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Remontons dans le temps, en pleine période des Sixties où un seul groupe semble avoir atteint le statut de légende : Grateful Dead. Jerry Garcia (disparu en 1995) personnage emblématique du groupe, guitariste hors pair vous emmène sur les traces d'une époque hors du commun...

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"Zabriskie Point" (1970) de Michaelangelo Antonioni

Zabriskie Point


Etats-Unis, Italie, 1970
De Michaelangelo Antonioni
Scénario : Michaelangelo Antonioni, Franco Rosseti, Sam Shepard, Tonino Guerra, Clare Peploe
Avec Mark Frechette, Daria Halprin, Rod Taylor, Paul Fix, G.D. Spradlin, Bill Garaway
Photo : Alfio Contini
Musique : Pink Floyd
Durée : 1h50

Un jeune homme assiste aux révoltes estudiantines et politiques: émeutes raciales, combats contre les flics… Après avoir vu un étudiant noir se faire descendre, il s’enfuit. Une jeune fille cherche à s’échapper de son environnement monotone et part en excursion dans le désert. Elle rencontre le jeune homme et ils font un bout de chemin ensemble.








La bande annonce :



Errance et contestation

Plus encore qu’Easy Rider, Zabriskie Point embrasse en un film les bouleversements de la société américaine des années 70 au moment même où ils se déroulent. C’est peu dire si Antonioni est en prise directe avec la réalité de son temps et si son film s’impose d’emblée comme un témoignage sur le pays qu’il filme. Après la Grande-Bretagne de l’époque du swinging London qu’il observait à la loupe du thriller métaphysique dans Blow Up, c’est à l’Amérique qu’il s’attaque, sous la forme du road movie, deux ans après le film de Dennis Hopper, quelques années avant les errances des oeuvres de Wim Wenders. On ne répétera jamais assez que le road movie, genre majeur du cinéma des années 70, n’est autre que le pendant moderne du western, tant il ambitionne de refaire le trajet des pionniers, comme si faire la révolution (marxiste ou autre), c’était aussi reprendre l’histoire des USA aux origines. A ce titre, ce jeune couple formé par deux êtres ne se reconnaissant pas dans les modèles qu’on leur propose et qui vont tout laisser derrière eux pour errer dans le désert, c’est un peu l’espoir de la renaissance d’une autre Amérique. Cette errance hypnotique dans le désert tranche volontairement avec la violence et la froideur urbaine de la première partie qui brosse, sur un mode proche du reportage (la longue scène de l’assemblée générale étudiante, filmée caméra à l’épaule au début du film) le tableau d’une jeunesse qui refuse une société oppressante et dont les élans de révolte sont brutalement réprimés.




Révolution esthétique

En ce sens, Antonioni poursuit son "esthétique de la disparition", fondamentale dans le cinéma moderne bien qu’incomprise à l’époque, si on se souvient de l’accueil perplexe réservé à L’Avventura en 1960. Cette volonté d’épure dramatique grâce à laquelle Antonioni expérimente une sorte de mise à nu des procédés de la fiction (voir les vingt dernières minutes de L’Eclipse, où il fait disparaître tous ses personnages, ainsi que la scène de mimétisme qui clôt Blow Up) et va à l’encontre des règles esthétiques d’alors. Il refuse les codes du cinéma hollywoodien classique tout en les ayant parfaitement assimilés (car paradoxalement le fantôme d’Hitchcock et de La Mort aux trousses semble hanter de nombreuses scènes du film), ce qui permet ici de les enrichir d’une dimension théorique et politique. La profonde modernité d’Antonioni, c’est cette totale liberté formelle, ce basculement du collectif et du concret (la dimension "cinéma-vérité") vers l’intime et l’abstrait, proposant au spectateur une véritable expérience de cinéma.


Fuck you America

Avec le recul, l’évocation d’une société vouée à un consumérisme déshumanisé (incarné par le personnage du promoteur interprété par Rod Taylor, l’acteur des Oiseaux d’Hitchcock) s’opposant à une jeunesse déboussolée et révoltée n’est pas dénuée d’un certain schématisme, même si la virulence du discours fut atténuée, un plan montrant une banderole "Fuck You America" disparaissant du montage final. Zabriskie Point est principalement célèbre pour deux grands moments paroxystiques: la scène de l’orgie dans le désert et la séquence finale des explosions. Il est d’ailleurs intéressant de voir que la révolte (qu’elle prenne la forme d’une extase sexuelle ou d’un climax destructeur) n’est exprimée que sous la forme du fantasme et donc sur le mode de l’utopie. Les deux fameuses scènes, où le couple de héros devient les Adam et Ève de l’Amérique moderne, puis celle où la jeune fille imagine une révolution terroriste en une interminable succession de destructions de bâtiments et d’objets du quotidien, filmées au ralenti, sur la musique hallucinée des Pink Floyd (période Syd Barrett, aussi à l’origine d’une autre BO culte, celle du More de Barbet Schroeder) ne constituent pas moins de sidérants moments de pure poésie visuelle, dont la puissance d’évocation laisse pantois. La scène finale de Fight Club, à laquelle on pense a posteriori, paraît d’ailleurs bien pâle en comparaison. Si Bruno Dumont a pillé ce film avec son contestable Twentynine Palms, les dernières œuvres de Gus Van Sant (plus particulièrement Gerry et Elephant), tant par leurs parti-pris formels radicaux que par leur recours à des interprètes non-professionnels, apparaissent comme les dignes descendants de Zabriskie Point.

Article tiré du site "Film de culte" rédigé par Ludovic Sanches


La bande son du film est aussi un album qui a été enregistré de novembre à décembre 1969. Il est sorti chez MGM aux États-Unis en janvier 1970 et en Europe en mars 1970. Pink Floyd et Grateful Dead font parti des groupes ayant participé à cette bande son!!!

 

A l'écoute ci-dessous : Heart Beat, Pig Meat de Pink Floyd :



  1. Titres de la bande son :

  2. Excert from "dark Star" (2'30) par The Grateful Dead
  3. Tennessee Waltz (3'10) par Patti Page
  4. Sugar Babe (2'12) par The Youngbloods
  5. Love Scene (7'02) par Jerry Garcia
  6. I Wish I Was A Single Girl Again (1'54) par Roscoe Holcomb
  7. Mickey's Tune (1'40) par The Kaleidoscope
  8. Dance Of Death (2'42) par John Fahey

Anecdote : Come In Number 51 You're Time Is Up est en fait une version plus courte et un peu différente de Careful with That axe, Eugene paru dans Ummagumma.


Cet album a été réédité en Septembre 1997 sous la forme d'un double Album, le second CD rassemblant huit morceaux supplémentaires qui n'avaient pas été gardés pour le film : quatre de Jerry Garcia et quatre de Pink Floyd, jamais édités dans d'autres albums, ni avant ni après :

Love Scene Improvisations - Jerry Garcia (The Grateful Dead)

  • Version 1 (6'18) ...à l'écoute ci-dessous :
  • Version 2 (8'00)
  • Version 3 (7'52)
  • Version 4 (8'04)
  1. Country Song (4'37) - Pink Floyd
  2. Unknown Song (6'01) - Pink Floyd
  3. Love Scene" - Pink Floyd
    • "Version 6 (7'26)
    • "Version 4 (6'45)
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T
Beau film et destin tragique pour Mark Frechette, mort peu après, en prison.
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E
J'ai vu More de Barbet Schroeder qui m'a bien plu, il faut que je vois celui-ci, merci pour votre blog qui rend nostalgique de la beat generation sans l'avoir vécu!
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T
<br /> <br /> De nada tio!!! Es un placer!!!<br /> <br /> <br /> <br />
E
Marvellous !Zabriskie est bien un des films majeurs de cette époque - comme cités : Easy rider, More, Blow up.
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T
<br /> Et pourtant il a pas eu un super accueil à sa sortie...la Bande son est grandiose avec un Jerry Garcia vibrant lors de ses morceaux!!! A déguster!!!<br /> <br /> <br />