Remontons dans le temps, en pleine période des Sixties où un seul groupe semble avoir atteint le statut de légende : Grateful Dead. Jerry Garcia (disparu en 1995) personnage emblématique du groupe, guitariste hors pair vous emmène sur les traces d'une époque hors du commun...
C'est en 1967, dans le magazine anticonformiste Open City, qu'un poète presque inconnu commença de publier une chronique régulière.
Avec une brutalité rarement égalée, doublée d'une superbe indifférence au scandale, il y exprimait sa révolte contre la société américaine, le pouvoir, l'argent, la famille, la morale. L'alcool, le sexe, les échos d'une vie marginale et souvent misérable y étaient brandis comme autant de signes de rupture...
Ce "journal" est un classique de la littérature contestataire, qui conserve, aujourd'hui encore, toute sa fraîcheur. Tu m'étonnes!!!
A lire!!! Tout simplement succulent, mais attention aux âmes sensibles, vous serez choquées!!! Perso, je suis fan. En ce moment, j'ai la tête plongée dans ce bouquin et j'avoue que je n'ai jamais pris autant de plaisir à me taper la ligne "Versailles Rive Droite - St Lazare"
Voici un passage du livre, d'autres suivront...on va commencer "soft" par celui-ci:
"les heures ont défilé, les cannettes de bière aussi (...) il y a eu aussi des moments de silence. durant lesquels chacun de nous s'est laissé envahir par ses pensées.
finalement Red a bondi sur ses pieds.
- bon, c'est pas tout ça, mon vieux, faut que je me rentre. mais quelle nuit d'enfer!
à mon tour, je me suis levé.
- tu l'as dit Red.
- putain, c'est bien vrai! allez à la revoyure.
- sûr vouais.
mais on semblait pas vouloir se quitter, comme si la nuit avait été réellement une grande chose.
- à te revoir, p'tit gars!
- d'accord, Bukowski.
je l'ai regardé contourner la haie par la gauche, cap sur Normandie, et Vermont, où il avait encore cette chambre pour trois, quatre jours. quand il a disparu, un vieux leste de lune a voulu participer à la tristesse de la scène et y est parvenu. j'ai refermé la porte, lampé un fond de bière éventée, éteint les lumières, rejoint mon lit et, une fois déloqué, je me suis glissé dedans, tandis que là bas, dans cette gare de triage, ils traversaient les voies pour se choisir un wagon, un endroit où dormir, où rêver d'une ville meilleure, d'un sort meilleur, d'un amour meilleur, d'une chance meilleure, de tout ce qu'il pouvait y avoir de meilleur. sauf que jamais ils n'y auraient droit, et qu'ils n'arrêteraient donc jamais de chercher.
c'est alors que je me suis endormi."
BIOGRAHIE DE CHARLES BUKOWSKI
C'est le 16 août 1920, à Andernach, en Allemagne, que naît Charles Bukowski. Son père est alcoolique, violent, sa mère soumise. De coups de ceinture en errance avec les mômes du quartier, Bukowski va grandir dans ces années effroyables pour les pauvres : la grande crise économique des années 30 aux Etats-Unis.
Au cours de son adolescence, Charles Bukowski rencontre un ami de son ami de son père chez qui il commencera à s'enivrer régulièrement. L'alcool est là pour oublier la rue, la famille, la misère, les angoisses mais aussi pour accéder au sublime, à l'illusion, à un ailleurs qui compense les vomissures du petit matin.
Autre évènement d'importance dans cette même période, Buk est soudain attaqué par une acné dévastatrice, qui va marquer son visage et son corps à jamais. Il en retirera cette apparence trompeuse de brute, de grand monstre, qui se pose sur lui comme un masque qu'il saura pourtant utiliser.
A 16 ans, Charles répond pour la première fois aux coups de son père, et le laisse au tapis. Le tyran est abattu.
Bukowski vivra encore un certain temps dans sa famille, puis ce seront les hôtels minables, les petits boulots, les femmes alcooliques ramassées dans les bars pendant les nuits de beuverie.
Bukowski écrit des poèmes pour de petites revues, la plupart sont refusés. Puis il attaque des romans autobiographiques, entre deux cuites.