (portraits), "Nature contemporaine" (art contemporain).

En ligne, la revue Wildproject (www.wildproject.fr) croise les scènes françaises de l'écologie culturelle.

 

Cliquez sur l'image ci-dessous afin de découvrir la maison d'édition et la revue en ligne :

 

Cette série d'entretien est accompagné d'un documentaire : La Pratique Sauvage 

  La Pratique Sauvage est un documentaire sur le poète lauréat du prix Pulitzer Gary Snyder. Celui-ci est l’un des importants protagonistes de la beat generation aux côtés de Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Il a participé au mouvement pacifiste et à l’importation du bouddhisme Zen aux Etats-Unis. Cet intellectuel engagé est aussi le leader d’un mouvement pour le respect de l’environnement qui perçoit la nécessité d’une législation mais préconise le maintien d’un rapport direct au ″sauvage″, les populations indigènes, les animaux, les plantes, les ressources locales. Le documentaire qui emprunte son titre à un essai de Gary Snyder, La Pratique sauvage, est construit autour d’une longue conversation avec son ami, l’écrivain Jim Harrison. Les deux hommes discutent au cours d’une randonnée dans la nature préservée de la côte californienne. Ils débattent de tout, de Google à la philosophie Zen. Des images d’archives et des interviews d’amis de la beat generation ponctuent cette randonnée philosophique. On découvre que Gary Snyder est toujours aussi éloquent et que sa pensée est en phase avec des préoccupations actuelles notamment lorsqu’il défend l’écologie et le biorégionalisme, mouvement qui propose une approche politique, économique et culturelle basée sur les spécificités écologiques d'une région. La conversation passionnante et passionnée de deux intellectuels américains dans un documentaire qui mêle histoire sociale, philosophie et réflexion sur des sujets d’une grande actualité. 

 

The Practice of the Wild
Etats-Unis, 2009, 53 min., couleur

Réalisation : John J. Healey
Photo : Alison Kelly
Montage : Robin Lee
Interprètes : Gary Snyder, Jim Harrison

 

  

    Gary Snyder junto a Jim Harrison

ENTRETIEN: La poésie du monde sauvage : GARY SNYDER et JIM HARRISON Ecrivains. Propos recueillis par ELSA FERNÁNDEZ-SANTOS et IKER SEISDEDOS, journalistes au quotidien espagnol El Pais (09/05/2011). Traduction d'Olaf Vinklaf.

Rencontre avec deux fujitifs 'beatniks'

 Le premier est une légende "beat" qui a inspiré un roman de Kerouac. Le second est l'une des voix les plus originales des lettres américaines. On les retrouve dans le documentaire "La Pratique Sauvage". De passage à Madrid, ils nous parlent de littérature, d'amitié et de cet appel éternel qu'est celui de la nature.

  Si Jim Harrison est une force de la nature, Gary Snyder est la nature même. A eux deux, ils sont à l'image d'un vieux buffle qui se repose près d'une rivière éternelle. Deux torrents prédestinés à se compléter et à se comprendre. Les apôtres de la grande contre-culture, Snyder (San Francisco, 1930) et Harrison (Michigan, 1937) traversent ensemble le paysage de "La pratique de sauvage", un documentaire de John J. Healey.  Gary Snyder (poète emblématique de la Beat Generation qui a inspiré Les Clochards Célestes de Kerouac) et Jim Harrison, auteur des récits qui ont inspiré le film "Légendes d'automne".

Le bouddhisme a attiré Snyder au Japon et les nouvelles à succès de Jim Harrison lui ont ouvert les portes d'Hollywood. Les roches, les loups et les étoiles ont trouvé un écho dans ses voix. Snyder, poète de la terre à la gestuelle souple (il a étudié la philosophie zen pendant neuf ans en Asie) contraste avec la gravité de sa voix : "j'ai passé toute ma vie proche de la nature sauvage mais les êtres humains sont ma préoccupation principale. Je suis un naturaliste de ma propre espèce".

      Tous deux sont aussi proches des Beats que de "Walden" de Thoreau et cela fait un demi-siècle que ces deux hommes se connaissent. A l'époque, ils étaient alors deux jeunes poètes qui croyaient dur comme fer à la puissance du mot, à son pouvoir. A la première phrase prononcée nous nous rendons compte de l'incroyable moment que nous allons passer ensemble dans ce restaurant de Madrid... "Ma chienne est morte", se rappelle Harrison. "Un serpent l'a mordu à un oeil, le poison a attaqué le cerveau ... c'est alors que j'ai engagé un homme serpent, on les appelle de cette façon car ils chassent ces bêtes du diable, il en a tué environ mille tout autour de ma maison".

    Fotogram de La práctica de los salvaje

 

 P. Vous êtes tous deux la preuve vivante que la pratique sauvage est possible aux Etats-Unis...
Jim Harrison.
Évidemment. Il y a des jours, y compris des années brumeuses où les serpents ne descendent pas des montagnes. Mais lors des mois secs, il faut tuer ceux qui descendent, ce sont des mâles alfa. Dissuasion pure. Les morts ne reviennent pas ; et le reste n'ose pas.
Gary Snyder.
Il reste encore des terres relativement sauvages aux Etats-Unis. 80% des terres à l'ouest des Montagnes Rocheuses sont d'autorité publique. Tout le monde peut s'y rendre mais personne ne peut y rester.

P. Quelle est votre opinion sur l'éthique du film de Sean Penn, Into the wild ? Il présentait avec héroïsme l'histoire (vraie) d'un garçon qui se laissait mourir en Alaska, après avoir mené jusqu'au bout sa quête, à la recherche de son identité sauvage.
G. S.
Je connais l'histoire. Christopher McCandless était un pauvre gamin.
J. H.
J'ai autant de peine pour ce gamin que pour le type de "Grizzly man" de Werner Herzog, celui qui se laisse bouffer par un ours. Pourquoi mourrir quand on peut se laisser guider vers l'aval de la rivière. Choper un tronc d'arbre et se laisser dériver par le courant. Moi même l'ai fait. (Rires)

P. Et vous en avez réchappé?
J. H.
Je voulais juste rentrer chez moi pour l'heure du dîner.

P. C'est possible que ce gamin fusse une victime involontaire des idéaux véhiculés par des gens comme vous.
G. S. J'ai passé toute ma vie à tenir en respect la nature, enseignant aux autres à randonner par les sentiers balisés. Ce gamin était inconscient.

P. On ne peut nier que Jack Kerouac, Neal Cassidy et la plupart des Beatnicks furent responsables dans les années 60 du nombre de jeunes aventuriers assoiffés de liberté qui connurent une fin tragique...au bord des routes.
G. S.
C'est possible. Il était plus facile de faire de l'autostop qu'aujourd'hui. Les autoroutes ont mis un terme à cette manière de voyager. J'ai commencé à 18 ans. J'ai été de Portland à Manhattan. J'ai travaillé sur les quais et j'ai embarqué pour l'Amérique du Sud. De retour, je suis allé à Los Angeles, de là je suis remonté par la côte jusqu'en Oregón. Ça a été le premier d'une longue série de voyages, et ce n'était ni difficile ni dangereux. Dans les années 60, de nombreuses femmes voyageaient ainsi. Mais pour revenir à votre question, notre retour à la nature ne préconise pas de retourner aux racines jusqu'à en mourir. C'est un message aliénant. Il est clair que ce jeune souffrait de troubles psychologiques.


P. Que reste t-il de vos années beatniks? Vous, Gary Snyder et Lawrence Ferlinghetti, êtes les survivants de cette génération...
G. S.
L'autre jour, Lawrence a fêté ses 92 ans. Nous nous envoyons régulièrement des mails. Je le considère comme mon maître.
J. H.
Ce qui le maintient encore en vie, c'est sa fiancée âgée de 27 ans. Ce qui pourrait lui arriver de mal, c'est de prendre trop de drogues et de prendre la route, sac sur le dos. (Rires)

P. Il existe un cliché qui dit que le mouvement beatnik est un mouvement entièrement masculin.
G. S.
Ce sont eux qui le disent mais je crois qu'il était très féminin au contraire.

P. Ce n'est pas ce que laisse penser les films comme celui qui vient de sortir : Howl.
G. S.
Avez vous lu le livre "Beat women"? Il est étonnant. Le poète Joan Vallmer préserve toute une génération de ce cliché qui est celui d'une génération entièrement masculine. C'est un auteur exceptionnel. Il est de mon époque, de celle de Phillip Whalen et d'Allen Ginsberg. Il est évident que les gens qui ont fait ce mélange confus ne furent pas présent. Mais il ne faut pas s'en étonner. Par exemple, presque personne à New York ne connaît Whalen, enseignant zen et poète sensationnel, une des voix les plus intéressantes de toute cette génération.

P. Comment vous êtes vous rencontré tous les deux?
J. H.
C'était dans le Michigan, mon Dieu, il y a 40 ou 45 ans. Nous devions tous deux effectuer des lectures dans une école. Nous avons ensuite fini à la maison et avons bu pendant trois jours. J'avais 28 ans. Et toi, tu en avais sept de plus, non ? Ma fille était enchantée parce que tu la portais, tu disais que tes hauts le coeur dû à l'alcool passaient mieux avec elle dans les bras. Elle a désormais 50 ans, Gary!

P. Jim Harrison, vous étiez au tout début poète.
J. H.
Je me suis décidé à écrire des romans quand un jour, en chassant, je me suis blessé. Un ami m'a suggéré de profiter de cette convalescence pour en écrire. J'en ai écrit donc un en trois mois et l'éditeur me l'a acheté et j'ai pensé que je me devais de continuer à écrire autre que de la poésie. Depuis, je n'ai cessé d'écrire des fictions. Peut-être un peu trop...
G. S.
Trop de proses Jim, si tu veux mon avis. Personnellement, jamais je n'en fus capable, peut-être parce que je n'eus jamais d'accident.
J. H.
Parfois, je me dis que je devrais arrêter d'en écrire mais les français adorent mes romans. J'ai étudié la littérature comparative et jamais je n'ai réussi à comprendre pourquoi les russes, eux, adulent Jack London.

P. Vous êtes le Jerry Lewis de la littérature américaine?
J. H.
En plus de 37 fois que je suis venu en France, je n'ai jamais entendu personne me parler de Jerry Lewis. Quelle est l'origine de ces points communs? Ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus mais c'est le genre de merde qui vous colle au pied et qu'on ramène partout avec soit.

    Celui qui sait que par réaction à ces clichés , Harrison déteste être aussi comparé à Hemingway.

Il remue sur son siège et ressent d'un coup la nécessité impérieuse de fumer une de ces cigarettes naturelles de la marque American Spirit. Ce qui suit est une scène comique car la ministre de la Santé et ses gardes du corps sont entrain de déjeuner dans la salle à côté et Harrison, dégingandé muni de sa canne dont le visage rappelle celui d'un boucanier borgne reprend :

Je ne vois pas la moitié du monde; j'ai perdu mon oeil au Viet-putain-Nam ! » En réalité non, c'est suite à une bouteille lancée par un gamin.

G. S. Une chance que j'ai cessé de fumer. Ce fut grâce au LSD. Nous essayions d'examiner le fonds du problème d'alcoolisme d'un ami et nous avons pris un acide. J'ai perçu tant de parfums nouveaux que j'ai pensé que je devais arrêter le tabac pour pouvoir jouir de mes sens. Et depuis, je n'ai pas refumé.

P. Consommez-vous toujours des drogues?
G. S.
Si je vous réponds que oui, je vous mentirai et si je vous réponds par la négative, cela ne serait pas  la vérité non plus.

P. Avez-vous entendu parler du phénomène "Indignez-vous" de Stéphane Hessel? C'est assez insolite ce genre d'écrit de la part d'un vénérable nonangénaire. Trouvez vous des raisons à cette indignation?
J. H
.
Oui!
G. S.
… C'est beaucoup trop grave pour que l'on se mette en colère. On est déjà emmerdé avec des affaires de moindre importance. On manque beaucoup d'humour pour faire face à ce qui se passe. Parce que les choses vont mal. La fureur t'empêche te penser au milieu de tous ces problèmes. Comme disent les italiens : « un homme fâché ne pêche pas de poissons ».

P. Avez vous vécu des jours plus sombres?
G. S. Je n'ai pas autant vécu que ça pour vous le dire mais je peux fort bien imaginer que les choses fussent pires. D'après moi, il y a quelque chose chez Hessel qui ne me convainct pas. Cet homme a survécu à la seconde guerre mondiale, aux camps de concentration...Quel genre de survivant est-il? C'est bien de s'indigner mais cela ne résoud rien.

P. En tant qu'auteurs, vous vous êtes positionnés contre la tragédie que subirent les indiens d'Amérique, que pensez-vous du nom de code Géronimo donné par la CIA pour "l'opération Ben Laden"?
J. H.
Une honte
G.S
Une insulte. Pour le moment, la communauté n'a pas encore réagi mais elle le fera. Ils ont pour habitude de ne rien dire jusqu'au moment opportun où ils le feront.

P. Un conseil pour les nouvelles générations?
G. S.
Ils essayent de rompre avec la distinction mentale entre ce qui est séculaire et ce qui est sacré. Nous commençons à repenser l'histoire, à prendre conscience de nos origines. J'ai développé une théorie, le post humanisme, que je vais exprimer verbalement aujourd'hui pour la première fois : les êtres humains ne doivent pas se considérer supérieurs aux animaux. Cette théorie est ouverte à la certitude que nous ignorons ce que savent précisement les animaux.
J. H.
C'est quelque chose que je disais l'autre jour en France. Je ne suis pas un enfant de l'illustration, de sorte que, si je veux parler aux chiens et aux chats, je le ferai.

 

Propos recueillis par ELSA FERNÁNDEZ-SANTOS / IKER SEISDEDOS, journalistes au quotien espagnol El Pais (article paru le 09/05/2011)

Retrouvez cet entretien en cliquant sur ce lien :

http://www.elpais.com/articulo/cultura/camino/forajidos/beatnik/elpepicul/20110513elpepicul_1/Tes

 

 

  Illustration de Vince Larue

 

 

Retrouvez sur ce blog un article sur Jim Harrison, héritier de la Beat Generation 

en cliquant sur l'image ci-dessous : 

 

...ainsi qu'une biographie de Gary Snyder par Allen Ginsberg

en cliquant sur l'image ci-dessous:

 

 

  

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 19:30

"Les hôpitaux, les prisons et les putes, telles sont les universités de la vie. J'ai passé plusieurs licences, vous pouvez me donner du Monsieur."

Charles Bukowski (16 août 1920 - 9 mars 1994)





Bukowski chez Bernard Pivot (Apostrophe 1978)
 



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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:05

"Voir, les ensiegnements d'un sorcier Yaqui" (1971)


Un jeune ethnologue de l'Université de Californie décide de consacrer sa thèse aux plantes hallucinogènes du Mexique. Il rencontre un vieux sorcier Yaqui. C'est le début d'une longue initiation destinée à faire de l'apprenti un " homme de connaissance ". Tournant résolument le dos à toutes les modes douteuses d'initiation ésotérique, cette extraordinaire expérience est le récit d'un dur combat pour désapprendre quelques millénaires de " sagesse " occidentale.




...la suite : "Le voyage à Ixtlan, les leçons de Don Juan" (1972)

"En toi rien n'a vraiment changé." Ainsi se terminait le précédent livre de Carlos Castaneda, Voir (Les enseignements d'un sorcier yaqui). C'est le même sorcier indien, don Juan Matus, qui constitue la figure centrale du Voyage à Ixtlan. Deux conceptions du monde s'affrontent ici. Elles ont pour enjeu la conscience de l'auteur qui se voit soumis à un déconditionnement intensif, auquel il se prête avec curiosité, tout en s'efforçant de comprendre ce qui lui arrive. Ainsi s'opère une initiation déroutante à la faveur de laquelle l'Occidental pénètre toujours plus profondément dans le monde mental de son guide. Initiation qui ne va pas sans rébellion, scepticisme et repentirs, sans parler des terribles angoisses qu'elle impose au néophyte. Initiation qui se poursuivra pendant dix ans et prendra fin sur une illumination qui forme la dernière partie du livre.



Dans ses ouvrages, Carlos Castaneda fait le récit de son initiation, par un certain don Juan Matus, au savoir des chamans du Mexique ancien. Pendant plus de dix ans, il a rendu de nombreuses visites au sorcier et à son clan, constitué d'hommes et de femmes tous impliqués entièrement dans la quête, notamment, d'un but abstrait défini par les « voyants » de leur lignée : la liberté absolue ou la possibilité de conserver intacte leur conscience dans l'au-delà.

Carlos Castaneda décrit son immersion dans le monde de don Juan sur une longue période — période qui trouve son paroxysme au moment où don Juan Matus et son clan décident de quitter ce monde, laissant derrière eux une nouvelle génération d'apprentis, à leur tour entièrement impliqués dans la quête de la liberté absolue.

Le résultat de cet apparent effort de reconstitution et de clarification est à présent connu sous deux formes : ses ouvrages, puis la pratique de la « tenségrité ». Ses ouvrages font état d'une philosophie dont l'objet est la quête de la « Connaissance », déterminisme d'ordre ésotérique qui apporte au « sorcier » des pouvoirs inconnus au commun des mortels, dont à terme celui de l'immortalité. À la fin de son apprentissage, et conformément à une très antique tradition, consécration qui confirme la réussite des adeptes, Casteneda doit sauter dans un ravin, selon la trame de l'enseignement du « nagual » : « Si tu n'as pas réussi à assembler un autre monde avant d'arriver au fond, tu es mort. »



Extrait de "Voyage à Ixtlan"

"Un guerrier est un chasseur. Il calcule tout. C'est le contrôle.
Une fois qu'il a terminé ses calculs, il agit. Il laisse aller. C'est
l'abandon. Un guerrier n'est pas une feuille à la merci du vent.
Personne ne peut le pousser; personne ne peut le forcer à agir contre
son gré, ou contre ce qu'il a estimé être le mieux. Un guerrier est
entrainé à survivre, et il survit de la meilleure facon qui soit."
 


Dans les années 1970, Castaneda, est considéré par certains comme le messie d'une nouvelle religion, et est crédité d’une œuvre naissante cautionnant l’usage des substances « psychédéliques », à la manière d'Antonin Artaud, d’Aldous Huxley ou de Timothy Leary. De nombreuses personnes partent donc vers le Mexique central, à la recherche de don Juan, son maître à penser et inspirateur. Dans la préface du voyage à Ixtlan, Castaneda replace l'usage des psychotropes comme une pratique facultative, et dans Histoire de pouvoirs don Juan minimise plus encore leurs rôles, mais sous l'influence du mouvement hippie, le pays est ratissé pendant des années, l’homme reste introuvable ; et pour cause : conformément à la tradition des sorciers, et pas seulement yaquis, Don Juan ne dévoile pas son vrai nom.



Citations de Don Juan Matus

"Le pouvoir personnel est une sensation. Comme la sensation d'avoir
de la chance. On peut aussi dire que c'est une  disposition. Le pouvoir
personnel est quelquechose qui s'acquiert tout au long de la vie."
 

"Le dialogue intérieur est ce qui maintient les gens dans le monde
ordinaire. Le monde est tel ou tel parce que nous nous disons à
nous-mêmes qu'il est tel ou tel. Les portes du monde des chamans
s'ouvrent une fois que le guerrier a appris à faire taire son dialogue
intérieur."
 

"La connaissance est une affaire des plus délicates, surtout pour
un guerrier. Chez lui la connaissance est quelquechose qui se manifeste
d'un seul coup, le submerge et disparait."
 

"Le guerrier doit cultiver le sentiment qu'il dispose absolument de
tout pour ce voyage extravagant qu'est sa vie. Ce qui compte pour lui c'est
d'être vivant. La vie en elle-même est suffisante, complète, et justifie
tout le reste. On peut même dire, sans être présomptueux, que
l'expérience suprême est d'être vivant."
 

"Le guerrier n'apprend pas le chamanisme avec le temps; il apprend
plutot à accumuler de l'énergie avec le temps. Cette énergie lui
permettra de manier des champs énergétiques qui lui sont d'ordinaire
inaccessibles. Le chamanisme est un état de conscience, la faculté
d'utiliser des champs énergitiques qui ne sont pas utilisé dans la
perception du monde de la vie quotidienne que nous connaissons."
 

"Pour un sorcier, L'Esprit n'est une abstraction que parce qu'il le
connaît sans en parler, ni même y penser. C'est une abstraction parce
qu'il ne peut concevoir ce qu'est L'Esprit. Et pourtant, sans la moindre
chance ni le moindre désir de le comprendre un jour, un guerrier
manipule l'esprit. Il la reconnaît, la manipule, l'entraîne, se
familiarise avec lui, et l'exprime à travers ses actes."


"Tous les agissements des guerriers partent d'un déplacement de leurs
point d'assemblage, et de tels déplacements sont fonctions de la
quantité d'énergie que les guerriers ont emmagasinée."

"Les potentialités de l'homme sont si grandes et si mystérieuses que
les guérriers, plutot que d'y songer, ont choisi de les explorer, sans
espoir de jamais les comprendre."

"Il n'existe pas vraiment de procédé pour déplacer le point d'assemblage
vers la position d'impitoyabilité. L'Esprit touche la personne et son
point d'assemblage se déplace. C'est aussi simple que cela."

"Lorsqu'un homme apprend à voir, il voit qu'un homme est un oeuf
lumineux, qu'il soit mendiant ou roi,
et il n'y a rien à y changer. Ou plutôt, que pourrait-on changer dans
cet oeuf lumineux? Quoi ?"





Carlos Castaneda

De nombreux doutes sont émis sur l'identité de Carlos Castaneda. Il déclarait être né au Brésil, à Sao Paulo. Mais les documents officiels de l'immigration attestent qu'il est né à Cajamarca, au Pérou. Il grandit au Pérou en traversant de difficiles moments, comme la mort de sa mère. A partir de 1960, il suit des études d'anthropologie à l'UCLA. Au cours d'une expérience, il rencontre un indien de la tribu yaqui, Don Juan Matis. Très impressionné par le chaman, Castaneda décide d'en devenir l'élève. L'étudiant apprend les diverses techniques de sorcellerie. Docteur en anthropologie à l'université de Los Angeles en 1970, Castaneda publie de nombreux livres traitant des pratiques des sorciers chamans, ainsi que de l'usage des drogues hallucinogènes. A la fin des années soixante et pendant les années soixante-dix, ses ouvrages rencontrent un grand succès, notamment auprès du mouvement hippie. Souvent très controversé, Carlos Castaneda doit affronter les foudres de certains auteurs qui l'accusent de n'avoir écrit que des fictions. Après sa mort, de nombreux doutes sont jetés sur la validité de ses propos, et ses expériences et aventures auprès de Don Juan restent très mystérieuses.


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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:59
Le héros de ce roman, Jack Duluoz ou Ti Jean, n'est autre que Jack Kerouac, l'auteur de Sur la route. Au bord de la folie, le Roi des Beatniks cherche à fuir l'existence de cinglé qu'il a menée pendant trois ans et part pour San Francisco. Il se réfugie au bord de la mer, à Big Sur, dans une cabane isolée (photo ci-dessous). Après quelques jours de bonheur passés dans la solitude à se retremper dans la nature, Duluoz est à nouveau saisi par le désespoir et l'horreur. Aussi revient-il à San Francisco où l'attendent le monde, les beatniks, l'érotisme. Mais il ne retrouve pas la paix pour autant...

Extrait :

"Car un nouvel amour donne toujours de l’espoir, la solitude mortelle et irrationnelle est toujours couronnée; cette chose que j’ai vue (cette horreur du vide reptilien) quand j’ai inspiré à fond l’iode mortelle de la mer, à Big Sur, est maintenant justifiée et sanctifiée, levée comme une urne sacrée vers le ciel, par le simple fait de se déshabiller, de faire aller les corps et les esprits dans les délices mélancoliques, inexprimables et frénétiques de l’amour. Ne laissez aucun vieux chnoque vous dire le contraire; quand on pense que personne, dans ce vaste monde, n’ose jamais écrire l’histoire véritable de l’amour, on nous colle de la littérature, des drames à peine complets à cinquante pour cent. Quand on est allongé, bouche contre bouche, baiser contre baiser dans la nuit, la tête sur l’oreiller, rein contre rein, l’âme baignée d’une tendresse qui vous submerge et vous entraîne si loin des terribles abstractions mentales, on finit par se demander pourquoi les hommes ont fait de Dieu un être hostile à l’amour charnel. La vérité secrète et souterraine du désir farouche qui se cache dans les galeries, enfouie sous les ordures qui envahissent le monde entier, cette réalité dont on ne vous parle jamais dans les journaux, ce désir dont les écrivains ne parlent qu’en hésitant, avec force lieux communs, et que les artistes représentent avec combien de réticences, ah, vous n’avez qu’à écouter Tristant et Isolde de Wagner et vous imaginer le héros dans une champ bavarois avec sa belle maîtresse nue sous les feuilles de l’automne!"

BIG SUR

La plage de Big Sur, en Californie où Kerouac passa quelques semaines seul :

Fichier:BIGSUR CA9.jpg

et la cabane isolée à Big Sur où Kerouac séjourna...


 Suite un très mauvais accueil de son livre "Les Clochards Célestes" en 1959, alors même qu’il peine à défendre ses ouvrages plus anciens et sa poésie, l'écrivain se rend en Californie  et, sur l'invitation d'un ami, passe quelques temps sur la côte Pacifique afin de faire le point, loin des médias.

La confrontation à l'élément maritime lui inspire donc Big Sur  (mais aussi le long poème La Mer, Bruits de l'océan Pacifique à Big Sur), du nom de la plage au sud de
San Francisco où il passe l'été 1960

À la publication de Big Sur, en 1962, le  Times publie une critique particulièrement virulente, s’en prenant non au texte en lui-même mais à l’auteur qualifié de « panthéiste en adoration » et ayant découvert la mort à 41 ans.


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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 13:02

"Les Clochards Célestes" (The Dharma Bums) de Jack Kerouac (écrit en 1957 et publié en 1958)


Ray est un routard-né, un vagabond à la recherche d’un sens à sa vie. Il raconte son périple au travers des Etats-Unis, aux côtés des "clochards célestes", une galerie de personnages étonnants ou simples adhérant au bouddhisme.

C'est un roman à clefs qui retrace librement la vie de quelques beatniks américains, écrivains et poètes, en guerre contre les conventions, grands voyageurs désargentés, attirés par la pensée bouddhiste.






Après son célébrissime roman Sur la route, Kerouac nous livre ici une nouvelle facette de sa personnalité. Tandis que dans Sur la route, la quête n'aparaissait qu'à titre de prétexte pour voyager (la recherche du père de Dean Moriarty - quête qui n'aboutira pas d'ailleurs -), on voit Kerouac désormais s'occuper de son âme en essayant de fuir le monde et les villes. Ce désir de fuite ne le quittera plus desormais, puisqu'il se retrouvera dans des oeuvres postérieures telles que Big Sur ou Les anges vagabonds (The desolation angels). Mais pour l'instant on voit le roi des beats se concentrer tout particulièrement sur le bouddhisme, sans cependant rejeter totalement le catholicisme de son enfance; il associe volontiers Bouddha et Jésus-Christ, qui sont pour lui les incarnations parfaites du maître spirituel: « Qu'est-ce que tu lui veux à Jésus-Christ? N'a-t-il pas parlé du ciel? Est-ce que le nirvâna de Bouddha est autre chose que le ciel? »



Gary Snyder (photo ci-dessous) incarne le personnage Japhy Rider dans "Les Clochards Célestes" de Jack Kerouac.


Kerouac s'est interrogé sur ce monde trop vaste qui nous écrase. En 1955, Gary SNYDER rencontre KEROUAC puis GINSBERG qui le décrivent comme le type le plus fou et le plus intelligent qu'ils aient rencontré. Gary Snyder est le personnage dont le pseudonyme est Japhy RIDER dans "Les Clochards Célestes" publié en 1958. Ce dernier établit de nouveaux rapports entre l'homme et la nature, liés à une nouvelle compréhension de la nature de l'homme lui-même. L'influence de Gary SNYDER viendra infléchir le vagabond vers le "clodo du dharma", le moine bouddhiste itinérant, le vagabond sous son ombrelle trouée.
Le terme "Beat" renvoie alors dans ce livre, à la béatitude, à la disponibilité qui ouvre une nouvelle perception du monde. 




Découvrez
Gary Snyder, sa biographie par Allen Ginsberg + quelques extraits de ses oeuvres dans un article écrit sur ce blog, cliquez ICI.


Extrait :
Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m'emmènerait jusqu'à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir
.

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 10:11

Entre le milieu des années 1960 et la fin des années 1970, des centaines de milliers de jeunes Occidentaux partirent pour l’Inde, balisant la "route des hippies" d’Istanbul à Katmandou.

Ces routards, appartenant à la génération du baby-boom, avaient entre dix-neuf et vingt ans. Pionniers intrépides et contestataires, ils laissaient derrière eux le monde de leurs parents, où régnaient les plaisirs de l’après-guerre, la culpabilité de l’Empire et le spectre de la guerre. Souvent à bord d’une étrange procession de véhicules cahotant à travers la planète, ils espéraient trouver une vie nouvelle. C’était la première fois qu’on voyait des gens partir en si grand nombre vers d’autres contrées non pas pour coloniser mais pour être colonisés.

Rory Maclean, trop jeune à l’époque pour faire partie du voyage, a décidé en 2001, de sillonner tantôt à pied, tantôt en autocar, cette route des hippies pour y retrouver la trace de leurs aventures et de leurs émerveillements.

Tout au long de son périple de six mois, Rory Maclean révèle à quel point la piste a profondément transformé à la fois la vie des voyageurs mais aussi des pays qu’ils ont traversés, déchaînant des forces qui ont modifié à tout jamais la façon dont nous parcourons le monde.

Magic Bus décrit un voyage unique et tout à fait captivant à travers une époque et un paysage à la beauté étonnante et à l’amère cruauté, qui représente la lutte moderne entre l’Est et l’Ouest, les rêves et la réalité, l’espoir et la tragédie.




Revue de presse :

Télérama - M. A. (10 Mai 2008)
(Rory MacLean) donne un livre magnifiquement vivant, un condensé d'histoire contemporaine, un témoignage très incarné du désenchantement du monde.

Lire - Tristan Savin
(Mai 2008)

Pour retracer cette belle histoire, l'écrivain Rory MacLean a choisi de revivre le grand voyage, six mois durant, de la Turquie jusqu'au Népal, avec dans ses bagages le bréviaire de Kerouac : 'Sur la route'. (.. .) Aujourd' hui les couleurs revivent sous sa plume amusée et lyrique.




« Doux original, 21 ans, cherche nana jouant de la guitare prête à partir pour l'Orient mystique. »
 Dans les sixties, des annonces comme celle-ci étaient placardées par dizaines sur le tableau d'affichage de la légendaire Pudding Shop, la pâtisserie installée face à la Mosquée bleue d'Istanbul, premier point de ralliement de la route des hippies. Quarante ans plus tard, Rory MacLean se tient devant ce qui est devenu une cafétéria que « plus rien ne distingue de la douzaine d'autres qui l'environnent ».

Né en 1954, le Canadien a raté d'une dizaine d'années l'incroyable procession de bus et de bagnoles bringuebalants qui emmenèrent, dans les années 60 et 70, des centaines de milliers de jeunes Occidentaux en route pour l'Asie et l'espoir d'une vie nouvelle. D'Istanbul à Katmandou, via l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan, Rory MacLean a repris leur chemin, mis ses pas dans leurs rêves et leurs utopies, retrouvé leurs traces et les souvenirs qu'ils ont laissés, rencontré des témoins, telle Penny, éternelle jeune femme, ancienne de Woodstock, qui pensait, avec des milliers d'autres qu'il lui « suffirait de se transformer pour transformer la planète ».

De son périple, MacLean a rapporté un singulier récit de voyage, porté par la musique de l'époque - Dylan, Joplin, Grateful Dead, The Doors...

Partagé entre l'empathie et l'agacement, l'émerveillement et la lucidité, la volonté de comprendre et l'ironie, il donne un livre magnifiquement vivant, un condensé d'histoire contemporaine, un témoignage très incarné du désenchantement du monde.

Que reste-t-il aujourd'hui de toute cette énergie ?



Rory McLean...étonnant voyageur canadien

Fils d’un homme de presse réputé, qui était aussi un inventeur du dimanche, Rory MacLean passe son enfance à recréer le monde, en coloriant son atlas, afin d’y glisser des pays et des histoires imaginaires. Après ses études, il réalise des films pendant une dizaine d’années, travaillant en Angleterre avec Ken Russell et David Hemmings, à Paris avec Marlene Dietrich et à Berlin avec David Bowie. En 1989, il remporte le concours du meilleur récit de voyage, organisé par le journal The Independent. Dès lors, il délaisse les scénarios pour se consacrer à la prose.

Son premier livre, Stalin’s Nose, raconte un voyage de Berlin à Moscou dans une Trabant; il figure bientôt sur la liste des dix meilleures ventes en Angleterre et se voit décerner le prix du Yorkshire Post, « Best First Work Award », couronnant le meilleur premier ouvrage de l’année. L’auteur William Dalrymple salue « les débuts les plus spectaculaires, en matière de récit de voyage, depuis En Patagonie de Bruce Chatwin ». Colin Thubron considère l’ouvrage comme un vrai « chef-d’oeuvre surréaliste ».

Son deuxième livre, The Oatmeal Ark, entraîne le lecteur en Écosse, puis à travers le Canada, à la poursuite du rêve des immigrants et des voyageurs. John Fowles note que « ce livre explique merveilleusement la nature vivante de la littérature ». L’ouvrage est sélectionné pour le prix littéraire international, IMPAC Dublin. Ensuite, ayant eu l’occasion de retrouver Aung San Suu Kyi, MacLean se rend en Birmanie. Son livre Under the Dragon raconte l’histoire tragique de ce pays trahi, pour lequel l’Arts Council of England lui décerne son prix littéraire.

Pour son cinquième livre, Falling for Icarus, MacLean part en Crète et il y construit -– en prévision d’un vol unique -– une machine volante. Ce voyage personnel est entrepris avec l’espoir de parvenir à accepter la mort de sa mère, tout en s’efforçant aussi d’explorer le rapport entre les Mythes grecs et la vie moderne.


Dans son sixième livre, Magic Bus, MacLean retourne sur les traces des centaines de milliers des jeunes Occidentaux qui – au cours des années 1960 et 1970 – ont créé la « piste des hippies », partant d’Istanbul pour gagner l’Inde.

Selon le Financial Times de Londres, MacLean « est en train d’élargir les frontières de la littérature de voyage, en abolissant la distinction qui sépare la réalité de la fiction ». Colin Thubron a dit des œuvres de MacLean qu’elles forment un genre littéraire qui n’appartient qu’à lui et présentent un monde « hyper-réel » qui n’est ni récit de voyage ni réalité propre, mais une sorte de distillation concentrée de chacun de ses périples. Dans tous ses livres, MacLean raconte les histoires extraordinaires d’hommes et de femmes ordinaires et, par le biais de la fiction et de sa propre créativité désormais affirmée, il donne à ses lecteurs, l’occasion de partager leurs vies, leurs sociétés et leurs histoires.

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 19:00

"Nous sommes rentrés à Pensemort à pied, en nous donnant la main. Les mains c'est très gentil, surtout quand elles reviennent de faire l'amour..."

Cette phrase prise dans le livre de Richard Brautigan La pêche à la truite en Amérique", un beau bouquin tranquillement fou dans lequel, comme son titre l'indique il y a beaucoup de sucre de pastèque, de truites qui en savent long, de types sympas et plein d'autres choses tendres encore". Guy Vidal, Pilote
Il ne s'agit nullement d'un guide pour pêcheurs mais plutôt d'une parodie de ce type d'ouvrage, écrite par un esprit farfelu. Aucun fil directeur donc sinon, au détour d'une page, l'éclat fugace d'une truite entr'aperçue.

Brautigan partage avec Walt Whitman et H. D. Thoreau le mépris de la grande ville et du mode de vie américain. Il aime l'errance sans but. Ce livre se situe aux antipodes des valeurs traditionnelles de l'Amérique bien - pensante des années 60.



Deux récits magiques, une mosaïque d'anecdotes courtes, où nous allons de surprise en surprise. Brautigan nous propose ainsi son univers où tout est possible grâce aux deux formules que sont "le sucre de pastèque" et "la pêche à la truite en Amérique". Un livre qu'il faut lire car il ne peut se raconter, un grand bain de pure poésie.


Présentation de l'éditeur
Dans l'univers de Richard Brautigan, on croise des tigres excellents en arithmétique, des truites chaleureuses et toujours de bon conseil, tandis que les carottes et les rutabagas ont leurs statues en place publique... Si la cocasserie de celui qui traversa la littérature américaine tel un météore est sans limites le plus fabuleux ici est cette écriture, un véritable monument de douceur qui, sous une enveloppe sauvage et naïve, ne déroule rien qu'une profonde métaphysique de la tendresse humaine.



Biographie de l'auteur

Né à Tacoma, Washington en 1935
Décédé à Bolinas, Californie le 25 octobre 1984

 Issu d'une famille ouvrière, Richard Brautigan grandit dans l'Oregon, où il vit avec sa mère et plusieurs beaux-pères. Vivant dans la précarité, il n'a pas toujours de quoi manger. En 1955, il jette une pierre dans la vitre d'un poste de police, pour être emprisonné et nourri. Au lieu de ça, il est arrêté puis envoyé à l'hôpital pour être traité par électrochocs. L'année suivante, il déménage à San Francisco et épouse Virginia Dionne Adler en 1957. Dans les années 1960, Richard Brautigan participe au mouvement Beat Generation, mais reste en marge. Las d'être considéré comme passé de mode, il part en France et au Japon, où il espère être reconnu comme un véritable écrivain, en signant notamment 'Le Général sudiste de Big Sur', au succès mitigé ou 'Sucre de pastèque'.

Il lui faut attendre la publication de 'La Pêche à la truite en Amérique' en 1967 pour être considéré comme le meilleur représentant de la contre-culture émergente. ll devient alors le symbole de toute une génération, celle des Beatles et de Grateful Dead.
Les
livres s'enchaînent, avec plus ou moins de succès : 'La Vengeance de la pelouse' (1970), 'Le Monstre des Hawkline' (1974) ou 'Tokyo Montana express' en 1980. Deux ans plus tard, il publie son dernier livre : 'So, the Wind won' t Blow it All Away' (' Mémoires sauvées du vent'). Torturé depuis toujours, l'écrivain se donne la mort en 1984. Son corps est retrouvé le 25 octobre, plusieurs semaines après son décès.


Cali et Mathias de Dyonisos lisent quelques écrits de Richard Brautigan :


 



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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 11:38


Révoltés de voir le somptueux désert de l'Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la 'Machine'. Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon, nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clés à molettes - et de dynamite - ces héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l'ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert. Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif est l'un des grands romans épiques de l'Ouest américain.

Ce classique, vendu à des millions d'exemplaires depuis sa parution au milieu des années 70, est devenu la bible d'une écologie militante et toujours pacifique... ou presque.

Edward Abbey(1927-1989), auteur d'une vingtaine de livres, est sans conteste le plus célèbre des écrivains de l'Ouest américain. Personnage emblématique et contestataire, il fut l'un des premiers représentants d'une prise de conscience écologique aux États-Unis. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

 


BIOGRAPHIE D'EDWARD ABBEY



Fils d'un fermier des Appalaches, Edward Paul Abbey grandit en Pennsylvanie avant de partir en 1944 pour un périple à pied dans l'Ouest, dans la région désertique des Four Corners, où naît son amour des grands espaces. Il obtient un master en philosophie de l'université de New Mexico avant de travailler à la fin des années 1950 comme ranger dans l'United States Park Service à Moab, Utah, et de se mettre à écrire. C'est ici qu'il rédige les pages de son journal, qui donneront son oeuvre devenue culte, 'Désert Solitaire : A Season in the Wilderness', publiée en 1968. Cette élégie, comme il l'appelle lui-même, est considérée comme l'un des classiques du 'Nature Writing', comparé au 'Walden' de Henry D. Thoreau. En 1975, Edward Abbey publie 'The Monkey Wrench Gang', satire symbolique sous forme de road movie dans laquelle une bande d'éco-guerriers sabote des projets de développement industriel. Controversé, le livre est néanmoins à l'origine de la création, en 1980, du groupe Earth First !, avocat de l'éco-sabotage ou 'Monkeywrenching', ainsi que de l'ouverture d'un dossier par le FBI sur Edward Abbey. Le 'Desert Anarchist' - ou ''Cactus Ed' - soutient également des causes plus conservatrices telle la National Rifle Association. Auteur d'une vingtaine de livres, Edward Abbey finit peu avant sa mort son dernier livre, 'Hayduke Lives !' (1989, 'Le Retour du gang de la clé à molette', 2007). Jim Harrison le considère comme l'un des plus grands écrivains de l'Ouest américain.

Edward Abbey: A Voice in the Wilderness

 

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