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"Frissons solaires d'un ange

de la désolation"

de Vince Larue

 

   

Illusory Flowers in an Empty Sky

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 19:45

 

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 Me voici sur le retour.

Bien que je ne sois jamais parti. Près d'un an et demi, pour achever un premier graphic novel. (rêve de gosse au passage) permis grâce à un relais de contacts, transmission naturelle non forcée comme les affectionne la destinée. La marque jalon majeure se situe ici-même, ''On The Road with Jerry...''

Vince Larue – Mars 2012

 

***

 

J'aime à citer Robbie Robertson lorsqu'interviewé par Scorsese au moment de The Last Waltz, le dernier concert de The Band, avec ses membres originaux.''The beginning of the beginning of the end of the beginning.''

Pour situer, le journal beat : Frissons solaires d'un ange de la désolation, c'était il y a deux ans – entre janvier et juin 2010 (voir le lien proposé à la fin de l'article).

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Une brève rétrospective m'amènerait à préciser que la paix profonde réelle et affichée aujourd'hui s'est nourrie, énergisée, d'une révolte virulente sans violence, pacifisme radical, qui se poursuit à l'heure actuelle par un mélange plus ou moins subtile d'anarchisme bouddhiste, de bouddhisme engagé, sans réfuter des épithètes tels que ''holistique'', ''mystique'', ''chamanique'' – allez savoir.

Un petit recueil poétique en langue anglaise, auto-publié sous le titre clin d’oeil Solar Shiverings en reprend les instants de grande lucidité, de pleine conscience, d'absence de croyances, d'esprit vide, d'amour. Car c'est avant tout une ode à un amour étrange, improbable mais pourtant existant, inspirant, infini. Poèmes courts, forme épurée, incisive et osons sincère, se dit d'influence Beat, Zen et tribale.

***

 

Depuis quelques mois, voici que je tournais à 3-4 planches de Dark Heat par semaine, avec l'idée claire de terminer d'illustrer avant avril, où une semaine de break complet dans mon emploi du temps, me permettait d'envisager sérieusement de me rendre en Arizona, à Phoenix même, bénéficiant de l'hospitalité de Barry Graham, auteur du script et zen teacher au Sitting Frog Zen Center.

D'un seul coup l'année nouvelle prenait encore un autre visage, si nous devions tous périr en 2012, les spéculations allant bon train, alors je la voudrais flamboyante cette année, de mille feux et étincelles comme les étoiles d'une nuit sans nuages. Une nuit comme celle du 2 au 3 octobre dernier, cette nuit passée à courir entre Dunkerque et Lille, près de la frontière belge, chevauchée plusieurs fois au cours d'un ultramarathon de près de 150 kilomètres – allez comprendre.

Courir comme dessiner, il n'a jamais été question, jamais été envisageable pour moi de ralentir, freiner ces activités, ces pratiques qui n'en forme qu'une, oui, du genre pratique zen assez originale. J'ai toujours ressenti ce besoin, cette passion indomptable qui consiste à honorer par mon existence ces deux activités propres à la lignée, je veux parler de la lignée humaine, l'art en particulier graphique et la bipédie dans son plus bel exercice, la course à pieds. Je ne partais pas complètement innocent, les indiens Tarahumaras pour référence, et quelques spécialistes américains, Scott Jurek, Anton Krupicka, ces hippies de l'ultrarunning pour illustrer de manière simplette ce dont il est réellement question. (j'écrirai un article plus tard sur le sujet, il s'agit purement de contre-culture athlétique, brisant les stéréotypes sportifs et possibles limites humaines).

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Pour revenir à Dark Heat, son aboutissement, ses 142 pages, et ce voyage outre-atlantique vers le désert où l'on renaît, Phoenix, la gigantesque, controversée, contradictoire, à l'image du reste du monde qui ne se contrôle plus. Eh bien, ce séjour se voulait point d'honneur, j'allais découvrir la ville qu'il m'avait été donné d'illustrer, j'allais rencontrer l'auteur dont j'avais illustré un roman publié en France par 13e Note éditions en juin 2011, Regarde Les Hommes Mourir. Après un an et demi d'échanges très réguliers, dialogues internet amicaux parfois très personnels, d'une vision partagée, cette rencontre devait et allait se produire.

 

 

 

 

"From the macabre minds of writer Barry Graham and artist

Vince Larue, Dark Heat is a contemporary hybrid of crime

thriller and ghost story, set against the bleak desert cityscape of

Phoenix, Arizona.

Gary Scott is a newspaper reporter who thinks he’s seen

everything. But when he investigates a series of grisly and

bizarre killings – starting with a dog, then people, moving closer

and closer to Gary – he realizes that this is like nothing he has

ever encountered. Even the cops are terrified, and so Gary

must work alone to find the truth, as everything he believes in

proves to be false, and his reality comes apart.

Dark Heat is a tale of horror both physical and psychological, a

slide into panic in which nothing is ever as it seems, and what is

real is always worse than what is imagined."

***

C'est donc à la suite d'une nuit intermittente dans le hall du terminal 2 de l'aéroport Charles de Gaulle, d'une quinzaine d'heures de transfert et de multiple contrôles m’ôtant ceinture et chaussures, que je suis arrivé fringant dans l'immense toile urbaine tissée toujours plus largement en plein désert de Sonora qu'est Phoenix.

 

Terminal 2 Sky Harbor Airport, Phoenix, Arizona - 19h30 heure locale. Il y fait chaud, je ne vois pas Barry Graham. J'emprunte un téléphone mobile moderne à un des derniers passagers attendant encore taxi ou connaissance véhiculée, et compose son numéro, pas de réponse. Mon dernier vol en partance d'Houston avait eu une demi-heure de retard sur l'horaire prévu, je me dis que s'il ne vient pas, je suis dans une drôle de situation, ne connaissant même pas l'adresse précise de la maison, du Sitting Frog Zen Center, hormis l'intersection de deux rues servant de repère et indiquée sur le site web du Zen Center, c'est à 10 miles de l'aéroport. Mais finalement, cinq minutes après mon ''coup de fil'', je l'aperçois. Accolade - Je réalise - truc de dingue. Mon anglais est maladroit mais rapidement ça devient compréhensible, et on se marre car il ne retrouve plus l'endroit où est garée la berline Ford boite automatique louée pour 3 jours, le temps que Daishin, sa compagne, elle même zen teacher, revienne de Berkeley et du San Francisco ZenCenter où elle passe un long weekend.

 À peine 1h plus tard, nous rejoignons les galeries d'art le long de Grand Avenue, c'est First Friday, chaque mois, l'ambiance et les arts sont mis à l'honneur dans certaines rues, avenues, certains quartiers de Phoenix, les galeries ouvrent, les gens admirent, festoient, et ça fait vraiment plaisir. Deux rencontres majeures ce soir là, Robert Pela, un critique d'art reconnu et réputé pour sa critique acerbe, dont en témoigne son blog au nom explicite ''I hate everything'' - et Esther Voisin, une ravissante photographe française tout droit sortie d'un film Jarmuschien ou d'une oeuvre de Pratt, c'est d'ailleurs lorsqu'on en vient à parler graphic novel, en mentionnant Pratt comme une de mes influences, elle s'exalte et me rencarde sur des contacts qu'elle a en France, et étonnamment... Pratt l'accompagne tout personnellement puisqu'un petit tatouage aux silhouettes des danseurs de Tango - une des oeuvres du dessinateur italien – vient sublimer l'épiderme bronzé de son épaule droite. Alors qu'elle dialogue avec Barry dans un franglish devenu confus à mesure que son verre de vin rouge se vide, sa fillette nargue mon égo en alternant parfaitement le français et l'anglais, moi qui lutte encore tant en linguistique.

 

Enfin, voici l'article qu'écrira Robert Pela sur son blog au lendemain de la soirée, relatant nos rencontres (cliquez sur l'image) :

  I-Hate-Everything.JPG

 

Il va sans dire que je ne peux présenter mes humbles posters sans mentionner mes grandes influences, les Miller, Pratt, Burns pour la partie encrée – mais surtout et en particulier John Thompson et Wes Wilson dont l'impact sur mon art dépasse le cadre strictement artistique. Ils ne sont toutefois pas les seuls à avoir leur trombine dépeinte sur mes affiches, à l'ancienne manière de certains artistes amérindiens, j'honore par mon art les gens d'une tribu éparse... alliant une certaine sagesse à leur génie créatif, jeune au delà des années, conscients des terres, de la planète et de son abus par l'activité dominante, souvent étrangement stressée dans son attitude journalière, individualiste, ignorante et compétitrice, carnassière, perpétuellement geignarde et insatisfaite. A ce titre j'aimerais renvoyer aux 8 principes d'éco-psychologie définis par Théodore Roszak (cliquez sur l'image ci-dessous), et notamment le 6e que j'apprécie tout particulièrement :

 

6. ''Among the therapeutic projects most important to ecopsychology is the reevaluation

of certain compulsively "masculine" character traits that permeate

our structures of political power and which drive us to dominate nature as if it

were an alien and rightless realm. In this regard, ecopsychology draws

significantly on the insights of ecofeminism with a view to demystifying the

sexual stereotypes.''

 

 ECOPSYCHOLOGY: EIGHT PRINCIPLES
Theodore Roszak

Cliquez sur l'image :

Banner

 

Je trouve cela diaboliquement vrai, toutes ''couches sociales'' concernées. Roszak méritera sa place lui aussi sur ''On The Road with Jerry'', prochainement.

Nous souhaitons ensuite retrouver Michele et Richard Bledsoe, deux artistes avec lesquels j'étais en contact depuis près d'un an sur recommandation de Barry, mais ils n'étaient plus à Deus Ex Machina, la galerie, fermée à l'heure où nous passions.

Barry Graham me demande si je suis fatigué? diable non, enfin il est probable qu'un peu, mais comment dire... j'ai pour habitude de rester sur la réserve de longues heures, appréciant le caractère inédit de l'instant comme rarement, j'affirme que non.

Direction donc un club – bar, pour trinquer et discuter de tout, 13e Note: l'éditeur français nous ayant mis en relation, Art, Zen, littérature, poésie, conscience environnementale, écrivains célèbres, les rencontres déjà mémorables du début de soirée, les (ex) petites amies, les filles-femmes-muses qui avaient, ont ou auraient, déclenché chez nous un ressenti magnifique, ... comme deux artistes inspirés, comme deux amis de longue date, la situation me fait halluciner de réalisme et rire tant j'en suis bien conscient, de la chance, du privilège, mais aussi de la volonté et de l'intention qui, maintenues impeccables assez longtemps, permettent à chacun de saisir sur le vif l'occasion salvatrice quand elle se présente, parce qu'intimement souhaitée. Shunryu Suzuki le formulait autrement :

 

“If your mind is empty, it is always ready for anything, it is open to everything. In the

beginner's mind there are many possibilities, but in the expert's mind there are few. ”

 

Nous ne sommes pas les pièces interchangeables que l'on veut nous faire croire. Nous sommes tous des joyeux lurons uniques, toutefois faits de la même matière. Qui peut le ressentir fera les bons choix, redécouvrant sa vraie nature, recherchant les alternatives.

Changement de bar, poursuite des discussions, je tourne à la Blue Moon, simple à prononcer et puis c'est une très bonne mousse.

J'ai une petite chambre d'ami à côté du Zendo de l'autre côté du jardin, avec douche et évier, tandis que la maison principale, typée ''désert'' comme la plupart là-bas, regorge de livres sur étagères à planches en bois horizontales et demi-agglos pour le maintien vertical, deux gros ventilateurs quasi silencieux au plafond, deux chats à leur aise dans le séjour au canapé confortable.

  Zendo-copie-1.JPG 

***

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Dimanche débute mon initiation zazen dans le Zendo, il y a un étudiant supplémentaire prénommé Daniel, je galère avec ma position assise. Je récite en japonais et en anglais, bois le thé. J'y suis.

Bouddha tout comme Charlotte Joko Beck - la zenteacher qui fut la plus importante pour Dogo (Barry Graham) bien qu'il ait reçu la transmission du dharma de Yamashiro Roshi - sont présents à leur manière. Sans oublier Shunryu Suzuki, dont une photo sous verre orne un des murs de la pièce à côté d'un poème de St Francis.

 Dogo effectue un dharma talk en fin de session, je suis attentif, une bonne part du discours m'est familier pour être un lecteur assidu de son blog, et pour avoir lu et illustré la couverture de son livre Kill Your Self: lifeafter ego.

Je passe l'après-midi qui suit avec Daniel, l'étudiant bouddhiste, il a 53 ans et travaille comme volontaire au Japanese Friendship Garden dans Downtown Phoenix, on déambule un moment, les larges rues du centre ville sont vides comme pour le tournage d'un film, la chaleur est forte mais appréciable. Daniel me sert de guide pour une visite gratuite au jardin japonais, cette activité est une part primordiale dans sa pratique Zen, complémentaire de ses deux temps de méditation quotidienne. Il a rejoint le Sitting Frog Zen Center à la mort de son ancien professeur qui était d'une autre branche du Bouddhisme que le Zen. Je n'ai plus le nom en tête.

 

Phoenix

 Je paye quelques iced-teas après ça et on cause le reste du temps - enfin, j'écoute plus que je ne parle avec lui. Il fait super chaud, ville morte, c'est dimanche, je prends quelques clichés, avant de retrouver Barry en fin de journée. On dépose alors Daniel à son domicile, puis on tourne un peu en voiture, dans les quartiers et rues, en faisant constamment le rapprochement avec les romans et le graphic novel, car il s'agit bien de cette ville, Phoenix dont il est toujours question. Burritos végétariens dans un mexicain, avant de rentrer. Les courses sont effectuées dans un magasin Fresh & Easy, sorte de biocoop local. J'ai plein de livres entamés, on a un noyau dense d'intérêts littéraires, d'auteurs, en commun, qui une fois encore dépasse le contexte littéraire ou artistique. On retrouve des écrivains fameux, des activistes environnementaux, des naturalistes, des poètes, les étagères fourmillent de crime novels, noir novels, et de livres sur le Zen... quelques livres de botanique, d'autres sur l'alimentation, proviennent davantage de la bibliothèque de Daishin.

***

Daishin rentre mardi apm, je décide de passer ma journée sur Central Avenue, les Muséums en tête. Barry m'y dépose le matin à 10h, pour me récupérer à 18h. Il s'avère que le Phoenix Art Museum est fermé le mardi. Qu'importe, je passe l'essentiel de la journée au Heard Museum, dédié aux natifs américains (amérindiens) je tenais absolument à y aller. Mon amie Lakota, paléontologue pour la Standing Rock Sioux Tribe, Nord Dakota, a vécu en Arizona et même travaillé au Heard Museum il y a plusieurs années, c'est un très bel endroit, chargé d'émotion quand on sait ou découvre sur quoi s'est fondée l'Amérique moderne, comment s'est américanisée l'Amérique, et comment dans quelle ignorance et indifférence les masses défilent continuellement et quotidiennement. Les Mc Donalds, les KFC, le rythme et les préceptes de l'économie mondiale, le port d'arme légal, les OGM, les lobbyings, la politique misérable, la colonisation des esprits et le massacre de la biodiversité et des écosystèmes dont la pérennité des équilibres constitue le support de toute vie.

 

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Je savoure un break et une boisson dans la cour, achète quelques cartes postales, puis m'en vais marcher le long de Central Avenue.

Phoenix est telle que dépeinte dans Dark Heat, du moins, c'est ce que Barry ne cesse de souligner. Je reconnaîtrais presque que mon sentiment rejoint son affirmation. J'ai l'impression d'y être déjà passé, d'y avoir déjà vécu, de m'y tenir debout depuis un nombre important d'années, je m'y sens familier. Cette vision m'a d'abord sauté au yeux la première fois lors de l’atterrissage et de la vue que j'avais du hublot sur la métropole du désert. Un gigantisme difficilement descriptible, presque étouffant. L'affluence d'âmes urbaines et l'Histoire qui se peint et repeint. Des tas de choses me traversent l'esprit, mon esprit traverse un tas de choses, du genre effet... champ d’astéroïdes. Je ne peux en contenir que l'image floue des doux instants de l'existence filante.

 

***

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Le mercredi soir, nouvelle séance au zendo conduite cette fois-ci par Daishin. Daniel est présent, ainsi que Kyle, d'un âge proche du mien, il étudie les arts cinématographiques.

Puis une soirée spéciale débute, une cérémonie sangha honore la communauté présente, avant de jouir d'un apéritif accompagné d'un concert privé du groupe Make My Baby dont Lonna Kelley, une des membres est une amie de longue date de Barry, également pratiquante zen. Steve Weiss, autre ami de Barry qui travaille pour le cinéma indépendant, un type approchant la soixantaine, qui connaît très bien Phoenix, et le milieu cinématographique, nous régale plus tard de commentaires et d'anecdotes avec un enthousiasme très communicatif. Make my Baby en musique ça donne ça :

 

 

 

 

 

 

 

ou bien ça :  

 

 

J'ai l'occasion de visiter le Phoenix Art Museum le jeudi avec en autre la mise en avant de deux expositions spéciales, Gustave Baumann, peintre du Southwest et Frank Lloyd Wright, le précurseur et visionnaire architecte - superbe. Puis le privilège d'enchaîner ensuite, en compagnie de Daishin et de Dogo, The Practice of the Wild, le film essentiel avec Gary Snyder et l'écrivain Jim Harrison. Tous les deux excellemment bien connus de ce blog...

 

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***

Vendredi, dernière journée sur place, programme dense. J'invite tout le monde au japonais à midi. On se balade ensuite à Tempe, le long de Tempe's Lake, où le trafic aérien maintient un bruit perpétuel, et où ce lac, cette retenue d'eau semble bien incongrue avec les spécificité de l'endroit. Direction Scottsdale où l'on rencontre Patrick le gérant du Poisonned Pen, une librairie indépendante estampillée Crime novels. Barry Graham y a d'ailleurs son étagère dédiée, les trois bouquins avec mes illustrations en couverture sont présents. Ça mérite photo.

 Library

 

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Le soir direction Deus Ex Machina, la galerie, cette fois-ci est la bonne, je rencontre Michele et Richard Bledsoe dans ce lieu atypique, en fait le mot exact est: éclectique!

Ils sont charmants, déjantés, passionnés. Je me retrouve dans leur folie, leur vision.

 

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Il y a une performance poétique, avec de nombreux intervenants, Barry y performe trois de ses poèmes, et non des moindres. Vraiment un lieu intéressant.

J'offre à Michele et Richard une affiche chacun, un Tom Waits pour Michele, et l'ovni survolant Phoenix pour Richard qui prépare une expo dédiée, je crois comprendre, à ce genre d'hommage extraterrestre.

 

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Enfin, Barry nous guide vers le Bikini Lounge, un bar que je caractérise sur le moment d'inspiré de celui où débarque Clooney et Tarantino dans From Dusk Til Dawn. Trois litres de bière s'y écoulent, et Daishin consomme peu. On cause musique, on cause collaborations futures, on rit, on a beau vivre l'instant, il est rare de ne pas sentir poindre une certaine nostalgie de la page qui tourne au moment même où elle se tourne. La compassion s'applique à tous, aux autres, à soi, à toute l'existence depuis le big bang, celui qui sait opérer avec compassion et détachement, ne souffre plus des tourments mêmes que génère les interactions de vie, les relations, les sentiments, les dites forces les dites faiblesses, perfection imperfection. La vie comme elle est, parfaite comme elle est.

Shunryu Suzuki dirait :

''enjoy your problems''

 

Dogen :

“Forgetting oneself is opening oneself”

“To study the Buddha Way is to study the self. To study the self is to forget

the self. To forget the self is to be actualized by myriad things. When

actualized by myriad things, your body and mind as well as the bodies and

minds of others drop away. No trace of enlightenment remains, and this notrace

continues endlessly.”

 

Charlotte Joko Beck :

''Caught in the self-centered dream,

only suffering.

Holding to self-centered thoughts,

exactly the dream.

 

Each moment, life as it is, the only teacher. Being just this moment, compassion's way.''

 

Déstructurer la représentation du temps dans les esprits est une grande part de mon intention ces derniers mois, je pense l'avoir plutôt deux fois qu'une, retranscrit dans Solar Shiverings. Il faut pouvoir s'extirper des points de vues, croyances, contraintes ou conditionnements, par lesquels on se restreint dans un confort fictif face à l'inconnu ou notre excès d'importance propre. Car toute existence est précaire et le restera - indépendamment du schéma sociétal dans lequel elle évolue, indépendamment des priorités qu'elle s'accorde à mettre en avant pour son intérêt et confort personnel.

De retour chez eux, c'est Burritos pour combler la faim et éponger l'hydratation excessive. Il est autour de minuit trente, je n'ai pas prévu de dormir, Daishin entame une sieste, tandis que je prolonge la conversation avec Barry, je ne sais pas si je le mérite mais pour avoir fait allusion lors du déjeuner au collier bouddhiste japa-mala, remarqué sur Daniel et pour avoir vu Snyder et Ginsberg en porter lors de The Human Be-in gathering - San Francisco 1967, je reçois de la part de Barry, un présent inestimable, le japa mala ou o-juzu, 108 perles en bois avec quatre plus grosses sculptées ici en forme de tête de mort. Ce même japa mala qu'avait confectionné pour lui un moine dans le pur style southwest.

À l'heure de me déposer à l'aéroport, l'accolade est succincte avec Barry au Sitting Frog Zen Center, ''thanks so much Barry'' est tout ce que j'articule. Je monte alors en voiture avec Daishin jusqu'au terminal 2 de l'aéroport ou nous nous séparons, reconnaissants, pour les quelques jours passés ensemble, à discuter agriculture, alimentation, art et diverse littérature. Il est déjà prévu que lors de mon retour, nous rendions visite à Larry Fondation, proche ami de Barry Graham, récemment publié en France chez Fayard - Il vit à L.A.

La prochaine fois j'opterai pour le séjour prolongé, sous visa, ou termes légaux, m'autorisant la résidence - à bon entendeur...

 

Vince Larue – avril 2012  

 

Cliquez sur les images ci dessous :

Scumbo

 

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How Do You Like Your Blue Eyed Boy

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Kill Your Self: life after ego

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  Vince Larue est un artiste, écrivain, activiste, ultramarathonien - frissons solaires est son premier livre, un recueil de poèmes mélangeant diverses influences, Beat, le Zen, et tribaux. (cliquez sur l'image ci-dessous) :

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Illustrations de Vince Larue

  

 ***

 

livre_32.jpgQuand un véritable moine bouddhiste approfondit son exploration du mythe d’un Phoenix crypto-fasciste, écrasé de chaleur, tremblant de violence mais aussi d’amour, cela donne deux polars chauffés à blanc où s’enchaînent non-stop bastons mémorables et scènes de cul torrides.
Enfant de Glasgow, boxeur professionnel, moine bouddhiste, Barry Graham écrit sur la mort, sur la prison, sur les rues de Phoenix jonchées d’armes à feu, sur les désirs contrariés. Il parle de shérifs sadiques et de détenus du couloir de la mort. Ses fictions sur les dealers mexico-américains sont si convaincantes qu’on lui a demandé si son travail était autobiographique. Or il est écossais et ne deale pas… Graham a une magnifique écriture. Le blues de ses paroles rend la douleur et la joie plus poignantes. Il transforme la souffrance privée en souffrance publique. De façon suprêmement délicate.
[D’après l’introduction de Larry Fondation à Regarde les hommes mourir]
 
« En Amérique, on aime tuer les gens. Parfois légalement, le plus souvent non. Mais c’est une constante. Il arrive qu’on tue pour sauver sa peau, ou en proie à la rage ou à la terreur. Ou avec préméditation, après des heures, des jours ou des mois de préparation. J’ai assisté à deux meurtres. J’ai observé le visage de ces hommes tandis qu’ils mouraient. Et beaucoup d’autres crimes ont été commis tout près de moi. »
Barry Graham, Regarde les hommes mourir
 
            Illusory Flowers in an Empty Sky
Illustration de Vince Larue
 
Barry Graham est un écrivain reconnu internationalement, né en 1966. Journaliste, il assume également la charge d'abbé au « Sitting Frog Zen Center » à Phoenix (Arizona), où il réside. À la demande de prisonniers condamnés à mort, il a assisté à deux exécutions. Son article écrit après cette expérience, - « Regarde les hommes mourir » (« Why I Watch People Die ») a été publié dans Flaunt en 2008 et a été récompensé d’une médaille d’argent Folio. Ses textes ont également paru dans des magazines comme Harper's, Parabola, Las Vegas Life, The Arizona Republic et Scotland on Sunday. Barry Graham est l’auteur du roman The Book of Man (Serpent's Tail, 1995), choisi par l’American Library Association comme l’un des meilleurs livres de 1995, et d’un recueil de récits, Before (Incommunicado Press, 1997). Ses nouvelles apparaissent dans trois anthologies : Phoenix Noir (Akashic Books, 2009), Suspect Device (Serpent's Tail, 1998) et Intoxication (Serpent’s Tail, Londres, 1998, et Au diable vauvert, Paris 1998). 

***

"Frissons solaires d'un ange

de la désolation"

de Vince Larue

Cliquez sur l'image ci-dessous et découvrez les écrits de Vince Larue :
 
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