Remontons dans le temps, en pleine période des Sixties où un seul groupe semble avoir atteint le statut de légende : Grateful Dead. Jerry Garcia (disparu en 1995) personnage emblématique du groupe, guitariste hors pair vous emmène sur les traces d'une époque hors du commun...
The Basement Tapes (1975) est un disque de Bob Dylan et du groupe The Band. Il comprend des enregistrements faits en 1967 et qui avaient été diffusés sous une forme piratée appelée The Great White Wonder en 1968.
Dans la période séparant les enregistrements de Highway 61 Revisited et Blonde on Blonde, Dylan tourna avec « The Hawks », futur The Band. Début 1966, ils firent ensemble une tournée mondiale qui a fait l’objet de l’album pirate The Bootleg Series Vol. 4: Bob Dylan Live 1966, The "Royal Albert Hall" Concert.
Le 29 juillet 1966, Dylan, victime d'un accident de moto, fut hospitalisé, ce qui entraîna l’annulation de plusieurs concerts. Alors que Dylan était en convalescence à Woodstock, Robbie Robertson l’aida à modifier le projet de documentaire fait par D. A. Pennebaker, Dont Look Back, à propos de leur tournée mondiale. Dylan en profita pour faire un bilan de son début carrière et d’en conclure qu’il devait partir sur une autre voie.
Dylan rencontra alors régulièrement les membres de The Band dans leur maison de campagne, appelée « Big Pink », et à jouer avec eux, essentiellement de la musique folk que Dylan s’était mis dans l’idée de faire apprécier au Band.
Les deux premières chansons enregistrées furent Tiny Montgomery et Sign on the Cross. Ils finirent par enregistrer une trentaine de chansons dont : I Shall Be Released, This Wheel's on Fire, Quinn The Eskimo (Mighty Quinn), Million Dollar Bash, Tears of Rage, You Ain't Going Nowhere, Going To Acapulco, I'm Not There (1956), All You Have to Do Is Dream, Apple Suckling Tree, etc. Deux titres étaient co-écrits avec The Band : Tears of Rage (avec Richard Manuel) et This Wheel's on Fire (avec Rick Danko).
Dylan n’avait pas l’intention de transmettre ces enregistrements à sa compagnie de disque, car il était en désaccord avec son manager Albert Grossman. Dylan devait encore un album à Columbia Records, mais il n’avait pas l’intention d’honorer cette obligation, il préféra prendre les droits d’auteur avec Dwarf Music.
Plusieurs chansons furent alors interprétées par d’autres artistes, comme Too Much of Nothing (Peter, Paul & Mary), The Mighty Quinn (Manfred Mann), You Ain't Goin' Nowhere, Nothing Was Delivered (The Byrds), This Wheel's on Fire (Julie Driscoll and the Brian Auger Trinity, The Byrds), Million Dollar Bash (Fairport Convention) et I Shall Be Released et Tears of Rage par The Band.
Quatorze chansons ont fait l’objet d’un album pirate, Great White Wonder.
Le 26 juin 1975, Columbia distribua officiellement un double album appelé Basement Tapes, compilé et produit par Robbie Robertson. Dylan n’apparaît pas sur huit des 24 titres, et seulement quatre sur les huit ont véritablement été enregistrés à Big Pink avec Dylan.
Les morceaux I Shall Be Released, The Mighty Quinn, Sign on the Cross et I'm Not There (1956) n’ont pas été conservés pour le double album.
Un coffret de cinq CD, The Genuine Basement Tapes, sera édité plus tard avec pratiquement tous les enregistrements réalisés à Big Pink.
The Band with others - I Shall Be Released (The Last Waltz)
paroles et traduction de cette chansonà la fin de cet article
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Les Basement Tapes peuvent être entendus comme un manifeste pour la musique américaine des années quatre-vingt-dix, ou encore comme le plus grand album jamais enregistré sans intention d'être jamais commercialisé. Des enregistrements de 1967 dans le légendaire Pink Hermitage du Band, à Saugerties, dans l'Etat de New York, la plupart des vingt-quatre titres eurent un écho vibrant dans le monde du rock et du folk américain et anglais, bien avant leur sortie tardive (en 1975 seulement !), grâce aux interprétations des Byrds, de Fairport Convention, Manfred Mann, de Peter, Paul et Mary ainsi que de nombreux autres acolytes, et par les diverses versions pirates. Aussi bonnes que soient les reprises, les versions de Dylan et du Band ont une cohérence extraordinaire qui ressort d'autant plus sur ces enregistrements authentiques, basiques, qui cadrent bien avec le John Wesley Harding de Dylan et le formidable premier disque du Band, Music From Big Pink, ainsi qu'avec The Band, garage avant la lettre. A une époque où la culture rock était profondément marquée par ses origines post-atomiques, ces morceaux semblent intemporels, piochant dans le folk pré-industriel, les chansons traditionnelles de début de siècle, le blues ou le rock classique avec la même aisance et un désintéressement incroyable pour tout ce qui est à la mode. Le temps n'a fait que renforcer le côté visionnaire de ces enregistrements.
The Basement Tapes, album à l'écoute :
I SHALL BE RELEASED
ALBUM : "GREATEST HITS - VOL2. - 1971
Cette chanson date en fait des Basement Tapes, et ses paroles énigmatiques le montrent bien. Il y autant de tentatives d'explication de cette chanson qu'il y a de "fans", d'exégètes, de critiques, et même d'amis de Bob Dylan. Remercie-t-il ou se moque-t-il de ceux qui ont fait de lui une "Star"? Est-ce lui l'homme qui a été roulé ou plaint-il ceux qu'il a roulés ? Se moque-t'il de lui-même ? De quoi sera-t-il libéré ?
"Prenez ou jetez ce que vous voulez dans mes chansons, ce ne sont que des chansons."
| I Shall Be Released | Je vais être libéré |
| They say ev'rything can be replaced, | Ils disent que tout peut se remplacer, |
| They say ev'ry man needs protection, | Ils disent que chacun a besoin de protection |
| Standing next to me in this lonely crowd, | Debout près de moi dans cette foule solitaire |